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> La "société industrielle": mythe ou réalité ?, Des divergences au sein de l'opposition aux biotechnologies

Alayn

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* 31/07/2011, 13:55
Message #1
Par André DREAN


"Parce que nous sont plus agréables les choses que nous pouvons imaginer aisément, nous préférons l'ordre à la confusion comme si, en dehors de son rapport à notre imagination, l'ordre était quelque chose dans la nature."
Spinoza
L'Ethique


Ce texte n'a d'autre ambition que de faire la lumière sur les divergences qui agitent les individus et les groupes affinitaires mobilisés, en France, autour du refus des biotechnologies et de leur gestion citoyenne sous l'égide de l'Etat à la mode Bové. Les désaccords sont apparus à la lecture des textes respectifs, mais aussi à travers des discussions individuelles et collectives, des tentatives d'activités, parfois couronnées de succès, etc. Malgré des convergences et les compromis réciproques lors du dernier procès en appel de René Riesel à Montpellier, compromis dynamiques et nécessaires, il est aujourd'hui impossible d'aller plus loin ensemble.

Photos: René Riesel et procès de Montpellier avec José Bové:
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* 31/07/2011, 14:28
Message #2
D'abord, les désaccords dépassent le cadre d'appréciations différentes sur la conjoncture. Ils portent sur quelque chose d'essentiel, la nature même de l'aliénation modernisée et, de façon concomitante, sur l'orientation à donner à nos activités pour la combattre à la mesure de nos faibles moyens et, peut-être, pour contribuer à la constitution de forces susceptibles d'y mettre fin. Ensuite, l'attitude adoptée par quelques individus, à l'origine de l'Encyclopédie des nuisances ou proches d'elle, a même rendu impossible l'édition commune du numéro exceptionnel du bulletin "In Extremis" qui devait être consacré à l'exposé et à la discussion réfléchie des divergences. L'assemblée générale préparatoire avait affirmé que les textes contradictoires devaient circuler à l'avance pour que tous ceux qui étaient partie prenante du numéro exceptionnel puissent apprécier en connaissance de cause les divers articles qui devaient le composer. La décision a été remise en question de façon unilatérale par des initiateurs du bulletin qui, pour certains, n'ont pas hésité à s'en proclamer les propriétaires (!). Ils se réservaient la possibilité de répondre aux critiques, en l'occurrence les miennes, sans même que l'assemblée puisse disposer de leur réponse à temps. Il est clair que le but plus ou moins avoué de l'opération était d'imposer à l'assemblée leurs idées fixes comme quelque chose d'indiscutable a priori, bref comme l'idéologie censée représenter l'opposition effective aux biotechnologies. Face à de telles violations des principes élémentaires de l'activité commune, j'ai donc décidé de retirer mon texte et de le faire paraître seul.
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* 31/07/2011, 14:51
Message #3
L'importance des questions soulevées ici ne fait aucun doute, et elles sont loin d'être tranchées en totalité car l'expérience historique, en la matière, est embryonnaire. Cela explique les limites du texte, l'absence d'invectives et de citations détachées de leur contexte, le côté quelque peu didactique de l'argumentation. Mais, de toute façon, la recherche des boucs émissaires -individus, groupes ou maisons d'édition comme celle de l'Encyclopédie des nuisances- m'est étrangère. Les personnes que le texte est susceptible d'intéresser partagent les positions critiquées ici en totalité, en partie, ou non. A elles de se forger leurs propres positions, en particulier par la lecture des textes parus aux éditions de l'Encyclopédie des nuisances et ailleurs.
Voilà pourquoi j'utilise des termes assez vagues, comme "les adversaires de la société industrielle", pour nommer ceux que je critique. Termes peu satisfaisants, j'en conviens, mais je n'en ai pas trouvé d'autres. "Nobody is perfect."

