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> LE PACTE IMMORAL, Comment ils sacrifient l'éducation de nos enfants

podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 20/01/2012, 23:01
Message #1
Image attachée

Bon, allez, je m'y met !

Je vais donner quelques extraits de ce livre, vous verrez, c'est édifiant !...

N.S. = Nicolas Sarkozy (je fais des économies... faut pas pousser !)

INTRODUCTION

Le 13/10/2009, N.S. reçoit à l'Élysée proviseurs, recteurs et quelques élèves pour présenter la raforme des lycées.

Dans son discours, il fait référence à la création des 1ers établissement préparant au bac par Napoléon Bonaparte, en 1802: "C'est un geste qui signifiait, très concrètement, la fin des privilèges et de la naissance. Cela voulait dire: désormais, en France, pour réussir, c'est de l'école que sortiront les élites, et pas de la naissance."

.....

Dans la vraie vie, c'est différent. Tandis que ces belles paroles sur le mérite, l'égalité des chances et le refus de l'échec scolaire sont prononcées.... les journaux consacrent leurs gros titres à un jeune garçon qui fait scandale. C'est un étudiant de 23 ans, plein de bonne volonté même s'il peine à venir à bout de sa 2e année de droit. Son objectif du moment ? En toute simplicité, présider sans attendre aux destinées de La Défense, le plus grand quartier d'affaires d'Europe, avec l'appui de son père, bien sûr, le Président qui pourfend les privilèges de naissance.

....

A peine arrivé à l'Élysée en 2007, N.S. décide de tenir une de ses promesses de campagne: la gratuité des lycées français de l'étranger. Coût annuel de l'opération, en cours de réalisation: plus de 100 millions d'euros en 2010 et 700 millions à terme, lorsqu'elle ne concernera plus le seul lycée mais sera généralisée à toutes les classes depuis la maternelle..... Après le bouclier fiscal, les Français vont adorer ce bouclier scolaire qui permet à des expatriés gagnant parfois plus de 100 000 euros par an de faire prendre en charge par l'État la scolarité de leurs enfants.

Dans le même temps, une agence gouvernementale décide de réduire sa subvention à un programme d'aide à la lecture en CP pour les élèves en difficulté. Le montant de cette aide ? Un peu plus d'un million par an. Les pouvoirs publics se montrent ainsi incapables de trouver les moyens d'éradiquer l'illettrisme dès son apparition. Combien ce chantier salutaire coûterait-il? Environ 100 millions d'euros par an, jamais débloqués par aucun pouvoir. Bien moins que le bouclier scolaire inventé par N.S., pour lequel le financement a été trouvé sans difficulté.



"Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension"
Gandhi
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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 21/01/2012, 22:08
Message #2
...

L'école, le collège, le lycée et l'université sont donc devenus des trompe-l'oeil où se joue la comédie de la réussite.... Devant cette faillite, les élites se protègent. Face au jugement public, elles gesticulent, instaurent des quotas de boursiers pour les grandes écoles, des internats de la quatrième chance, des passerelles jalonnées de planches pourries, des états généraux, comités Théodule et autres inventions cosmétiques destinées à maquiller la vérité. Dans la sphère privée, elles ont les moyens de sauver les leurs. Le réseau social, la connaissance d'un système opaque pour le commun des mortels et, dans une moindre meusre, l'argent peur permettent d'échapper au lot commun.

...

Depuis plus de vingt ans, les élèves sont tenus en otages par ceux qui prétendent faire progresser l'école. Le résultat est consternant. Jamais les performances n'ont été aussi médiocres et les inégalités aussi criantes. Non seulement l'Éducation nationale ne parvient pas à "élever", mais elle a perdu le pouvoir d'ouvrir les esprits et de faire fonctionner l'ascenseur social.
Si l'école tient encore debout, c'est grâce à ses missionnaire et à ses résistants - enseignants, mais aussi hauts fonctionnaires parfois: au gré des réformes qui s'annulent et se contredisent, ils tiennent le cap de leurs convictions, de leur vocation. Mais combien de temps un système peut-il parier sur la seule abnégation? Aussi longtemps que le cynisme règnera en maître au sommet de l'État.



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podcol

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* 21/01/2012, 22:52
Message #3
LE BERMUDA ET LE PRÉSIDENT

- Gilles, tu vas à l'Éducation...
- Pourquoi moi, Dominique ?
- Tu es la bonne personne...
- Mais je n'ai pas fait d'études...
- Aucune importance...
- Et puis j'étais mauvais élève...
- Je suis persuadé que tu es fait pour ce poste...

