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> Mines d'uranium en Creuse et dans le Limousin, Dans l'radon, tout est bon !

Alayn

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* 24/06/2011, 01:43
Message #41
Précisions: Le Conseil Départemental d'Hygiène, en sa séance du 4 mars 1994 reflète bien l'état d'esprit des élus, que je me permet de citer "Monsieur Brouille - Maire de Bessines - informe les membres du voeu du Conseil Municipal de Bessines. Ce dernier souhaite qu'une étude comparative soit réalisée dans la région Limousin pour savoir si d'autres écoles ou d'autres habitations connaissent le même problème. Si les résultats font apparaître que la région de Bessines est seule concernée du fait de la présence des mines d'uranium, il sera demandé à la COGEMA de partir.
En ce qui le concerne, il pense que le problème du radon existe ailleurs qu'à Bessines. Il souhaite toutefois que le voeu du conseil municipal soit repris par le Conseil Départemental d'Hygiène dans un souci d'apaisement."

Et 4 paragraphes plus loin: "Monsieur Brouille informe les membres qu'un comité de suivi est constitué depuis lundi avec des parents d'élèves, des élus et des représentants de la Sté ALGADE. Des appareils de mesure ont été posés chez des élèves et les mesures révèlent des taux de radon pour beaucoup supérieurs à ceux trouvés à l'école (jusqu'à 5000 Bq/m3)".

Bessines-la-jolie, et ses cures de radon 365 jours par an, à plein temps !

Photo: uranium appauvri entreposé à Bessines:
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Alayn

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* 24/06/2011, 02:20
Message #42
Enfin, en 1998, Les Cahiers de COGEMA du mois de février, sur le réaménagement des sites miniers, sous le titre Recherches et expertises pour garantir la perennité, je note une étude initiée en 1995-1997, dont je n'ai point le résultat, intitulée "La diffusion du radon dans les sols et la discrimination du radon naturel et du radon d'origine industriel" dans le cadre d'un PIC (Programme d'Intérêt Commun) avec l'IPSN. Tout un programme ! Et en plus je parie qu'on va s'apercevoir que le radon naturel est responsable de tout, parce que l'autre...

Voir plus haut le voeu du Conseil Municipal de Bessines, dont on sait qu'il n'a pas été suivi du départ de COGEMA.
CQFD.
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Alayn

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* 24/06/2011, 02:54
Message #43
Et aujourd'hui:

Tout ça pour vous dire que désormais les Limousins sont pris en charge par LIMAIR et Pearl, société créée à Limoges en 2005 dans le berceau de la Fac de Sciences. La ravissante jeune fille qui traque le radon sur le plateau de Millevaches déclare "Nous avons été un peu déçus au début par une certaine indifférence de la population lors de la douzaine de réunions d'informations que nous avons tenues". Qui l'eut cru !!!

Michèle Granier, CLADE
6, rue Porte Panet
87000 Limoges


Pour en savoir plus sur cette période:

-le film de Thierry Lamireau "Uranium en Limousin" t.lamireau@free.fr
-Le Limousin radioactif, Sciences et Vie n° 899, août 1992 http://www.dissident-media.org/infonucleai...ou_radioac.html
-Gazette Nucléaire 117/118, août 1992: Recours en annulation à l'encontre de la SIMO déposé par la FLEPNA, 19 novembre 1991 ; droit de réponse au Figaro de Martine Deguillaume 13 janvier 1992 ; texte de Christian Pénicaud.

[Article publié notamment dans La lettre d'information du Comité Stop Nogent-sur-Seine, n° 119, novembre 2010.]

<<Voir ici-même également le topic "Uranium et panneaux solaires à Bessines...">>

Photo: Thierry Lamireau:
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Alayn

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* 24/06/2011, 17:24
Message #44
Bonsoir !

Un document intéressant sur le site de la DREAL Creuse à propos du site minier uranifère de Chéniers, le site du Fournioux. (réunion de la CLIS de février 2011).
Notamment le débat à propos de stériles miniers radioactifs ayant servi de remblais sur le chemin du camping du Moulin du Piot.
AREVA, néanmoins, semble-t-il, s'est engagé à nettoyer... a suivre...

Il y a eu également (je viens juste de l'apprendre) des stériles miniers uranifères provenant de la mine du Fournioux de Chéniers apportés à la Tuilerie de Pouligny !!!
AREVA devrait les enlever également...

