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> George SAND

Alayn

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* 25/10/2009, 19:30
Message #1
"Lélia ou la vie de GEORGE SAND" d'André MAUROIS. Préface de Jean-François Josselin. Hachette. 1952. 567 pages. Réédition de 1985. 130 francs.

4ième de couverture:
"Elle a été "la voix de la femme en un temps où la femme se taisait". Elle a parlé de la musique aussi bien que Stendhal, et bien mieux que Balzac ou Hugo. Elle a décrit la vie des paysans français avec une grandeur tantôt idyllique, tantôt épique. Elle a éprouvé et exprimé un amour sincère du peuple, bien avant que le suffrage universel imposât cette attitude. "Je ne suis pas, disait-elle, de ces âmes patientes qui accueillent l'injustice avec un visage serein." Elle a, dans Lélia, abordé la première des problèmes sensuels que l'on commence seulement aujourd'hui de traiter avec franchise. Enfin elle a été, dans ses meilleurs jours, le roman même [...]. Voilà pourquoi j'ai eu envie d'écrire sa biographie."

André MAUROIS

Photo de la couverture du livre par Nadar (1864):
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Alayn

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* 25/10/2009, 20:02
Message #2
PREFACE de Jean-François JOSSELIN:

George, des origines jusqu'à nos jours

La littérature est une famille bizarre où, d'habitude, les personnes engendrent les personnages. Mais il arrive parfois que se produise l'inverse. C'est ainsi qu'un jeune romancier du début du siècle, Emile Wilhelm Herzog, dit André Maurois, crut épouser une demoiselle de Caillavet. Il s'agissait en fait de Roberte de Saint-Loup, lieu géométrique d'"A la recherche du temps perdu." En effet l'existence de cette jeune personne, grâce à ses attaches familiales qui avaient inspiré Marcel Proust, permettait la fusion du côté de Guermantes avec celui de Swann. Il n'est donc pas surprenant qu'André Maurois, émoustillé d'avoir pour femme l'une des créatures clef d'un des plus grands romans français, se soit appliqué à métamorphoser en héros ou héroïnes de fiction des êtres humains célèbres pour avoir justement peuplé cette fiction -à savoir des écrivains illustres comme Victor Hugo, Lord Byron, les Dumas, Madame de la Fayette ou Balzac.

Photo: Gravure d'Auguste Charpentier (1838) de George Sand:
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Alayn

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* 25/10/2009, 20:17
Message #3
Et George Sand, bien sûr. La méthode Maurois est simple: elle est romanesque. C'est-à-dire qu'il compose le récit biographique du sujet, une personne considérée donc comme personnage, avec le droit de regard du créateur. Evidemment, il nous apparaît aujourd'hui lumineux que le cas George Sand ne pouvait que passionner Maurois. Pour la bonne raison que George ne fut pas seulement romancière mais aussi -et peut-être surtout- une femme de lettres, le témoin et l'actrice à la fois d'une société politico-culturelle où tourbillonnaient des messieurs-dames comme Flaubert, Marie Dorval, Vigny, Marie d'Agoult, Liszt, Mérimée, Balzac, Lamennais et compagnie, sans oublier bien entendu Alfred de Musset et Frédéric Chopin, jeunes hommes dont nous reparlerons dans quelques instants.

Photo: tableau avec George Sand et Frédéric Chopin:
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* 25/10/2009, 20:41
Message #4
Pour la raison aussi que les origines de George Sand ne sont pas sans évoquer le côté kaléidoscopique des antécédents de Mlle de Saint-Loup. Simplement il s'agit davantage d'histoire, pour George, que de littérature, pour Mlle de Saint-Loup-Caillavet-Maurois. Mais le produit final de ces divers héritages appelle une rêverie similaire. Si l'on remonte le cours ancestral de George ou plutôt d'Aurore Dupin, baronne Dudevant, premier enfant de l'aide de camp Maurice Dupin et de Sophie Victoire Delaborde, fille d'un maître-oiselier qui vendait serins et chardonnerets sur les quais de la Seine, on rencontre -chez les Dupin du moins- du beau monde qui s'encanaille: entre autres, un maréchal de France (le comte Maurice de Saxe, fils de l'extravagante chanoinesse Aurore de Koenigsmark) dont les amours coupables avec une demoiselle parisienne, Marie Rinteau dite Marie de Verrières, furent récompensées par la naissance d'un enfant naturel, une petite fille, future arrière-grand-mère de George. Il serait trop long de résumer ici tous les antécédents de cette dernière -et parfaitement inutile dans la mesure où Maurois y consacre un chapitre au début de ce volume. Disons simplement que cette assemblée de rois, de soldats, de chanoinesses et de femmes légères ne pouvait qu'engendrer une créature hors du commun.

