webreader
 
Reply to this topicStart new topic
> Bienvenue en Anthropocène

papounet

Groupe: Membre.
Lieu : La Creuse

* 12/01/2008, 17:29
Message #1
La Terre est entrée dans une nouvelle ère géologique : l'anthropocène.

Ce néologisme a été proposé par le Néerlandais Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie (1995), pour décrire l'impact croissant de l'humanité sur la biosphère. Cet âge a, selon lui, débuté autour de 1800, avec l'avènement de la société industrielle, caractérisé par l'utilisation massive des hydrocarbures. Depuis, la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone produit par leur combustion n'a cessé d'augmenter. L'accumulation de ce gaz à effet de serre contribue au réchauffement de la planète.

Après avoir modifié, ces cinquante dernières années, son environnement comme jamais auparavant en perturbant la machinerie climatique et en détériorant l'équilibre de la biosphère, l'espèce humaine, devenue une "force géophysique planétaire", doit maintenant agir très vite pour limiter les dégâts.

Mais sera-t-elle capable de relever ce défi ?

Selon les chercheurs, Paul Crutzen, Will Steffen et John McNeill, nous nous trouvons actuellement dans la phase II (1945-2015) de l'anthropocène, qu'ils dénomment "grande accélération", car la mainmise de l'homme sur la nature s'est considérablement accélérée pendant cette période. "La grande accélération a atteint un stade critique, car 60% des services fournis par les écosystèmes terrestres sont déjà dégradés."

Un point positif, cependant : pendant les années 1980 à 2000, les hommes ont pris progressivement conscience des dangers que leur activité débordante faisait courir au "système Terre". Les différentes réunions internationales de 2007 sur le climat et les nombreux travaux scientifiques sur le sujet et sur la perte de biodiversité en témoignent.

Face à cet état des lieux inquiétant, trois possibilités s'offrent à l'humanité pour faire face à la phase III de l'anthropocène (à partir de 2015 et au-delà).

La premiere consiste à ne rien changer à nos habitudes, en espérant que l'adaptabilité humaine et l'économie de marché permettront de faire face aux chamboulements environnementaux. Cette orientation comporte des risques considérables, car il sera peut-être trop tard lorsqu'on se décidera à prendre les mesures adéquates.

La seconde option, vise à atténuer considérablement l'influence humaine sur la Terre par une meilleure gestion de l'environnement. Cela implique l'utilisation de nouvelles technologies, une gestion plus sage des ressources terrestres, un contrôle des populations humaines et une remise en état des zones dégradées. Ce qui ne peut se faire sans "des changements importants dans les comportements individuels et les valeurs sociales". Mais ces tendances vers moins de matérialisme seront-elles assez fortes pour déclencher la transition de notre société vers un développement durable ?

Si cela n'est pas possible, et si le réchauffement climatique est trop brutal, reste la troisième option consistant à mettre en oeuvre la géo-ingénierie climatique. Ce choix implique de très puissantes manipulations de l'environnement à l'échelle mondiale, destinées à contrebalancer l'impact des activitéshumaines. Mais... le remède pourrait être pire que le mal !!

Un petit comparatif, en 1800, la concentration de CO2 dans l'atmosphère était alors de 283 parties par million (ppm). L'accumulation de ce gaz à effet de serre a été marquée par une accélération subite depuis 1950 (Ah, les Trente glorieuses !), date de l'entrée dans "la phase II" de l'anthropocène. Le CO2 était alors de 311 ppm. Il a atteint 379 ppm en 2005.



Aime la vérité mais pardonne à l'erreur. Voltaire

Visiter mon site
Go to the top of the page
+Quote Post

Jack

Groupe: Webmaster
Lieu : Banize

* 13/01/2008, 00:18
Message #2
CITATION
reste la troisième option consistant à mettre en oeuvre la géo-ingénierie climatique. Ce choix implique de très puissantes manipulations de l'environnement à l'échelle mondiale, destinées à contrebalancer l'impact des activitéshumaines.

Impossible!
Le pire pour moi, et c'est finalement le plus visible "matériellement", c'est la fonte des glaces.
Cette fonte est pour moi comme un sablier. Mais si ce sablier représente la terre, comment faire remonter le sable sans renverser ce sablier?!
C'est vous dire quelle image j'ai quand je vois régulièrement cette fonte à la télé....

L'homme ne peut appliquer sa technologie, car elle ne vaut rien face à la nature (elle ne peut que la détruire, pas vraiment l'aider), mais personne ne le dira...l'ego de l'homme est trop important.




Go to the top of the page
+Quote Post

Tenryu

Groupe: Membre
Lieu : Creuse

* 13/01/2008, 10:00
Message #3
La définition de cette ère me parait bien pertinente, en plus ça place un cadre significatif pour la réflexion. Penser ainsi, en considérant l'humain comme une force géo-physique, ça change quand même de penser la terre et la nature d'un côté, et nous avec notre influence de l'autre. Parler d'ère, ça nous rapproche des dinosaures, de leur fin, de l'échelle réelle de l'histoire de la vie et de ses cycles ...