Voir également la polémique à propos de ce fameux camping de Chéniers (Papounet nous en avait déjà parlé ici dans le topic "Les déchets nucléaires") comme quoi il se situerait ou non sur une ancienne mine d'uranium (site du Moulin du Piot, etc...)

Autre point: personne n'a semble-t-il encore reçu les infos suite au passage d'un hélico spécial pouvant détecter la radio-activité... Opacité ?

Merci tout particulièrement à Jean-Pierre Minne et à l'association "Oui à l'avenir" (voir interview réalisée par le journal de la Creuse libertaire Creuse-Citron en début de ce topic.) pour faire un travail de recensement de ces anciennes mines d'uranium creusoises dont bon nombre, en à peine quelques décennies, sont tombées dans les oubliettes. (Chéniers, Domeyrot, Montagaut près de Roches, la région de Gouzon, etc...)

Voir également pour plus d'infos l'excellent site:
http://www.marchoucreuse23.canalblog.com/tag/uranium

Photos: la Tuilerie de Pouligny ; camping et moulin du Piot (commune de Chéniers):
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* 21/08/2011, 17:11
Message #45
Bonjour !

Interview réalisée par et publiée dans le n° 29 de Creuse-Citron, le journal de la Creuse libertaire. Août-octobre 2011.


EXPERT OU CONTRE-EXPERT

Dominique Bergot est ingénieur dans le domaine de la radio-protection, et il a été inspecteur des mines de la région Limousin pendant plusieurs années. Début 2011, son contrat avec la DREAL (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, ex-DRIRE) n'a pas été renouvelé et il travaille aujourd'hui sur d'autres sujets. A titre personnel, il mène une réflexion sur la science, la technique et leurs rapports au pouvoir ; les mines d'uranium qui sont sous nos pieds fournissent un ancrage concret à cette réflexion.

Photo: Dominique Bergot:
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* 21/08/2011, 17:31
Message #46
Qu'en est-il de l'exploitation minière de l'uranium en Limousin ?

Je ne pense pas qu'une reprise de cette exploitation soit à l'ordre du jour.
C'étaient des gisements relativement pauvres et petits et tout ce qui devait être gratté l'a été. En cinquante ans d'exploitation, on a sorti 36000 tonnes "d'uranium métal" qui sert à la fabrication du combustible, à l'échelle actuelle ça représenterait moins de trois ans des besoins français pour les centrales existantes. Lorsque l'exploitation a commencé en Limousin, en 1948, c'était essentiellement dans une perspective militaire. A partir des années 50 des petits réacteurs ont commencé à être développés, fonctionnant avec de l'uranium français.
C'est une filière qui a été abandonnée assez vite, notamment lorsque Messmer en 1973 a pris la décision de lancer un grand parc électro-nucléaire, au bénéfice d'une filière américaine (Westinghouse).
Dès que le parc a grossi on est allé chercher l'uranium ailleurs, comme au Gabon ou au Niger.

Photos: de "l'uranium métal":
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* 21/08/2011, 17:52
Message #47
Donc l'histoire de l'autosuffisance française c'est du bidon ?

C'était vrai en 1973, mais maintenant y a-t-il un avenir pour la filière nucléaire en France ? Quelques faits me laissent perplexe.

La plupart des pays européens sortent du nucléaire ; au niveau international la demande en uranium métal n'est pas couverte par la production ; malgré cela, le cours de l'uranium a été divisé par 3 entre 2007 et 2011 et il n'y a plus beaucoup de grands projets uranifères dans les tiroirs ; enfin, les grands groupes nucléaires prennent position sur des appels d'offre de plusieurs milliards d'euros dans l'éolien off-shore ; faut-il en conclure qu'en dépit d'un discours volontariste sur "la relance du nucléaire", les industriels et les financiers ont déjà les yeux ailleurs ? Des chiffres récents de l'agence internationale de l'énergie ne montrent pas à l'horizon 2030 une augmentation du parc mondial de réacteurs, en gros les réacteurs qui vont s'ouvrir en Chine, en Inde, au Brésil ou ailleurs vont compenser ceux qui vont fermer dans les pays déjà équipés et on va rester à 400 réacteurs en tout dans le monde.
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Alayn

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* 21/08/2011, 18:07
Message #48
Les fermer c'est une chose, mais qu'en est-il du démantèlement ?