C'est ainsi que Gilles de Robien apprend, de la bouche de Dominique de Villepin, sa nomination rue de Grenelle, au lendemain du référendum désastreux sur la Constitution européenne.
"J'ai persisté un moment dans mon refus, j'ai argumenté sur mes piètres performances scolaires, moi qui n'ai pas mon bac et qui ai choisi des chemins de traverse, se souvient-il. Puis j'ai fini par capituler: "Puisque tu insistes, j'accepte, ai-je dit au Premier ministre.

...

Vingt-quatre heures plus tard, peu avant midi, Dominique de Villepin, le nouveau Premier ministre, doit composer son gouvernement. Il pense à Gilles de Robien pour l'Éducation nationale parce qui celui-ci a su se faire apprécier des syndicats dans le secteur sensible des transports. A quoi tiennent les destins politiques !

...

Mais il est extraordinaire de constater que l'Éducation, présentée dans tous les discours comme la priorité absolue, provoque l'effet répulsif du cadeau empoisonné sur celui qui en hérite. La plupart des nouveaux titulaires y vont à reculons, de peur d'en ressortir laminés politiquement, et les rares qui entrent rue de Grenelle de gaieté de coeur en repartent en courant. Comme si s'investir dans cet "enjeu majeur", au service de l'intérêt général, était finalement le pire des boulots.

...le lundi 12 janvier 2009... N.S. se rend dans la Manche, à Saint-Lô. Ce déplacement en province doit être l'occasion pour le président de la Rép. de reprendre en douceur la main sur l'éducation, thème principal de sa visite. Celle-ci se passe mal.... c'est surtout dans une école élémentaire que le Président reçoit un accueil très personnalisé.... il doit assister à une séance de soutien... Elle doit se prolonger par une discussion informelle avec quelques enseignants du cru.
... L'institutrice qui anime le groupe de soutien, composé de 5 élèves, ne s'est pas mise sur son trente-et-un pour recevoir le 1er peronnage de l'État. Elle arbore une mine renfrognée et répond au mieux par des monosyllages aux questions pourtant enjouées de N.S. Tournant le dos à ce mur d'hostilité, celui-ci s'adresse à une fillette: "Comment t'appelles-tu?". Intimidée, la petite ne répond pas. Mais la maîtresse, elle, a retrouvé sa langue: "Elle s'appelle Svetlana, et ses parents sont dans une situation difficile. Ils attendent toujours leur titre de séjour", lâche-t-elle d'un ton sentencieux. Bon, bon, bon...
L'entourage écourte autant qu'il peut ce petit calvaire et l'on rejoint la salle des maître. Là, debout, se trouve un instituteur.... mais cet enseignant est en bermuda. En plein mois de janvier, au coeur de la Basse-Normandie, il a choisi de se geler les mollets pour bien montrer au Président ce qu'il pense de lui, de sa visite et de ses claques dans le dos. En bermuda ! Dans le cortège de costumes-cravates qui assiste à la scène, certains ont les yeux qui leur sortent de la tête. Ce type a osé. Osé se moquer de la plus haute autorité de l'État mais aussi, d'une certaine manière, de l'école elle-même. L'équivalent vestimentaire, en la circonstance, du bras d'honneur ou de l'attitude désobligeante qui avait suscité la célèbre saillie "Casse-toi pauvre con !"

Il serait injuste de penser que la personne de N.S., certes génératrice de comportements agressifs ou moqueurs de la part de nombreux citoyens anonymes, soit seule en cause dans ce cas précis. En effet, les incidents se multiplient. Cette scène inouïe relève plutôt d'une sorte de "hooliganisme institutionnel" dans lequel excelle une partie du corps enseignant. Le ressort en est double. Nombre d'entre eux, d'une part, ont compris depuis longtemps ce qu'il faut penser de la fameuse "priorité absolue" donnée à l'Éducation nationale. Ils ont vu des ministres éphémères donner leur nom à des lois qu'il n'ont pas eu le temps de mettre en oeuvre avant qu'un autre arrive et reprenne tout à zéro. Ils ont pu mesurer, aussi, le cynisme qui règne dans les hautes sphères, où le pilotage tient compte du climat politique, des risques d'image, des impératifs de communication plus que de l'efficacité de leur mission. Ils savent, d'autre part, qu'un ministre - et s'il s'agit du Président, c'est encore mieux- peut trébucher sur ce sujet au point d'y laisser sa santé politique. Alors, quand une illustre victime passe à portée de main, pourquoi se priver de lui faire sa fête ?