Photo: Aurore Dupin (alias George Sand) jeune:
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Alayn

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* 25/10/2009, 21:05
Message #5
L'image d'Epinal de George Sand dispensée par les manuels de littérature le confirment: George Sand, c'est d'abord une dame habillée en homme qui fume le cigare et qui séduit sans vergogne les écrivains fragiles, comme Jules Sandeau, des poètes rêveurs, comme Alfred de Musset et des pianistes tuberculeux, comme Frédéric Chopin. Un zeste de socialisme utopique, une complicité amoureuse avec la belle actrice Marie Dorval, et voici un paquet bien ficelé pour les arrière-petites-filles de George, les féministes -encore que le prénom masculin de l'auteur de "La Petite Fadette" ne doive pas leur sembler bien convenable. L'intérêt du travail d'André Maurois, c'est qu'il ne casse pas cette image d'Epinal mais au contraire l'anime et, ce faisant, en dessine les pleins et les déliés, les perspectives et les profondeurs. Avec malice et bonheur, il démystifie, certes, mais ne démystifie jamais. La critique psychanalytique est restée dans le tiroir, Maurois raconte "en surface", et au gré de la chronologie, la vie intime et spectaculaire de son héroïne révélée par ses propres confidences dans son journal et sa correspondance.

Photo: Jules Sandeau, écrivain né à Aubusson en 1811, premier amant de George Sand. Ayant écrit un premier roman ensemble, elle reprendra ensuite et gardera le pseudonyme "écourté" de Sandeau: Sand. Portrait d'après Henri Lehmann:
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* 25/10/2009, 21:24
Message #6
Ni complexé, ni tordu par des exercices d'analyse, le personnage de George Sand reste lisse, à la fois concret (grâce aux évènements décrits) et imaginaire (grâce aux sentiments induits). En fait, Maurois recrée George Sand à son idée qui est le reflet de la réalité. On ne découvre rien mais à la fin de la lecture, on sait tout. La grande affaire, bien sûr, c'est Musset et Chopin, éléments majeurs de la légende, génies nerveux et maladifs couvés par la bonne dame de Nohant. Si couvés d'ailleurs qu'ils paraissent s'échapper pour ne pas être étouffés ?
Oui et non. André Maurois qui, on ne le répétera jamais assez, s'en tient à la lettre et aux lettres, n'interprète pas mais suit la courbe de ces deux passions auxquelles curieusement des lieux délicieux furent funestes: Venise, pour Alfred, où les deux amants firent bientôt chambre à part dans le somptueux hôtel "Danieli" ; Majorque, pour Frédéric, où, dit-on, celui-ci perdit non seulement le souffle mais tout le reste...

Photo: Alfred de Musset et George Sand:
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* 25/10/2009, 21:44
Message #7
Car la pauvre George, toute à ses amours prestigieuses, ne fut, semble-t-il, pas comblée selon ses voeux. Comme si les grands hommes n'étaient pas des bons coups ! Dieu merci, aussi chagrine fut-elle, la pauvre George, ne dételait pas et, satisfaite ou non, abattait ses vingt feuillets par jour ou plutôt par nuit. Ce qui n'était pas sans agacer ses illustres compagnons: "J'ai travaillé toute la journée, se lamentait Alfred, le soir, j'ai fait dix vers et bu une bouteille d'eau-de-vie ; elle (George) avait bu un litre de lait et écrit un demi-volume." On pourra objecter que dix vers des "Nuits" valent la moitié de "Lélia" mais ce n'est pas notre affaire. Et d'ailleurs Maurois a l'humilité sage et savante de ne pas porter de jugement sur les travaux de George dont la vie lui importe bien davantage -si ce n'est pour laisser entendre que le chef-d'oeuvre de cette dernière fut moins l'un de ses romans que son journal, c'est-à-dire sa vie.