Je pense que les améliorations, s'il y en a, viendront de la conjonction des deux options :
1- Adaptations politiques et économiques de notre système actuel, adaptations qui n'impliquent pas un changement radical de notre mode de vie
2- Mutation de nos modes de vie par l'intermédiaire d'une prise de conscience qui influera sur les choix personnels ou familiaux

Mais à vrai dire, même si je pense ça, je crois que ni les efforts des états, ni ceux découlant de la conscience collective, ni ceux découlant des consciences individuelles ne suffiront à éviter les chocs typiques de l'anthropocène.
Jack dit que l'ego humain est trop gros, moi je dis qu'il est trop rigide. Qu'il soit gros, c'est possible, mais le vrai problème est son manque de souplesse et de fluidité. Que nous soyons gourmands, avides de richesses, ambitieux, pourquoi pas, il y a assez de potentiel dans cet univers pour nous satisfaire, et assez de potentiel dans l'intelligence et la technologie pour le faire d'une manière équilibrée, belle et durable.
La gravité de notre situation est non seulement que nous le faisons d'une manière déséquilibrée, moche et non-durable, mais surtout que nous avons toutes les difficultés à admettre qu'on pourrait changer facilement, qu'on aurait autant de confort, voire plus, alors même que nous savons que nous fonçons vers un mur.

D'où mon avis que nous n'opérerons de mutation significative qu'une fois que de grosses catastrophes auront commencé à se manifester. Il faudra que se fasse défoncer notre monde matériel pour que notre monde mental commence à s'ébrécher. Car c'est bien là que c'est rigide comme du verre, notre mental, et du verre, on ne le plie pas, on le casse. Ce n'est pas une fatalité, la nature du mental est aussi souple que la surface de l'eau, mais c'est comme une malédiction héréditaire pour l'homme d'avoir un mental si développé mais si figé.

Bref, nous dépasserons vite le moment où on pourra limiter les dégâts, on passera vite au moment où on ne pourra plus que s'adapter aux conséquences. Là, notre mental sera obligé de bouger, et là on découvrira qu'avoir un mental fluide et ouvert, c'est le bonheur. Si les moyens de production et d'échange humains sont détruits, ça nous ramènera à des vies comme celles des hommes migrateurs, vivant d'un mix entre cueillette, chasse, agriculture de petite échelle.
Vu comme ça, ça pourrait être pas mal.

Mais j'ai peur que ça n'aboutisse pas en premier lieu à une telle situation. Déjà, ceux qui subiront les catastrophes ne seront peut-être pas ceux qui les causent le plus, donc les pollueurs ne se sentiront pas autant concernés. Cela créera des inégalités géographiques fortes, des rancunes de peuples envers d'autres, et surtout des mouvements massifs de migration.
Les terres où il fera bon vivre et où on mangera bien seront très convoitées, et en retour, seront forcément très protégées, ce qui entraînera des conflits, des guerres. Les déstabilisations politiques risquent d'affaiblir les cohésions nationales et les états, et l'émergence de mouvements radicaux amèneront des situations proches de la guerre civile. En gros, sauve qui peut et démerde-toi comme tu peux.

Donc autant il s'agit de s'adapter aux conséquences du climat, autant il s'agit de s'adapter aux perturbations graves de la situation sociale, politique, économique et surtout sanitaire. Dans ce cadre, il est certainement temps de réfléchir à de nouveaux modes de vie, à de nouveaux modes d'échanges et de vie en commun. C'est dans ce cadre que les discussions qu'on a sur le web creusois, à propos de bouddho-anarchisme, à propos de modes de vie et de travail alternatifs me sont si importantes, ce n'est pas uniquement pour faire valoir notre entreprise familiale et ma petite personne.

Les perturbations du monde humain seront coûteuses, mais au moins la période d'anarchie qu'elles ouvriront sera propice au dégel du mental, et nous donneront le coup de pouce qui nous manque pour bouger réellement maintenant. Car il faut bien qu'on l'avoue : on se chauffe tous bien en hiver, on se déplace en voiture, on use et abuse d'électricité, de machines, on participe tous au marché humain actuel et on n'a apporté que les changements qui ne nous ôtent pas de confort, voire qui nous en rajoutent.

Je ne connais que peu de gens ayant fait le saut, le choix courageux de vivre sans essence, sans électricité et avec le maximum d'autonomie. Actuellement je n'en connais qu'un seul, je le nomme Thierry la légende, c'est Thierry de la roussille. Je me tâte mais je crois que je vais bientôt faire un billet sur lui et sa situation.

