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> La biosphère va-t-elle être privatisée dans l’indifférence générale ?

Jack

Groupe: Webmaster
Lieu : Banize

* 19/05/2009, 11:43
Message #1
La biosphère va-t-elle être privatisée dans l’indifférence générale ?
Par Jean-Paul Vignal, lu sur l'excellent blog de Paul Jorion.

On parle beaucoup de biodiversité depuis quelques temps ; le gouvernement français y est même allé de sa contribution, en devançant les sages de l’Académie Française pour publier une définition SGDG de la chose au journal officiel de la République Française du 12 avril dernier ; la biodiversité c’est, dixit le JO, la « Diversité des organismes vivants, qui s’apprécie en considérant la diversité des espèces, celle des gènes au sein de chaque espèce, ainsi que l’organisation et la répartition des écosystèmes ». Dont acte.

A peu près au même moment, le centre d’analyse stratégique, qui dépend du Premier Ministre, a publié un rapport préparé par Bernard Chevassus-au-Louis, Jean-Michel Salles, Sabine Bielsa, Dominique Richard, Gilles Martin et Jean-Luc Pujol qui s’intitule tout tranquillement : « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes ». On change de registre, il ne s’agit plus de reconnaître que la vie, bien qu’elle s’écrive avec un alphabet restreint, est avant tout diversité, et que cette diversité est à la fois cause et condition de son extraordinaire résilience, mais de voir comment concilier les impératifs d’un univers économique de plus en plus envahissant avec les contraintes de la biosphère qui le supporte.

Sous des dehors patelins d’orthodoxie aux honorables couleurs scientifiques, on risque en fait ainsi de définitivement légitimer la marchandisation de la biosphère. Rien de moins. Ce n’est pas bien grave pour la vie elle-même. Quelques krachs boursiers et une augmentation de la température ambiante et des taux de gaz à effets de serre ne vont pas la tuer. Ils la changeront, c’est tout. Même l’utilisation de l’arsenal nucléaire ne suffirait sans doute pas à la détruire, sauf à faire exploser la planète. Et encore, qui sait ce qui pourrait se passer sur les morceaux restants. Mais c’est sans doute plus grave pour l’homme, car il est fort probable qu’il aurait du mal à survivre en tant que tel, tant physiologiquement, que psychologiquement, dans un monde transformé en décharge et baignant dans la chaleur moite d’une atmosphère polluée par toutes sortes d’émissions gazeuses plus ou moins olfactives.

Alors que l’on nous rebat les oreilles avec le principe de précaution, et tandis que la main magique des marchés s’est totalement déconsidérée en s’avérant incapable d’assurer la rationalité des choix qui demandent d’avoir une vision à plus de 24 heures, mais qu’on laisse néanmoins continuer à trembloter des variations quotidiennes qui font la joie des spéculateurs et le désespoir des utilisateurs, voilà qu’on propose sans trop oser le dire de confier à des mécanismes de marché l’avenir de la biosphère.

J’ai cru longtemps que c’était une façon comme une autre de sensibiliser le monde de la finance aux besoins et aux rythmes de l’économie durable. Je ne le crois plus. Il est trop tard pour cela. Le système financier s’est définitivement disqualifié en se servant de l’activité réelle comme d’un prétexte à ses acrobaties virtuelles : comment expliquer autrement que les échangés de devises, par exemple, représentent plusieurs dizaines de fois les mouvements réels de produits et de services, ou que les pertes des établissements financiers représentent également plusieurs dizaines de fois les pertes réelles constatées sur les fameux crédits « subprime » ? Il n’a plus sa place pour gérer un enjeu de cet ordre.

Prolongeant une longue tradition, certains souhaitent que l’on fasse confiance à une autre main magique, celle de dame nature, pour traiter ce délicat problème de la protection de la biodiversité. La proposition est techniquement plus recevable, car la nature sait effectivement prendre soin de tout, même des pires pollutions, comme l’ont par exemple montré certaines études sur l’élimination des PCB ou des séquelles des marées noires. Mais il lui faut du temps, beaucoup de temps. La seule façon de lui donner ce temps serait de ralentir notre propre rythme. Est-ce possible ? Oui, mais à condition d’accepter de laisser sur le bord de la route une bonne partie de l’humanité, et de revenir à une population de 3 à 4 milliards d’habitants, dont les deux tiers auraient une vie comparable à celle des occidentaux actuels et le tiers restant, déguisés en costume folklorique local, maintiendraient la « biodiversité » dans des réserves écologiques pour le plus grand plaisir des touristes. Cette perspective de licenciements collectifs massifs et définitifs ne me satisfait pas non plus...


Pour lire la suite: http://www.pauljorion.com/blog/?p=3131#more-3131




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papounet

Groupe: Membre.
Lieu : La Creuse

* 21/05/2009, 08:14
Message #2
Devant le peu de réaction à ce sujet, on peut effectivement craindre qu'elle soit privatisée dans l'indifférence générale !

Quand on voit avec quel empressement les agriculteurs se sont précipité sur les "biocarburants" et que, maintenant, le prix des céréales tient compte, non pas des besoins alimentaires des peuples, mais du développement de ce type de carburants... Tout a une valeur marchande et ce sont les profits espérés (directs ou indirects) qui déterminent le développement ou non de tel produit ou de telle technologie...



Aime la vérité mais pardonne à l'erreur. Voltaire

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Jack

Groupe: Webmaster
Lieu : Banize

* 21/05/2009, 08:22
Message #3
Des profits immédiats! Comme toujours.
Les "profits" sur le long terme risquent bien à ce régime de ne plus être des profits...




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