Photo: Portrait de George Sand par Alfred de Musset:
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* 26/10/2009, 03:15
Message #8
Et c'est donc cette vie de soixante-douze ans qu'il raconte au galop. Née avec le Premier Empire, en 1804, morte sous la Troisième République, en 1876, la bonne dame de Nohant a traversé avec enthousiasme quelques étapes majeures de l'histoire de France. Sur ces pas, on découvrira donc des paysages fameux, des révolutions (notamment celle de 1848 qui porta ses amis au pouvoir)", des répressions, des émeutes, un Second Empire et une Seconde République. Attention ! L'Histoire est ici le fond du tableau, le décor changeant de cette superproduction tragique et comique, interprétée par la femme la plus stimulante de son siècle. Une machinerie magique dont l'artisan magicien ne démonte pas le meccano, pas plus qu'il n'évente les artifices, mais au contraire se livre, bien éveillé, au destin qui l'entraîne. En fait, on l'a deviné, Lélia ou la vie de George Sand est d'abord un roman, "oeuvre d'imagination, dit le Petit Larousse, constituée par un récit en prose d'une certaine longueur, dont l'intérêt est dans la narration d'aventures, l'étude de moeurs ou de caractère, l'analyse des sentiments ou des passions." La vie, quoi. On comprend que l'enchanteur Maurois n'a pétrifié ni statufié George Sand mais au contraire l'a restituée avec ses émotions, ses vices et ses vertus, son monde, la nature, les villes, les gens, les amours, les arbres, le clapotis des canaux vénitiens, le ciel de Majorque, la première brise de l'enfance et le dernier soupir d'une si belle existence. George telle qu'en elle-même, les souvenirs la font frémir. C'est ce qu'on appelle l'immortalité, non ?

Jean-François JOSSELIN
(Photo: fragment de la gravure d'Auguste Charpentier):
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* 26/10/2009, 04:09
Message #9
NOTE LIMINAIRE D'André MAUROIS:

Pourquoi George Sand ? Les amitiés d'esprit se font par chaînes et rencontres, comme les amitiés de coeur. Un ami admiré nous fait connaître ses amis, et ceux-ci nous plaisent par des traits qui sont aussi les siens.
C'est par Marcel Proust et par Alain que j'ai été rapproché de George Sand. Les romans de George Sand avaient été les premiers livres sérieux que sa mère et sa grand-mère eussent donnés à Marcel Proust. Quand il était malade, elles lui lisaient à haute voix La Petite Fadette ou François le Champi. Plus tard, devenu lui-même bon juge de style, il avait partagé leur goût pour cette prose lisse et fluide qui, comme les romans de Tolstoï, "respire toujours la bonté et la distinction morale". Alain, lui, parlait de Sand avec respect.
"Cette grande femme" disait-il, et le ton de sa voix faisait comprendre qu'à ses yeux cette grande femme était un grand homme. Ajoutes, à ces deux répondants, les maîtres qui furent ses contemporains. Pensez qu'elle inspira Chopin et Musset ; que Delacroix avait chez elle un atelier ; que Balzac venait demander à "la camarade George Sand" le sujet d'un de ses plus beaux livres: Béatrix, que Flaubert l'appelait: "Ma chère maître" et pleura quand il apprit sa mort ; que Dostoïevski voyait en elle un écrivain "presque unique par la vigueur de son esprit et de son talent", et vous comprendrez pourquoi j'ai souhaité étudier une femme qui a été, pendant une longue part de sa vie, une puissance spirituelle, et qui est aujourd'hui trop peu lue.