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* 31/07/2011, 15:05
Message #4
Le capitalisme ne date pas d'hier. Les formes embryonnaires qu'il a pu prendre remontent à l'Antiquité. Mais le capitalisme industriel, lui, né sous le parrainage de l'Etat centralisé et dans la foulée de l'émancipation de la bourgeoisie des entraves féodales, est apparu au cours des derniers siècles. Le capitalisme a pu ainsi devenir le facteur essentiel de la transformation du monde, grâce à la puissance domesticatrice que procure l'industrie, sans commune mesure dans l'histoire, elle-même impensable sans la technologie.
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* 31/07/2011, 15:29
Message #5
Dans le monde à l'envers de l'idéologie, le capital est défini comme accumulation d'objets, la technologie comme collection d'instruments et de procédures nécessaires pour les mettre en oeuvre et modifier le milieu. Dans cette optique, la technologie est assimilée à la technique en général, qui est bien sûr partie intégrante du processus d'humanisation. L'idée même qu'elle puisse participer à des processus d'exploitation et de domination, propres à des époques particulières de l'histoire, est évacuée. Mais la technologie n'est pas le simple système d'instruments tel que le représente l'idéologie technicienne. C'est l'une des formes de l'activité en société, l'un des modes d'association des individus placés dans des conditions données, à savoir celles du système capitaliste. Toutes les sociétés humaines mettent en oeuvre des moyens qui correspondent à leurs buts, pas toujours très nobles d'ailleurs comme en témoigne l'apparition, très tôt dans l'histoire, des armes de guerre. Mais, avec la technologie, le capitalisme possède le système technicien global qui lui est propre, sans lequel l'accumulation démesurée des marchandises et la subordination générale des individus qu'elle nécessite sont impossibles. Voilà pourquoi, depuis l'aube de l'industrialisation, la technologie constitue l'une des armes de guerre privilégiées qu'il utilise pour briser les résistances et les révoltes des damnés de la Terre.
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* 31/07/2011, 16:02
Message #6
Non seulement la technologie participe à la réification de l'activité humaine spécifique au monde de la marchandise, mais encore elle lui permet de prendre corps, d'envahir l'ensemble des sphères de la société et de réduire la vie elle-même au statut d'instrument. Le rôle de la technologie est loin d'être annexe. Il est désormais central. Elle est l'un des piliers de la domination modernisée, l'une des principales expressions de son évolution d'ensemble, de plus en plus instable, secouée de crises et de catastrophes de toutes sortes. La puissance qu'elle acquiert ne dépend pas que de celle de la marchandise en général. Elle tend à accéder à l'autonomie et à modeler le monde à son image, comme le montrent les dernières avancées dans le domaine des biotechnologies. Il n'y a pas de domaines de la vie en société qui ne portent son empreinte. La politique elle-même, domaine autrefois réservé de la raison d'Etat à la mode de Machiavel, ressemble chaque jour davantage au cauchemar de Saint-Simon qui, en bon technocrate, prévoyait l'avènement "de la simple administration des choses" en lieu et place du "gouvernement des hommes".

