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> L'eau

papounet

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* 18/12/2007, 08:06
Message #1
Sous ce titre généraliste "l'eau", je vous propose d'évoquer toutes les atteintes à cette ressource vitale qui, comme bien d'autres éléments de notre environnement, est menacée et parfois, déjà, largement dégradée.

Pour commencer, voici ce que certains n'hésitent pas à nommer "le Tchernobyl français", il s'agit de la pollution du Rhône au PCB (polychlorobiphényles).

En mai dernier, plusieurs communes (Lyon, Décines, Meyzieu) et des associations environnementales ont porté plainte pour pollution auprès du parquet de Lyon, qui a ouvert une enquête judiciaire.

Entre avril 2006 et août 2007, l'interdiction de consommer des poissons pêchés dans le Rhône s'est étendue de Saultz-Brenat dans l'Ain, jusqu'à l'embouchure du fleuve. Les poissons présentaient des taux de PCB douze fois supérieurs aux normes européennes. Ces PCB sont pourtant interdit depuis 1987, ils sont cancérigènes et perturbent la fertilité.

L'usine Tredi, dans l'Ain, qui retraite du pyralène, est fréquemment désignée par les écologistes comme principale source de contamination, mais la pollution peut être ancienne et multiple. D'autant que les rejets de PCB dans le Rhône sont autorisés et réglementés par l'Etat !

Des documents montrent que, depuis une vingtaine d'années, les pouvoirs publics et leurs organismes, dont l'Agence de l'eau étaient au courant de la présence massive de pyralène dans ce fleuve et ses affluents.

Selon une enquête du ministère de l'Ecologie, le Rhône est loin d'être le seul fleuve français touché par la contamination aux PCB. La Seine, en aval de Paris et en Ile-de-France, le Rhin, la Moselle et plusieurs cours d'eau situés en Artois et Picardie sont également touchés par la pollution aux pyralènes.

Mis à part le Grand Ouest et la Gironde, apparemment épargnés, de très nombreuses zones sont touchées.


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papounet

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* 18/12/2007, 11:19
Message #2
Et les pesticides ?

L'Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Rennes (Ille-et-Vilaine) a mis au point un indice permettant de diagnostiquer l'incidence des produits "phytosanitaires" sur la faune et la flore aquatiques.

L'indice baptisé "SPEAR" devrait permettre d'évaluer l'impact des herbicides, insecticides et fongicides sur les organismes aquatiques.

Pour tester l'efficacité de leur indice les chercheurs de l'Inra ont étudié plusieurs espèces sensibles dans 29 cours d'eau plus ou moins pollués dans le sud de la Finlande, où très peu de produis chimiques sont utilisés; dans le bassin du Scorff, une zone de Bretagne moyennement polluée, et dans le bassin de Rennes où l'agriculture intensive a eu un fort impact.

En France, 8 kilos de pesticides, en moyenne, sont répendus par hectare contre 0,8 en Finlande !

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papounet

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* 18/12/2007, 11:37
Message #3
Insoupçonné : l'impact du réchauffement climatique !!

La montée du niveau des mers due au réchauffement climatique pourrait absorber jusqu'à 40% d'eau potable souterraine de plus que ce qu'on pensait jusqu'à présent, explique un chercheur en hydrologie, auteur d'une étude à paraître prochainement.

La plupart des prédictions actuelles concernant le réchauffement de la planète se concentrent sur la quantité de terres qui seraient immergées par une hausse du niveau des mers. Mais les chercheurs de l'université d'Etat de l'Ohio (Etat-Unis) ont découvert que dans de nombreuses régions côtières, l'eau de mer risquait de s'infiltrer dans l'eau douce souterraine du plateau continental et la contaminer, même au-delà des côtes.

Le GIEC prévoit une hausse moyenne du niveau des océans de 14 à 44 centimètres d'ici 2100 en raison du réchauffement climatique.

Etant donné qu'il faut relativemen peu d'eau slée pour rendre l'eau potable impropre à la consommation, même une faible élévation du niveau des océans pourrait avoir un effet très important sur les ressources en eau douce. Seulement 2% de l'eau présente sur la terre est potable, et la plus grande partie est emprisonnée dans les glaces, et "en raison de la demande croissante en eau, les nappes phréatiques diminuent", elles connaissent, de plus, de graves problèmes de pollution par les pesticides, insecticides et divers produits chimiques industriels.