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Alayn

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Lieu : Creuse

* 22/01/2012, 01:42
Message #4
Bonsoir !

C'est bougrement intéressant tout ça Podcol !
Merci et bravo !



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
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véronique

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Lieu : creuse/gard

* 22/01/2012, 11:03
Message #5
bravo podcol ! merci de nous faire une petite piqure de rappel concernant la dégradation du système scolaire, de nous conter cette visite normande dont je n'avais jamais entendu parler........

bravo aux enseignants de St Lo (que je salue tout particulièrement) qui ont osé braver l'autorité au risque de se voir bloqués dans leur carrière........

aujourd'hui les enfants sont de plus en plus lachés - il y a de plus en plus de phobies scolaires, de gamins laissés sur le bord de la route. qu'on ne se trompe pas de cible, se ne sont pas les enseignants qui déconnent mais bien le système.

que l'on ne vienne pas me dire qu'ils ne travaillent pas beaucoup, qu'ils ont pleins de vacances, car là j'explose ! allez y braves gens, osez entrer dans une classe d'une trentaine de gosses dont les niveaux et les motivations sont aussi nombreux que le nombre d'élèves, dont les parents les moins concernés ne supportent pas que l'on puisse critiquer, voir punir les chères têtes blondes........

j'ai un grand respect pour ces personnes et j'essaie dans mon travail, tout les jours, d'expliquer aux enfants que l'on me confie, l'importance et le respect qu'on leur doit !

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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 22/01/2012, 23:49
Message #6
Merci à vous deux Véronique et Alayn. J'en rougit blushing.gif de confusion, mais sachez aussi que cela me permet -via ce bouquin entre-autre- de dénoncer un système que je ne supporte plus depuis déjà quelque temps !
Donc, que "la Grande Oreille" qui nous écoute sache bien que cela est issu d'un livre !... point/barre !...



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podcol

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* 23/01/2012, 00:30
Message #7
L'ÉCOLE DES FOUS

Ce 2 septembre 2010, c'est la rentrée. ils sont 16 000 nouveaux professeurs qui accueillent des élèves sans avoir reçu de formation pédagogique.

Leurs prédécesseurs, eux, passaient auparavant une année à l'IUFM, avec seulement quelques heures de cours à dispenser chaque semaine.

Les commentateurs autorisés pleurent à chaudes larmes, prévenant les parents que les nouveaux profs sont lâchés dans les classes "sans aucune compétence". Face à cette vague de critiques, le ministre Luc Chatel, se fait discret (comme à son habitude). Ni mensonge ni plaidoyer, le silence!

Il y aurait pourtant de quoi répondre. Car cette lamentation médiatique relève de la supercherie. Que faisaient tous ces défenseurs de "l'enseignement de qualité" quand, jusqu'en 2009, on envoyait dans les classes, sans aucune formation, les recalés les "moins mauvais" de l'IUFM? Cela s'appellait la "liste complémentaire". Elle était composée de candidats admissibles au concours de professeurs des écoles mais qui n'avaient pas passé la barrière de l'oral. Recalés, donc? En apparence seulement. Ils servaient de variable d'ajustement et étaient envoyés directement, à temps plein, dans les classes. Sans aucune préparation.

Ceux qui avaient réussi le concours allaient, pendant un an, fréquenter l'IUFM. Pas eux. Eux étaient là pour "boucher les trous" sur le terrain et fréquenteraient l'IUFM plus tard, après une année complète passée sous la mitraille. Mais personne n'a trouvé utile de dénoncer cette situation choquante, qui a duré des années.

Il y aurait aussi à redire sur la manière dont se passe, concrètement, la rentrée pour ces nouveaux enseignants cuvée 2010, et surtout pour leurs élèves. Mais personne, parmi les pleureuses, ne souligne le point le plus noir de cette réforme de la formation. Pour l'observer, il suffit... de se placer du point de vue de l'élève. Celui-ci, grâce à une usine à gaz comme seule la rue de Grenelle sait en fabriquer, voit défiler devant lui, entre septembre et juin, au moins trois professeurs différents.

...