De nombreux réacteurs ont été fermés, mais démantelés, rendus à l'herbe, je n'en connais pas beaucoup. Si on prend l'exemple de Brennilis en Bretagne, cette petite centrale a fonctionné de 1965 à 1985. Depuis 1985 elle est en cours de démantèlement et ce n'est pas prévu d'être fini avant 2020/2025: 20 ans de fonctionnement et 45 ans de démantèlement ! Il n'est pas sûr qu'il y ait quelque-part dans le monde un savoir-faire complet pour démanteler rapidement une centrale.

Photos: démantèlement de la centrale de Brennilis:
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* 21/08/2011, 22:54
Message #49
En Limousin il y avait aussi des projets d'enfouissement ?

Cela pose le problème général des déchets nucléaires et de leur devenir.
Dans les années 1970, quand on a lancé le grand programme nucléaire, on s'est dit, d'ici vingt ans la science nous trouvera une solution. Vingt ans après, en 1991, on ne savait toujours pas faire, une première loi est passée pour augmenter les recherches dans le domaine de l'enfouissement des déchets, créant l'Andra (Agence nationale pour les déchets radio-actifs), et se donnant quinze ans pour avoir une solution. Quinze ans après, en 2006, il n'y a toujours pas de solution, on vote une deuxième loi pour accélérer les recherches, la seule initiative concrète est la création d'un laboratoire d'étude à Bure dans la Meuse. Même si ce peut être un alibi pour débuter l'enfouissement, les premiers colis radioactifs ne devraient pas y arriver avant 2025. On bute toujours sur la fin de la filière.

Dans ce cadre une prospection a été faite sur l'ensemble du territoire pour trouver des terrains propices à l'enfouissement, en particulier en Creuse, mais il ne suffit pas de trouver le terrain propice, il faut aussi que la population l'accepte, ce qui n'a pas été le cas. A Bure de l'argent a dû être distribué à droite et à gauche pour faire accepter le projet.

Photos: Bure:
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Alayn

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* 21/08/2011, 23:50
Message #50
Et le stockage à Bessines ?

Pour faire du combustible à partir de l'uranium, on extrait l'uranium des mines, puis on le purifie dans une usine située dans l'Aude. Ensuite pour faire du du combustible nucléaire, il faut l'enrichir dans un des isotopes qui est l'uranium 235, cela se fait à l'usine Eurodif située dans la Drôme. Le sous-produit de cette opération est de l'uranium appauvri. Il y a un stockage de cet uranium appauvri à côté de l'usine et un second stockage est situé à Bessines en Haute-Vienne. Ce stockage y a été implanté en contrepartie de la fermeture par Cogema des dernières grandes mines de Compreignac. L'entreposage d'uranium appauvri de Bessines a fait l'objet d'une autorisation pour 200 000 tonnes en 1995, pour une durée de 20 ans. L'enquête publique menée à l'époque avait pourtant été négative. Aujourd'hui, cet entreposage est à environ 60% de sa capacité (soit environ 120 000 tonnes) et emploie 2 personnes, dans l'attente d'une éventuelle réutilisation de l'uranium appauvri. Cet uranium appauvri peut être utilisé pour ses qualités physiques, c'est un matériau très dense, très dur, par exemple pour faire des quilles de bateau ou des têtes d'obus, comme celles utilisées en Irak, sans qu'on sache bien quelles en sont les conséquences quand c'est pulvérisé sur un champ de bataille.
Mais son usage principal, retenu par la filière nucléaire, c'est de l'utiliser comme couverture dans des surgénérateurs de type Super-phénix. Il se trouve qu'aucun surgénérateur n'est en service. Chirac avait annoncé un démonstrateur pour 2020 ; est-ce que dans le climat nucléaire actuel ces perspectives seront maintenues ? Il sera donc intéressant d'observer l'attitude des industriels et des pouvoirs publics lors du renouvellement de l'autorisation en 2015.