Avec la disparition des énergies fossiles (le pétrole...) et l'afflux de réfugiés climatiques (il y a déjà des mouvements de population dus à la sècheresse..), la raréfaction de l'eau douce sera la troisième cause de "tensions" dans le monde de demain.

Véronique, on respire !!



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véronique

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* 18/12/2007, 12:10
Message #4
je respire, je respire !

je ne savais pas que l'eau potable ne représentait que 2 % de la totalité........c'est très peu. cela explique pourquoi les factures d'eau sont les factures d'énergie qui ont le plus augmentées depuis 30/40 ans.... les traitements pour la rendre potable sont de plus en plus compliqués et donc chers.
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papounet

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* 18/12/2007, 14:04
Message #5
Un exemple frappant: le lac Tchad !

Le lac Tchad (situé aux confins du Nigéria, du Nigrer, du Cameroun et du Tchad) a vu sa superficie divisée par 5, passant de 25 000 km2 à 5000 km2 en une trentaine d'années. En cause, la diminution de la pluviosité accentuée par de graves sècheresses dans les années 1980.

D'après certaines prévisions climatiques, il pourrait disparaître d'ici une vingtaine d'années.

La désertification a contraint de nombreux éleveurs, venu notamment du Nigéria, à migrer vers la région du lac et à s'adonner aux activités agropastorales. Des cultures qui ne font qu'accentuer la réduction du lac, car les besoins en irrigation sont de plus en plus pressants à mesure que les surfaces cultivées augmentent. Autre conséquence, la disparition de nombreuses espèces de poisson. L'activité de 80% de la population du lac tourne autour de la pêche.

Dans vingt ans (et même avant pour sa "rentabilité") quand ce lac n'existera plus, que deviendront ces populations ? Ou iront-elles ?


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évolution de la surface du lac Tchad observée par satellite (Nasa).

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papounet

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* 18/12/2007, 14:24
Message #6
Pour tous et plus spécialement pour Véronique... voici quelques chiffres sur l'eau.

- stock d'eau : 1,4 milliard de km3

- océans : 97,4%
- glaces: 1,98%
- eaux souterraines : 0,59%
- mers, lacs, rivières : 0,015%
- humidité du sol : 0,005%
- humidité de l'air: 0,001%
- eau des cellules vivantes : 0,0001%

97% de la ressource est de l'eau salée, 2% sous forme de glace et 1% d'eau douce.

9 pays se partagent 60% du débit annuel mondial.

Répartition de la consommation d'eau douce (au niveau mondial) :
- 70% pour l'agriculture
- 20% pour l'industrie
- 10% pour la consommation domestique (boisson, cuisine, hygiène).

L'homme a un besoin moyen au niveau mondial de 20 à 50 litres d'eau par jour (alimentation, hygiène). En 2006, 22 000 personnes sont mortes chaque jour en raison d'une consommation d'eau insalubre (source: PNUD).

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* 18/12/2007, 20:01
Message #7
Allez, continuons...

En Picardie, la vente des poissons pêchés est interdite et leur consommation "déconseillée" en raison de la pollution de la Somme par des PCB (pyralène) a annoncé la préfecture hier soir, lundi 17 décembre.

Ces polluants proviendraient essentiellement de l'activité industrielle implantée le long de ces cours d'eau. Les cours d'eau visés sont la Somme, l'Omignon, les Trois Doms, l'Avre et l'Ancre.

Encore un fleuve que l'on peut qualifier de "mort" en effet, le PCB sous forme d'huile se dépose sur les fonds marins qu'il tapisse. Il ne se dégrade pas. Il se fixe sur les graisses (des poissons) et se transmet par la nourriture. Ainsi, une mère ayant mangé du poisson "au PCB" le transmettra à son nourisson par l'allaitement !

L'homme se contamine par l'ingestion d'animaux ou de produits d'origine animale, notamment le lait, les oeufs et les poissons, contaminés par le PCB.