Photo: Fragment d'un tableau d'Eugène Delacroix représentant George Sand (1834):
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* 26/10/2009, 14:52
Message #10
"Trop peu lue ? disent certains. C'est qu'elle est illisible !" Quelle erreur ! Quelques-uns des romans qu'elle écrivait "pour payer les notes de son boulanger" ne valent pas grand-chose ? C'est vrai, mais ouvrez l'Histoire de ma Vie, la Correspondance, les Lettres d'un Voyageur, les Journaux intimes. Là elle est l'égale des meilleurs. Et quel auteur fut jamais plus fertile en inventions ? [...] Enfin elle a été, dans ses meilleurs jours, le roman même, et le début de Consuelo demeure un des récits les mieux conduits de notre littérature.

Photo:George Sand:
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* 26/10/2009, 15:25
Message #11
Voilà qui répond, je l'espère, à la question: "Pourquoi Sand ?" Restait la difficulté de renouveler le récit d'une vie qui passait pour si bien connue. Pourquoi la raconter une fois de plus, après tant d'autres ? A cela, deux réponses. La première, c'est que j'ai eu la chance de trouver de nombreux documents qui m'ont permis de donner l'importance qui convient à la jeunesse et à la maturité de George Sand, ce qui replace les épisodes familiers dans une perspective plus juste.
La seconde, c'est que la plupart des auteurs qui ont écrit sur Sand éprouvaient, à l'égard de sa personne et de ses idées, une évidente hostilité. La mode a longtemps été de parler d'elle avec ironie et sévérité. J'ai le bonheur -ou la faiblesse- de l'aimer. Elle a écrit un jour, parlant d'une autre femme, Marie Dorval: "C'est une âme admirablement belle, généreuse et tendre, une intelligence d'élite, avec une vie pleine d'égarements et de misères... Je t'en aime et t'en respecte d'autant plus, ô Marie Dorval !..." Ces phrases s'appliquent à celle qui les écrivit. George Sand fut, elle aussi, une âme généreuse ; elle aussi eut une vie pleine d'égarements et de misères. Le génie, pour tous compagnon exigeant et dangereux, est, pour une femme, un hôte plus redoutable encore ; et la rencontre, en amour, de deux génies produit de brûlantes étincelles. Des égarements, je ne cacherai rien. Pourquoi mentir ? Mais j'espère faire reconnaître le génie et amener le lecteur, comme j'ai été amené moi-même, à respecter "cette grande femme" et à lui accorder, dans l'histoire des lettres, la place d'honneur qui de droit lui appartient.
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* 26/10/2009, 15:52
Message #12
Je dois des remerciements infinis à Mme Aurore Lauth-Sand, qui a bien voulu m'ouvrir ses archives, me conter ses souvenirs et me laisser toute liberté de traiter le sujet comme je l'entendais. Marcel Bouteron, conservateur de la collection Spoelberch de Lovenjoul, m'a permis, avec une amicale générosité, de consulter tous ses dossiers et, en particulier, les correspondances Dorval-Sand, Balzac-Sand, Mme d'Agoult-Sand, jusqu'alors peu ou point connues. A la Bibliothèque nationale, l'administrateur général, M. Julien Cain, M. Jean Porcher, conservateur du département des manuscrits, M. Jacques Suffel et M. Marcel Thomas ont pu mettre à ma disposition de précieux inédits: les Agendas de George Sand, de 1852 à sa mort, sa correspondance avec Dumas fils et les importantes lettres au docteur Emile Regnault, dont une partie seulement avait été utilisée par Mme Marie-Louise Pailleron et par Miss Mabel Silver. M. Henri Goüin m'a confié la très intéressante correspondance de Mme Sand avec son grand-père, Edouard Rodrigues ; Mme Bonnier de la Chapelle, des lettres inédites à l'éditeur Hetzel. M. Henri Martineau et M. Alfred Dupont m'ont donné d'utiles documents.
Mme Jacques Lion m'a fait connaître le comte de Grandsagne, qui ne pouvait me communiquer les lettres de George Sand à son grand-oncle, détruites par le fils unique de celui-ci, mais m'a dit ce qu'était, au sujet de cette correspondance et de cette amoureuse amitié, la tradition dans sa famille. Enfin Mme Jacques Suffel a établi l'index de ce long ouvrage.