Photos: Bessines ; armement à l'uranium appauvri:
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Alayn

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* 22/08/2011, 00:28
Message #51
Il y a deux ou trois autres petites unités industrielles. Un laboratoire a fait l'objet d'une plainte de la part de "Sources et rivières du Limousin", parce que ces installations seraient exploitées sans autorisation. Il y a aussi une filiale américaine d'Areva qui vient de lancer une installation "à usage médical" ; la lutte contre le cancer est très porteuse. Mais qu'en est-il ? Il s'agit d'une installation de radiochimie qui purifiera du thorium radioactif pour en extraire du plomb radioactif, qui sera expédié aux Etats-Unis pour des essais médicaux. J'ai lu dans la presse que l'installation procurerait 300 emplois à la région ; mais le dossier mis à l'enquête publique n'en mentionnait que 3. Il y a sans doute eu confusion entre le chantier de quelques mois et le fonctionnement de l'installation en routine. De plus, cette installation va générer des rejets gazeux radioactifs ; à ma connaissance, ces rejets gazeux n'ont pas fait l'objet d'une expertise environnementale ou sanitaire indépendante.
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Alayn

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* 22/08/2011, 01:25
Message #52
Il y a une chose dont on parle moins, et qui me semble très importante, c'est la filialisation des mines d'uranium. Cette filialisation a été annoncée en juin 2010 par le Conseil de politique nucléaire (ce conseil est présidé par le président de la république et prend les décisions stratégiques pour la filière) et confirmée le 21 février 2011. Il s'agit de placer l'activité minière d'Areva dans une nouvelle société, avec des actionnaires privés (dont vraisemblablement EDF). Si on crée une filiale c'est bien pour mettre en dehors de la société mère, or dans une filiale privée on regarde un peu plus les comptes que dans une entreprise détenue à 87% par l'Etat. Ce qui risque de se passer c'est qu'on regarde d'un côté les mines actives, au Niger, au Kazakhstan ou ailleurs, qui sont rentables, et d'un autre côté les mines fermées, comme ici, qui ne rapportent rien et qu'on décide de s'en débarrasser dans une sous-filiale par exemple. Le risque étant qu'une filiale ne faisant aucun bénéfice fasse faillite et qu'on rende tout à l'Etat. Qui va assumer la charge des anciennes mines ? Pour l'instant c'est Areva, mais les concessions vont arriver à expiration en 2018, elles seront alors rendues à l'Etat qui en assurera l'entière responsabilité. Ce que j'ai pu voir, quand j'étais inspecteur, c'est qu'on pouvait demander des comptes sur l'environnement ou la tenue des galeries à Areva pour les mines qui en dépendaient, mais que c'était beaucoup plus difficile d'en demander à l'Etat. En effet, l'intervention de l'Etat se borne à la mise en sécurité, comme c'est le cas actuellement à Lavaveix-les-mines, l'Etat n'est pas un opérateur minier. Quand les mines seront rendues à l'Etat la situation risque de se dégrader. Le code minier est conçu pour que des opérateurs puissent exploiter le sous-sol, en tirer le maximum, boucher le trou et rendre le bébé à l'Etat. Le souci avec la filialisation, si elle a lieu dès cette année, c'est que plein de travaux qui devaient être faits ne le soient pas. Ma crainte, mais elle n'engage que moi, est que les collectivités territoriales -dont bon nombre de petites communes rurales disposant de peu de ressources- soient mises à contribution pour gérer "l'héritage".
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Alayn

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* 22/08/2011, 01:54
Message #53
Il y a encore aujourd'hui une pollution considérable ?

Il s'agit essentiellement de pollution des eaux, et je ne sais pas s'il est vraiment possible de régler ce problème. Des possibilités existent, par exemple traiter les eaux qui sortent des mines avant de les rejeter dans le milieu naturel, mais si pour les traiter on doit rajouter des tonnes de produits chimiques, ça pose un autre problème.

Photo: lac de St-Pardoux en Haute-Vienne:
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* 22/08/2011, 02:20
Message #54
Le Thaurion qui passe dans des fonds de mines, ne peut-on le détourner ?

Détourner des cours d'eau n'est pas évident car cela aurait un impact écologique important (vie aquatique, réseaux hydrologiques). Il est possible, dans certains cas, de recouvrir les tas de résidus miniers avec une couche d'argile, comme on le fait sur les décharges d'ordures ménagères, pour éviter que l'eau traverse et se charge de produits dangereux. Mais ça ne va pas résoudre tous les problèmes. Il y a environ 70 mines couvrant environ 5000 hectares. Le confinement de certaines zones, la création de no man's land, est aussi une solution de pis-aller qui ne règle pas les problèmes de pollution des eaux. L'exploitation minière s'inscrit dans une géographie, les incidences sont à l'échelle d'un bassin versant, voire de plusieurs, c'est beaucoup plus complexe qu'une installation industrielle.