Chères et chers Anthropocéniens, je vous dis à bientôt wink.gif



http://www.vive-la-creuse.com/
Go to the top of the page
+Quote Post

papounet

Groupe: Membre.
Lieu : La Creuse

* 13/01/2008, 11:19
Message #4
Jack dit que l'ego humain est trop gros, Tenryu ajoute, trop rigide et j'ajouterai, trop stupide et égoïste !

Seule, la seconde option paraît envisageable, il y aura des grincements de dents, des cris et des pleurs, qui aura le courage de l'imposer ? Parce que, connaissant la nature humaine, il faudra l'imposer !



Aime la vérité mais pardonne à l'erreur. Voltaire

Visiter mon site
Go to the top of the page
+Quote Post

Jack

Groupe: Webmaster
Lieu : Banize

* 13/01/2008, 20:58
Message #5
Bienvenue Tenryu, en tant que nouveau membre!
Dis donc, ça doit faire "bizarre" de vivre sans électricité.




Go to the top of the page
+Quote Post

véronique

Groupe: Modérateur
Lieu : creuse/gard

* 13/01/2008, 21:25
Message #6
vivre sans électricité ! c'est une expérience que j'ai vécu 5 jours pendant la tempête de 1999......... et 5 jours c'est rien certains en ont été privé pendant 15 jours............donc pas de chauffage - gaz ou fioul - les veilleuses des chaudières s'allument avec l'électricité - pas de quoi faire cuire - pas d'eau chaude pour se laver - plus de frigo, congélo., etc... et à partir de 15h30 la luminosité qui baisse - 17h00 la nuit........

Alors là, "la sélection naturelle"s'est "mise en place"......... seuls ceux qui avaient poële ou cuisinière à bois ont pu rester chez eux et ceux, plus rare, qui possédaient un groupe électrogène.

je faisais partie de la 1ere catégorie....au début, les 2 premiers jours c'était plutôt rigolo.......les bougies, les bouillotes, la toilette sur l'évier, etc, mais ne pas pouvoir faire grand chose à partir de 17 h00.......c'est pas grave on va se coucher comme les poules, mais faut pouvoir........ puis quand on voit le contenu de son frigo et de son congélo s'abimer, quand on se rend compte que la plupart de nos loisirs et activités ont besoins d'électricité pour exister (ordi, musique, lecture.....s'est dur de lire à la bougie, etc...) heureusement qq jeux de société ne demandent pas trop de lumière.
Ba, je peux vous dire que lorsque les employés "d'edf italie" nous ont rebranché, on les a béni ! c'était le 31/12/99 vers 15h00..........
cette expérience m'a fait comprendre une chose : garder obligatoirement une cuisinière à bois (ou un poële)dans la maison. nous avons vécu pendant 5 jours dans la cuisine bien au chaud (22°). cette cuisinière nous a permis de nous nourrir, permis de chauffer de l'eau pour la toilette et la vaisselle et pour remplir les bouillottes afin de chauffer nos lits très refroidis. ......
Go to the top of the page
+Quote Post

Tenryu

Groupe: Membre
Lieu : Creuse

* 13/01/2008, 23:25
Message #7
CITATION(Jack @ 13/01/2008, 20:58) *
Bienvenue Tenryu, en tant que nouveau membre!
Dis donc, ça doit faire "bizarre" de vivre sans électricité.


Merci Jack !

Ben on parlait de ce genre de choses avec Alayn au tel (on s'est eu cet après-m laugh.gif ). Des fois on a des appréhensions par rapport à l'absence de certains conforts, mais quand se lance, on vit ça très bien, et on a même un autre confort, plus sain.

Thierry a un panneau solaire, donc il a quand même la lumière, mais très faible. Perso j'ai un peu de mal, ça fait bien sombre, mais comme dit véronique, on vit alors autrement ... Moi pendant les pannes l'année dernière j'ai apprécié.

J'ai eu une expérience de vie à l'extérieur, en plein décembre dans les alpes, et une fois avec Tsunade et notre fils à dormir dehors en tente une dizaine de jours, et à chaque fois on se sent tellement bien une fois qu'on est adapté. Au début le fiston pleurait tout le temps, il avait froid et peur et voulait constamment qu'on le prenne dans nos bras. A la fin, il jouait à se promener avec les chaussures de sa maman au pied, rigolard dans le froid, en pleine forme, partait avec nous en promenade nocturne, etc ...

On pourrait très bien vivre comme ça, mais ça implique l'abandon d'un grand nombre de choses. On y viendra peut-être, qui sait ?
En tout cas ça serait la seule solution totalement dénuée d'hypocrisie.



http://www.vive-la-creuse.com/
Go to the top of the page
+Quote Post


Reply to this topicStart new topic
0 membre(s):

 

Voir le classement des sites les plus populaires
RSS Version bas débit Nous sommes le : 25/04/2018 - 19:32