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> PIERRE-AUGUSTE RENOIR

podcol

Groupe: Membre
Lieu : Creuse et Normandie

* 01/01/2013, 22:13
Message #41
L'histoire

Nous sommes en 1915. Jean Renoir (Vincent Rottiers), 21 ans, revient convalescent au domaine méditerranéen où son père, Auguste (Michel Bouquet), continue, malgré son grand âge et ses infirmités, de
peindre obstinément. Cette maison est un éden sur lequel l'Histoire n'a presque pas de prise. Entouré de femmes sans rôle défini, modèles, servantes, amantes nouvelles ou de jadis, Renoir peint d'après nature au milieu des champs, au bord de l'eau, en pleine lumière: des fleurs, des fruits et des visages féminins souriants qui semblent tout ignorer de la guerre.

Le plus joli de ces visages est celui d'Andrée (Christa Theret), sauvageonne à la vivacité tourbillonnante, qui vient s'
asseoir comme par caprice sur un divan paré d'étoffes, et poser. C'est là que Jean, le soldat blessé, la découvre. Elle deviendra sa femme et le poussera vers la carrière qui a fait de lui l'un de nos plus grands cinéastes.

Renoir cinéaste naissant dans la lumière et l'ombre de Renoir peintre: difficile de
penser un tel film autrement qu'en tableau. Magnifiquement éclairé, puisant dans quelques décors d'extérieurs idylliques une palette éclatante, alternant les cadres et les lignes avec une imagination rigoureuse, le film ravit les yeux. Chantant la sève retrouvée au crépuscule de l'existence, il développe autour de la belle Andrée de charmantes variations, notamment lorsque la jeune femme découvre que c'est pour peindre des fruits que le vieil homme lui a demandé de poser.

Cadre exquis

Femmes fleurs Pour le reste, ce n'est pas toujours simple, et parfois même un peu brouillon. Voulant
conjuguer la vieillesse sans déclin du peintre avec la naissance indécise du cinéaste autour de leur muse commune, le film tend à négliger le fils au profit du père, ou le père au profit du fils, et peine à mener ces deux histoires de manière cohérente. Contrepoint sauvage à l'Eden, Christa Theret s'épuise parfois sur un texte moins brillant que les images auxquelles il se superpose, et sa forte énergie se perd.

Au bout du compte, la plus grande réussite de Renoir est moins dans le tableau que dans son cadre: cette nuée de femmes autour du peintre, dont les noms sont tus ou sans importance, qui se crêpent le chignon en cuisine et déploient pour lui seul des trésors infinis de patience, préparent son lit avec le soin que l'on dispense à un malade chéri entre tous, soignent ses mains douloureuses avec une délicatesse de getes presque artiste. Cadre exquis que ces femmes fleurs autour du dernier modèle de Renoir, Andrée la rose neuve, et de l'autre Renoir encore à naître, ployant comme toute chose sous la belle tyrannie du peintre.

"Renoir" : Entrer dans la lumière, à l'ombre du père et des jeunes filles en fleur

Le Monde.fr | 01.01.2013 à 16h04

Par Noémie Luciani


Quelques images du film et quelques posters

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"Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension"
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