Photos: le Thaurion avec son fameux pont de Sénoueix:
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* 28/08/2011, 18:43
Message #55
Abordons la question de l'impact sanitaire

Quand les mines ont été ouvertes aucune étude d'impact sanitaire n'a été effectuée car le code minier ne l'impose pas. En revanche, elles sont menées lors d'une demande d'autorisation pour une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE). Ces études sont réalisées par l'industriel lui-même à partir notamment des rejets de l'installation et de scenarii relatifs au mode de vie des riverains: temps passé à proximité, habitudes alimentaires, etc. Quelques études ponctuelles de ce type ont été menées.
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* 28/08/2011, 21:03
Message #56
On peut faire 2 reproches à ces études: elles sont réalisées à un "instant t" et à partir d'hypothèses, qui sont par nature discutables et sans se projeter à 10, 50 ou 100 ans ; l'administration ne demande pas systématiquement une contre-expertise. Une telle étude peut conclure qu'il n'y a aucun impact sanitaire alors que simplement on ne les a pas vus, et vingt ans plus tard quand on voudra réaliser un autre projet sur le site on ne refera pas d'étude puisqu'il n'y avait aucun impact sanitaire. C'est comme ça qu'on se retrouve avec des réutilisations de sites miniers problématiques, comme par exemple la création d'un centre de loisirs sur le plan d'eau de Gouzon.

Photos: le plan d'eau de Gouzon:
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* 28/08/2011, 21:26
Message #57
En ce qui concerne l'évaluation sanitaire (l'état de santé des populations), des outils existent, comme les études épidémiologiques. Aucune étude de grande ampleur n'a été réalisée autour des mines d'uranium, mais un laboratoire universitaire de Limoges a mené une étude "géographique" (consultable sur internet) sur la répartition des cancers en Haute-Vienne, qui met en évidence trois zones de surmortalité dans le département: Bessines, Limoges et un axe St-Yrieix/Brive. Mais cette étude ne permet pas d'attribuer explicitement une cause à cette sur-incidence et j'ignore le degré de validité de ce travail ni quelle suite lui sera donnée.
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* 28/08/2011, 21:49
Message #58
Et pour les travailleurs ?

Les travailleurs sont mieux suivis. Les 5000 mineurs qui ont été au fond en France ont fait l'objet d'études épidémiologiques particulières montrant des excès de cancer du poumon attribués au radon (taux de mortalité une fois et demie à deux fois supérieure aux non-mineurs).
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Fichier(s) joint(s)
Fichier joint  Nucleaire_et_cancer.BMP ( 123.32KO ) Nombre de téléchargements: 279
 



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* 28/08/2011, 22:23
Message #59
Les normes d'exposition des travailleurs du nucléaire sont supérieures à celle de la population car on considère que les travailleurs tirent un bénéfice financier de leur activité et qu'ils ont un suivi médical adapté, un certain nombre de cancers étant reconnus comme maladies professionnelles. Mais seuls les mineurs, ceux qui ont travaillé au moins un an au fond, ont été suivis, les transporteurs de bennes de déchets par exemple ne font pas l'objet de ces études.
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* 28/08/2011, 22:50
Message #60
Selon les études les morts liés à Tchernobyl s'élèvent entre 4000 (chiffre officiel) et 1 million ! Nous pourrions aussi parler des normes.

Pour établir une norme de rejets radio-actifs par exemple, on s'appuie sur des travaux scientifiques étudiant le risque associé à tel ou tel polluant. Puis on va déterminer quel est le risque acceptable pour la population. Et là on n'est plus dans la science mais dans la politique pure et selon où l'on place le niveau de risque acceptable on peut arriver à faire accepter l'inacceptable. La norme n'est pas un fait scientifique et il nous possible de remettre en cause le risque "acceptable" qui nous est imposé. Cet aspect politique de la norme apparaît bien dans des accidents comme celui de Fukushima où l'Etat Japonais vient d'augmenter les doses de radioactivité acceptables pour les populations.
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