A l'embouchure du Rhône et au débouché du "couloir de la chimie", le village de Port-Saint-Louis-du-Rhône, 8700 habitants, détient un triste record. Les cas de cancer y sont de 70% plus élevé que la moyenne nationale ! Cette statistique est entourée d'un silence assourdissant. Hormis le corps médical, diverses associations, ainsi que la population concernée en premier chef, personne ne semble concerné par ce problème ! Peut-être parce qu'il n'y a plus rien à faire ?

Oyé, oyé, braves gens, mourez en silence !

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papounet

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* 19/12/2007, 19:32
Message #8
Avant de poursuivre, et pour tous ceux qui voudraient se documenter et ainsi approfondir leurs connaissances sur les problèmes de l'eau...

Voici deux ouvrages fort bien construits et documentés, écrits par des spécialistes de l'eau.

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Rien ne se perd, tout se pollue et tout se traite... Et d'abord l'eau...
Caroline Idoux est spécialisée dans la presse nature et environnement.
Elle a notamment collaboré avec Environnement Magasine et
Science et Avenir. Elle est membre de l'association des Journalistes-
ecrivans pour la nature et l'écologie.



Image attachée

A l'égal de la sécurité alimentaire et des risques naturels,
l'eau constitue aujourd'hui un enjeu majeur en matière d'environnement,
de santé publique et de démocratie.
Marc Laimé, journaliste et sociologue, a collaboré à de nombreuses
publications spécialisées françaises et étrangères. Il enquête depuis
plusieurs années sur le problème de l'eau en France et dans le monde.

A commander au Père Noël !! rolleyes.gif rolleyes.gif



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papounet

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* 20/12/2007, 12:04
Message #9
Tiens... encore une poubelle !!

La mer Baltique, est une mer presque fermée. Elle est reliée à l'océan Atlantique par la mer du Nord et les détroits danois. Les pays qui la bordent sont: le Danemark, la Suède, la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Russie, la Pologne et l'Allemagne.

Elle a été un important champ de bataille pendant les deux conflits mondiaux. Non seulement de nombreux navires y ont coulé avec leurs charges toxiques de munitions, mais après ces deux guerre, des centaines de milliers de tonnes d'obus conventionnels et chimiques rassemblés en Europe y ont été immergés.

Ce sont ensuite les fleuves côtiers (46 fleuves et rivières avec les eaux de ruissellement et les égoûts) des pays baltes qui amènent une pollution considérable, notamment d'origine agricole et industrielle y compris radioactive, avant que le nuage de Tchernobyl ne survole et contamine cette zone. De nombreux foies et reins de poissons et mammifères marins dépassent les teneurs réputées admissibles pour plusieurs métaux lourds, on trouve de nombreux polluants organiques dans leur chair.

En Suède, il est recommandé aux femmes enceintes de ne consommer des poissons de la Baltique (harengs et saumons) qu'une fois par mois et pour les autres personnes de se limiter à une fois par semaine.

La Baltique contient une zone morte parmi les plus importante au monde, qui s'est formée en moins de dix ans dans la région du Skagerrak (détroit à la pointe de la Norvège, face au Danemark).

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papounet

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* 21/12/2007, 13:32
Message #10
Comme des poisons dans l'eau...

Des alligators au pénis microscopique, des poissons qui changent de sexe, des spermatozoïdes humains paresseux. Toutes ces anomalies inquiètent les scientifiques. Ils soupçonnent l'eau de contenir des produits, jusqu'ici peu étudiés, dangereux pour la santé. Accusés: les dérivés de certains agents chimiques, pesticides et médicaments. Ces pollutions ne sont pas systématiquement éliminées par les stations d'épuration. Certaines d'entre elles ne sont même pas prises en compte dans les réglementations. Les naturalistes américains ont été les premiers à s'en préoccuper. Dans les années 1970, les pyragues à tête blanche de Californie deviennent de plus en plus rares, sans cause évidente. Une décennie plus tard, l'aligator de Floride, l'un des animaux mythiques du continent, est menacé. Puis c'est au tour des batraciens. Non seulement on trouve de grenouilles difformes, ayant plus de quatre pattes ou dépourvues d'yeux, mais la plupart de ces habitants des cours d'eau meurent avant de faire des petits. Accusés: certains produits chimiques, notamment l'atrazine, un puissant désherbant utilisé dans les champs de maïs.