Photo: portrait de George Sand par Nadar:
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* 26/10/2009, 16:05
Message #13
J'ai, depuis longtemps, l'agréable devoir, au début de chacun de mes ouvrages historiques ou biographiques, de remercier ma femme pour ses travaux immenses de recherches et de copie. Jamais ma dette envers elle n'a été plus grande que cette fois. Elle a dépouillé et classé des montagnes de lettres, archives et documents. Elle a copié cinq fois ce long manuscrit, dans des versions successives. Elle a préparé l'édition, qui va être faite, de la correspondance entre George Sand et Marie Dorval, ainsi que la publication des lettres de Sand à Augustine Brault, Charles Marchal et quelques autres, dont elle possède les originaux. Pour ce travail fait en commun, avec une commune passion, je lui rends grâces.

Photo: George Sand dessiné en 1837 par Luigi Calamatta:
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* 26/10/2009, 16:15
Message #14
Si, malgré tant de soins, de labeur et d'amitiés diligentes, le lecteur trouve encore quelque erreur, qu'il excuse les fautes de l'auteur. J'ai essayé, autant qu'il était en moi, de mettre en forme ce qu'on sait aujourd'hui sur cette grande vie. Mais la recherche ménage toujours des surprises ; il se peut que demain des érudits trouvent des sources qui m'ont échappé.
Si l'un d'eux alors fait mieux que moi, je serai le premier à m'en réjouir.

André MAUROIS

Photo: portrait de George Sand de Jean Gigoux:
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* 26/10/2009, 16:46
Message #15
INTRODUCTION de la première partie du livre:

L'histoire de George Sand est celle d'une femme qui, par sa naissance, se trouva placée sur la frontière de deux classes et, par son éducation, sur une frange où se rencontraient le rationalisme du XVIII° siècle et le romantisme du XIX° ; qui, ayant dès l'enfance perdu son père, souhaita le remplacer auprès d'une mère adorée et acquit par là un comportement viril ; qui fut confirmée dans cette attitude par l'éducation garçonnière que lui donna un précepteur un peu fou et par les vêtements d'homme qu'il lui fit porter ; qui se vit, à dix-sept ans, indépendante, maîtresse à Nohant d'un domaine, d'une maison, et tenta toujours, inconsciemment, de recréer ce libre paradis de son adolescence ; qui ne put jamais supporter un maître et demandait à l'amour ce qu'elle trouvait dans la maternité: une chance de protéger des êtres plus faibles ; qui, impatiente de toute autorité masculine, lutta pour en émanciper les femmes et pour leur assurer la franchise de leurs corps et de leurs sentiments ; qui exerça ainsi, sur les moeurs, une influence étendue et utile ; qui, d'abord catholique, fut toujours chrétienne et se crut en communion mystique avec son Dieu ; qui devint socialiste, comme elle resta chrétienne, par générosité de coeur ; qui se jeta, en 1848, dans un mouvement révolutionnaire et, après l'échec de celui-ci, sut garder son prestige sans renier ses idées ; qui, ayant violé toutes les conventions, tant dans sa vie privée que dans sa vie publique, s'imposa pourtant au respect de tous par le génie, le travail et le courage ; qui réussit, toutes passions éteintes, à recréer, dans la maison de son enfance, le paradis perdu ; et qui trouva enfin dans une vieillesse sereine, active et matriarcale, le bonheur qu'elle avait cherché en vain dans la passion.

André MAUROIS
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* 26/10/2009, 16:50
Message #16
Une caricature à propos de George Sand:
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* 26/10/2009, 16:55
Message #17
La maison de George Sand à Nohant, près de La Châtre, dans l'Indre (le Berry):
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* 26/10/2009, 20:32
Message #18
L'intérieur de la maison de George Sand à Nohant:
La chambre bleue:
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* 26/10/2009, 20:34
Message #19
La cuisine:
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* 26/10/2009, 20:38
Message #20
Le théâtre de marionnettes de Maurice Sand, le fils de George Sand:
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