Photos: Saint-Simon et Machiavel:
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* 31/07/2011, 16:36
Message #7
L'idéal de l'idéologie technicienne est à l'image de la prison cybernétisée, monde artificiel et clos, où la nature, siège d'évolutions à la fois transitoires et imprévisibles, a disparu, monde peuplé de prisonniers lobotomisés auxquels elle a enlevé jusqu'au goût de l'évasion. L'une des principales victoires de la technologie, c'est sans doute d'avoir réussi à faire de telles représentations paralysantes l'une des causes de la subordination de la masse des citoyens. Dans les Etats les plus industrialisés, ils acceptent que les problèmes sociaux soient réduits à la dimension de problèmes technologiques. Et donc que la technologie apporte de prétendues solutions aux désastres qu'elle contribue à créer. Elle a su devenir indispensable.
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* 31/07/2011, 17:27
Message #8
En revanche, la technologie n'a pas atteint le degré d'autonomisation et d'ubiquité idéal qui permettrait de définir la société modernisée comme "société industrielle". En d'autres termes, malgré les progrès de l'aliénation, elle est incapable de réaliser intégralement la tendance de la marchandise à réifier le monde. Depuis l'apparition du capitalisme industriel, les grandes étapes de l'industrialisation dépendent d'innovations technologiques majeures. Mais elles ne sont jamais les simples résultantes des stades antérieurs de leur évolution, ou même de l'évolution générale du système capitaliste. Elles sont marquées, dans leur contenu comme dans leur forme, par bon nombre de facteurs, en particulier par les résistances, les révoltes, les révolutions, qui apparaissent au sein même du système, contre lui, et qui tendent même parfois à le détruire. Les époques où la technologie paraît la plus autonome sont celles qui succèdent aux périodes de troubles que la domination a surmontées. Elle joue alors le rôle d'exécutrice testamentaire des limites de ceux qui la remettaient en cause. En ce sens, la technologie actuelle, malgré son énorme inertie, a récupéré les critiques incomplètes des années 70, critiques limitées au refus des formes lourdes et centralisées du système technologique, sur fond de taylorisme, qui dominaient sans partage à l'époque, et leurs illusions sur les vertus des systèmes technologiques de poche décentralisés selon l'adage: "Small is beautiful."
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* 31/07/2011, 18:13
Message #9
En fait, pas plus que le capitalisme en général, la technologie ne peut fonctionner en vase clos. Elle est obligée, sous peine de paralysie, de mettre à contribution ce qu'il y a d'humain chez les individus qu'elle vampirise, mais qu'elle essaie en même temps de déshumaniser le plus possible, au travail et ailleurs. D'où l'ambivalence du discours et l'incohérence de la gestion des technocrates, à tous les échelons de la hiérarchie, des chefs de bureau aux managers des institutions mondiales. Pour éviter la paralysie du système et en assumer la légitimité, ils laissent quelque liberté de manoeuvre à ceux qu'ils dirigent. Mais il arrive que l'esprit d'initiative souhaité dépasse le cadre assigné.
Ravalés comme jamais au rôle peu enviable d'automates au service du système mondial, les individus sont parfois capables de l'outrepasser, comme le montrent les actes de rébellion depuis Seattle. En réalité, la technologie, à elle seule, est incapable de maintenir l'ordre. La contrainte dans tous les domaines de la vie sociale, en particulier la coercition exercée par les institutions de l'Etat, reste plus que jamais indispensable.