Aujourd'hui, des substances d'un autre type, les xénohormones, également présentes dans les eaux douces, sont mises en accusation. On craint leurs effets sur la vie sexuelle des êtres vivants. Bernard Jégou, directeur de recherche à l'Inserm et responsable du groupe d'études de la reproduction à l'université de Rennes, rappelle que ces produits, qualifiés de perturbateurs endocriniens, proviennent des plastifiants, des agents surfactants des lessives et des shampooings, ainsi que de certains médicaments. Les promoteurs de croissance et les oestrogènes donnés au bétail, par exemple, se retrouvent, via ses déjections, dans les cours d'eau. Gilles-Eric Seralini, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen, propose de mettre en place des méthodes de surveillance et de traitement: revoir les pesticides homologués il y a quarante ans. Et inclure dans les tests des données sur l'accumulation tout au long de la chaîne alimentaire, sur les effets combinés de plusieurs molécules et leurs effets à long terme. Enfin, la simple installation de "bio-indicateurs", tels que des moules, à la sortie des usines d'épuration des eaux, comme on le fait dans le nord de l'Europe, permettrait d'être alerté dès que des substances invisibles passeraient toutes les barrières prévues. Mais les politiques tergiversent encore.

Lors du Grenelle de l'environnement, le thème de l'eau a soigneusement été évité. C'est en effet un sujet "extrèment sensible" qui aurait, a coup sûr, fait capoter cette réunion ! On se demande bien pourquoi ?



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papounet

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* 11/01/2008, 16:13
Message #11
Le gouvernement chinois vient d'avertir que la Chine aura exploité la totalité de ses réserves d'eau disponibles à l'horizon 2030, et a donné pour consigne aux autorités de se préparer au pire, le réchauffement climatique asséchant lacs et rivières.

Avec 7% seulement des réserves en eau de la planète pour le quart de sa population, la Chine n'arrive pas à faire face : 400 des 600 villes chinoises manquent d'eau et 30 millions de ruraux subissent chaque année des pénuries.

Dans ce contexte la surexploitation du fleuve Yangzi - qui supporte le barrage des Trois Gorges - est de plus en plus flagrante. La situation est aggravée par des cas répétés de pollution.

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Il fallait s'y attendre, ce n'est que le début...



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papounet

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* 16/01/2008, 10:40
Message #12
Le dernier dossier de l'Institut français de l'environnement (Ifen), nommé "les pesticides dans les eaux / donnés 2005", vient de paraître.

En voici un résumé.

Au cours de l'année 2005, des observations ont été effectuées régulièrement par les réseaux de connaissance générale, permetant ainsi d'apprécier l'état général de la qualité des cours d'eau et des nappes souterraines. La présence de pesticides dans les eaux superficielles et souterraines est généralisée sur l'ensemble du territoire (métropole et départements d'outre-mer).

En France métropolitaine, des pesticides ont été détectés dans 21% des points de mesure des cours d'eau et dans 55% des points de mesure des eaux souterraines. Les niveaux de contamination sont significatifs : 36% des points de mesure en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise et 25% des points de mesure en eaux souterraines ont une qualité médiocre à mauvaise.

C'est en 1939 que le premier pesticide moderne apparaît : le DDT. Rapidement, il devient l'insecticide le plus largement utilisé dans le monde, jusqu'en 1960, où on découvre les dégâts qu'il ocasionne à la biodiversité. Malgré leurs effets néfastes pour notre planète, des millions de tonnes de pesticides industriels sont pulvérisées chaque année pour améliorer les rendements agricoles.



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papounet

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* 03/04/2008, 07:30
Message #13
On vient d'apprendre la pollution par les PCB des lacs d'Annecy, Léman et du Bourget. La pêche de l'omble chevalier, poisson d'eau douce voisin du saumon qui vit dans les lacs de montagne, est interdite !

Rien d'étonnant, il fallair s'y attendre !! Ces lacs ont des ramifications avec le Rhône qui lui aussi est fortement contaminé aux PCB. Là aussi, pêche et consommation du poisson sont interdites !

De nombreux pays de par le monde ne disposent pas d'un minimum d'accès à l'eau potable et nous, "les pays modernes" nous empoisonnons à tour de bras nos propres ressources en eau ! Pas d'illusion, tous les cours d'eau sont concernés et si ce n'est pas une pollution au PCB qu'ils subissent, c'est par les pesticides, fongicides qui sont joyeusement rejettés dans leur cours !



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papounet

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* 25/06/2008, 16:00
Message #14
Et pendant ce temps...

Selon une étude de l'UFC-Que Choisir, les profits des acteurs de l'eau dans 15 villes françaises sont "faramineux". A Marseille, par exemple, le profit atteint 56%.

L'association a calculé un coût de distribution et d'assainissement de l'eau dans 19 villes qu'elle a comparé au prix facturé par les opérateurs. Les résultats sont éloquants : 15 agglomérations affichent des prix de l'eau 1,3 à 2,2 fois supérieur aux coûts de revient. "Ces résultats mettent en lumière les bénéfices faramineux réalisés par Véolia et Suez, les deux entreprises leaders sur le marché. Les prix sont également tirés vers le haut par des pratiques budgétaires irrégulières dans certaines communes."

D'après l'étude, alors que le taux de marge normal devrait avoisiner les 15%, trois villes (et pas des moindres) franchissent la barre des 50%.

Le Syndicat des eaux d'Ile-de-France, qui gère 4 millions d'usagers, arrive en tête du palmarès avec une marge nette de 58,7%. En clair, pour un euro facturé par le SEDIF, l'association estime que 41,3 centimes seulement sont destinés à couvrir le coût de distribution de l'eau, le reste constitue le taux de marge net. Le SEDIF facture ainsi 2,91 euros le mètre cube d'eau, hors taxe, à ses clients alors que le prix normal devrait être de 1,20 euro le mètre cube d'après UFC.

Marseille, gérée par une filiale commune Suez et Véolia, arrive en deuxième place avec un taux de marge de 56% suivi par la Presqu'île de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) qui prend la troisième place avec un profit net de 55%.

Dans 12 autres agglomérations, les prix facturés sont là aussi trop élevés du fait des marges importantes prélevées par les opérateurs. A Lyon, Reims, Toulouse et Montpellier, les profits dépassent les 40%.

A Bordeaux, Strasbourg, Paris et Nice, les marges nettes sont comprises entre 30 et 39%. Les gestionnaires d'Angers, Lille, Nancy et Nantes quant à eux, sontentre 25 et 30% de marge.

Seules quatre agglomérations de taille moyenne figurent parmi les bons élèves de la gestion de l'eau avec des prix proches du coût de revient caculé par l'UFC : Clermont-Ferrand, Annecy, Chambéry, et dans une moindre mesure, Grenoble. L'association de consommateurs souline que ces villes sont gérées en régie municipale. Les consommateurs ne payent pas forcément moins cher que dans d'autres villes, mais les prix sont beaucoup plus proche des coûts réels. A Clermont-Ferrand par exemple, le taux de profit n'est que de 13%, avec un prix de l'eau facturé hors taxe aux usagers de 1,43 euro le mètre cube d'eau.



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véronique

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* 25/06/2008, 18:34
Message #15
ba tiens ! ça faisait longtemps que 'on n'avait pas eu de si bonnes nouvelles.......... et après on se demande comment il faut faire pour que les français est plus de pouvoir d'achat ! angry.gif

a quand une pétition nationale sur le sujet ?
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Alayn

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Lieu : Creuse

* 25/06/2008, 19:42
Message #16
Bonsoir ! C'est bien Papounet de faire remonter...à la surface!!! quelques sujets "anciens" et notamment celui-ci où encore une fois ton argumentation est béton...et fluide!!! (hé hé) et accablante ! Bravo !

La guerre de l'eau tout comme celle du pétrole, oui, on y va tout droit...
Tiens, çà m'fait penser à la mer d'Aral en Russie(un exemple parmi tant d'autres) qu'en est-il ? Au 3/4 asséchée, morte, pompée, polluée, pillée ...