Photo: manif à Seattle:
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* 31/07/2011, 18:51
Message #10
Puissance redoutable, mais relative, la technologie n'est pas devenue le facteur essentiel, voire exclusif, qui détermine l'évolution d'ensemble de la société, en gomme les contradictions et l'unifie sous l'égide de la technocratie. Les idées fixes de cette dernière et les besoins particuliers qu'elle suscite prennent corps lorsqu'ils correspondent aux idées fixes et aux besoins généraux de la société. Lorsque les délires technologiques s'en écartent trop, lorsqu'ils deviennent des entraves pour le fonctionnement d'ensemble du système, ils sont remis à leur place par l'Etat, voire par les institutions supranationales qui représentent des intérêts plus globaux que ceux de l'Etat national. En témoigne l'aventure nucléaire de la surgénération en France, faite d'années d'acharnement thérapeutique et de déconfiture finale, lorsque le Conseil de l'Europe n'a pas voulu payer.
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* 05/08/2011, 16:38
Message #11
Le capitalisme n'est pas réductible à la technologie, pas plus que la totalité des modes d'exploitation et de subordination sur lesquels il repose. Les formes de domination les plus sophistiquées, concentrées dans les Etats qui jouent le rôle de centre du système mondial, s'accompagnent et se nourrissent, à la périphérie, de formes d'exploitation et d'oppression parfois millénaires. Car le capitalisme adapte celles sur lesquelles il peut s'appuyer et se débarrasse de celles qui ne lui servent à rien.
Mais, dans la mesure où il les tolère, il accepte qu'elles lui échappent en partie. Ainsi, les technocrates en uniforme qui dirigent les guerres high-tech d'aujourd'hui nient et utilisent à la fois des formes de guerre conventionnelles, voire antédiluviennes. Pour le contrôle de zones clés de la planète, ils font appel à des supplétifs, y compris des chefs de clans et de mafias, qui agissent aussi pour leur propre compte.
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* 05/08/2011, 17:08
Message #12
Pour toutes ces raisons, le concept de "société industrielle", présenté comme universel, est en réalité très réducteur. Il ne rend pas compte de la complexité du monde. Il repose sur l'idée de la substitution quasi accomplie de "l'administration des choses" au "gouvernement des hommes" et sur celle, concomitante, de l'unification de la société sous la direction de l'Etat technocratisé, régnant, dans les métropoles, sur des troupeaux aveugles et décervelés. Comme si la technologie était le vecteur enfin trouvé par la domination pour que l'utopie du capitalisme, la réification intégrale du monde, soit désormais réalisable. La tendance au contrôle centralisé du monde a certes progressé au cours des dernières décennies, comme en témoigne le recul des prérogatives des Etats traditionnels et le rôle grandissant d'institutions placées au-dessus d'eux dans l'organisation de l'ordre mondial. Mais il n'en reste pas moins vrai que les gestionnaires de la domination sont eux-mêmes aliénés et divisés, que les conséquences de leurs actes, même lorsqu'ils mettent en veilleuse leurs conflits d'intérêts, créent parfois des situations peu contrôlables, voire incontrôlables, car elles dépendent de facteurs et de contradictions qu'ils ne pouvaient pas prévoir et qui leur échappent. Par suite, ils sont incapables d'exercer la maîtrise absolue à laquelle ils aspirent. Au fond, les adversaires de la "société industrielle" prennent l'image terrible que la domination modernisée donne d'elle-même et de l'ensemble de l'humanité pour la réalité. De là leur tendance à se retirer dans leur propre univers clos pour tenter d'échapper à ce qui les accable.
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* 05/08/2011, 17:27
Message #13
L'une des principales accusations portées contre la technologie par les adversaires de la "société industrielle", c'est d'avoir transformé la nature, le monde incréé par l'humanité, en chaos artificiel. Mais, loin de prendre le contre-pied du culte de l'artificiel et du chaos, formes privilégiées de l'idéologie modernisée, la représentation de la nature comme domaine de l'ordre relève du même anthropomorphisme. Elle les a juste précédés dans l'histoire. L'Etat centralisé lui-même, issu de la Révolution, mit fin au règne de l'aristocratie et de l'Eglise, au nom de prétendues lois de la nature, duplicata sécularisés de celles de Dieu.
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* 05/08/2011, 17:46
Message #14
Aujourd'hui, les managers les plus cyniques de la domination pensent que l'ordre peut resurgir de la reconnaissance et de la gestion du chaos. Mais il existe des hommes d'Etat, des écologistes, des écofascistes même, qui reprennent et adaptent l'idée de loi naturelle comme idéologie du maintien de l'ordre, menacé à leurs yeux par le même chaos. Idée dangereuse mais rassurante pour les adversaires de la "société industrielle" qui rejettent le nihilisme ambiant. Les prétendues valeurs naturelles sont, à première vue, fondées. Solides aussi car, par la stabilité présumée de la nature qu'elles expriment, elles semblent protéger les individus contre l'instabilité créée par les mutations accélérées et destructrices du capital, et même redonner sens à leur propre vie. Valeurs refuges par excellence, ils trouvent en elles la force apparente qui leur manque, dans la mesure où ils ne parlent plus en leur nom mais au nom de la totalité universelle avec laquelle ils communient de façon imaginaire. Elles jouent le rôle de références privilégiées à partir desquelles la reprise de la critique sur des bases renouvelées semble possible.
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* 05/08/2011, 18:14
Message #15
Certes, les humains sont issus du monde non humain. Il est même partie intégrante de leur humanité. Leur émancipation intégrale envers la nature relève du délire technicien. Mais l'activité humaine n'est jamais la simple imitation de quelque modèle trouvé hors d'elle-même. Elle ne se contente pas d'altérer le milieu qui l'entoure et de rester identique à elle-même. Les humains modifient leur monde et modifient, en même temps, leur propre être. Leurs modes de transformation de la nature sont aussi des modes d'être ensemble. Ils sont partie intégrante des relations sociales qu'ils établissent. En d'autres termes, leurs activités, leurs relations, leurs sensations, leurs représentations, leurs gestes, leurs paroles, etc., sont déjà des médiations, même lorsqu'elles ne les dominent pas. Dans la transformation du monde, rien n'est joué d'avance. Les contradictions sont inévitables et, par suite, les médiations peuvent échapper au contrôle des êtres humains. La notion d'immédiateté, l'apologie des prétendues relations non médiatisées qu'auraient tissées autrefois les humains entre eux et avec le reste de la nature n'y changent rien. Ni l'appel au retour à des valeurs naturalistes abstraites, chères au coeur des adversaires de la "société industrielle", ni la tentative de "naturaliser" la question sociale ne permettront de résoudre les problèmes concrets que pose l'aliénation modernisée.
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