On avait un groupe de zic à une époque qui avait pris ce nom (Aral)...



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
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Jack

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Lieu : Banize

* 27/06/2008, 09:48
Message #17
L'eau, notre futur or transparent, va être détenu par quelques grosses boîtes qui vont alimenter nos foyers.
Un jour d'un côté certains n'auront pas le choix et seront obligé de leur acheter, d'un autre dans les régions où il y a beaucoup de sources (comme en Creuse) les gens la capteront eux-même et la filtreront.
On en revient toujours aux mêmes constats...




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papounet

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Lieu : La Creuse

* 27/06/2008, 10:57
Message #18
CITATION(Alayn @ 25/06/2008, 20:42) *
Tiens, çà m'fait penser à la mer d'Aral en Russie(un exemple parmi tant d'autres) qu'en est-il ? Au 3/4 asséchée, morte, pompée, polluée, pillée ...

Oui, encore une superbe réussite humaine...

Dans les années 1960, pour développer la culture du coton et du riz, les autorités soviétiques mettent en place une irrigation exagérée et irréfléchie des plaines longeant la Syr Daria et l'Amou Daria, les deux grands fleuves alimentant la mer d'Aral. Résultat :

La mer d'Aral qui, avec 66 000 km2, était la quatrième plus grande étendue d'eau du monde continue de disparaître inexorablement. Il aura fallu moins de 30 ans pour enclencher le processus !

Cette irrigation irraisonnée a eu pour conséquence de réduire l'apport en eau de la mer D'aral, 60 km3 par an en 1950, 1,3 km3 en 1986, tandis que ses côtes reculaient de 80 kilomètres laissant ses bateaux sur une mer... de sable, de sel et d'engrais chimiques. Ce mélange, charrié par les vents, a entrainé une explosion des maladies respiratoires et un taux de cancers bien plus élevé dans les régions du bassin de l'Aral qu'ailleurs en Asie centrale. De plus, l'industrie de la pêche a été ruinée, toutes espèces de poissons autochtones ont disparu les unes après les autres. Le seul poisson à survivre depuis les années 90 est un type de sole originaire de la mer d'Azov (entre Ukraine et Russie) capable de vivre dans des eaux très salées.

En 2001, la Banque mondiale et le gouvernement kazzakh lancent un projet de 86 millions de dollars pour construire, notamment, une digue sur le canal reliant la grande et la petite mer d'Aral (cette division s'est faite "naturellement" quand les eaux se sont retirées, dans les années 80, et que la surface se réduisait de 70%) et ainsi éviter que l'eau ne se perde dans le désert.

Grâce à cet ouvrage et des travaux pour réguler le flot du Syr Daria, la petite Aral a regagné 50% de sa surface depuis 2005, permettant la baisse de la salinité de l'eau, et donc le retour des poissons (17 des 30 espèces d'origine), ce qui a relancé les activités de pêche.

La deuxième phase du projet doit être lancée en 2009 avec un budget de 300 millions de dollars pour consolider les acquis et notamment permettre le retour de la mer dans le port kazakh d'Aralsk.

Ce succès reste mince comparé à l'ampleur du désastre. Au sud, "la grande" mer est condamnée, et devrait poursuivre son recul pour se séparer, à terme, en plusieurs lacs salés sans vie.


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la mer d'Aral en 1985, vue depuis la navette spatiale.


Image attachée
Ce qu'il en restait début 2005.



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Alayn

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* 27/06/2008, 15:26
Message #19
Bonjour ! Merci Papounet pour ce topo à propos de la mer d'Aral (enfin ce qu'il en reste...)



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
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mowgly

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Lieu : En exil

* 27/06/2008, 20:11
Message #20
Bonjour,
Super!!! sad.gif Même si on sait plus ou moins tout ça, ça fout tjr un coup...
ça y est j'suis abattu là...
Dit-moi Papounet, dans ton premier article il y a un carte de France avec un site "extrêment pollué" : ça a pas l'air loin de chez nous, tu sais où c'est exactement?
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