En pratique, les nouveaux profs, ceux qui viennent de réussir le concours -appelés professseurs stagiaires parce qu'ils n'obtiendont leur titularisation qu'au bout d'un an -sont affectés à un plein temps. C'est ainsi que l'administration a réussi à répondre aux impératifs de réduction des effectifs imposés par Bercy. Sur le papier, les affectations sont claires. Un problème toutefois: ces "profs. stagiaires"doivent également recevoir une formation. Des cours mais aussi des heures d'observation auprès d'un enseignant plus chevornné -un tuteur- qui doit leur transmettre les ficelles du métier.

Comment concileir les deux ? Comment être à la fois ici et ailleurs? L'équation paraît surréaliste. Mais les différentes académies, dans leur immense sagesse, ont trouvé une "solution".

De la rentrée aux vacances de la Toussaint, les élèves ne voient pas leur nouveau professeur 'à temps plein". Pourquoi? Celui-ci est dans la classe de son "tuteur" pour une période d'observation. Ils sont donc confiés à un remplaçant. Après la Toussaint, ils font enfin sa connaissance, puisque le stagiaire prend en charge "le sevice sur lequel il a été implanté", pour reprendre le beau langage de la rue de Grenelle.

Mais après Noël, ils voeint apparaître un 3e personnage. Son appellation exacte ? "Stagiaire étudiant en master deux". Ouf! cet être hybride est un peu moins expérimenté que leur professeur débutant puisqu'il s'apprête à passer les concours. Pendant une semaine, le professeur stagiaire pilote le stagiaire étudiant. Le document distribué aux "tuteurs" par l'académie de Montpelleir emprunte au vocabulaire maçonnique et appelle cela le "tuilage" : l'étudiant stagiaire, comme l'apprenti franc-maçon, est en période d'observation. Ensuite, il prend seul la classe en main. Pour toujours? Non: pour une durée d'un mois. Que fait le professeur stagiaire pendant ce temps ? Il va suivre une formation. Mauvaise plaisanterie? Non, la stricte réalité.

De mars jusqu'à la fin de l'année scolaire, les élèves ont le plaisir de retrouver le professeur qui leur est officiellemtn affecté, ce stagiaire qu'ils ont déjà aperçu en novembre et décembre, puis très brièvement pendant le "tuilage". Ils auront donc vu défiler -hors remplaçant éventuel pour congé maladie- pas moins de trois enseignants différents pendant l'année scolaire.

...

Cet élève ne serait-il pas plutôt devenu une variable d'ajustement, un petit cobaye sur lequel on teste de nouvelles dispositions qui ne dureront guère plus longtemps que le ministre qui les a imaginées ?



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podcol

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* 23/01/2012, 23:11
Message #8
STIG-MA-TI-SA-TION

...

Ne pas stigmatiser, c'est aussi, assurent les experts, ne pas faire redoubler les élèves. Mais faute de solution concrète, il n'est pas rare de rencontrer, en début de collège, des adolescents qui ont deux ans de retard. En grave échec scolaire, ils sont aussi les plus faibles de leur classe. Pourtant, en fin d'année, impossible de les faire redoubler une fois encore: trois ans de retard, cela devient ingérable. Alors, ils passent dans la classe supérieure. Résultat? Le "système" attendra patiemment qu'ils aient 16 ans pour les éjecter et leur faire rejoindre le bataillon des non-diplômés sans qualification. Grande réussite. "Le pire, c'est que l'on propose souvent au redoublement ceux qui ont encore une chance de s'en sortir, soupire un prof de collège. Évidemment, c'est toujours difficile de leur expliquer que de plus mauvais qu'eux sont admis dans la classe supérieure..."

...

LE FRANCAIS DÉFIGURÉ

...

Exemple: pour préparer le bac de français 2010, un module de révision sur le théatre n'hésitait pas à apprendre ce qui suit aux élèves de 1ère: "La structure dramatique d'une pièce peut être analysée selon un "schéma actantiel", c'est-à-dire une même situation fondamentale, dont la cellule de base est la suivante: un sujet désire un objet (ce n'est pas nécessairement un objet réel, il peut s'agir d'une idée, d'une valeur); ce sujet est contrarié dans son désir par des opposants et, en même temps, aidé par des adjuvants; l'objet est promis par un destinateur à des distinataires. Dans une même pièce, il arrive que les figures varient, les fonctions restant les mêmes.
Ce morceau de bravoure se passe de commentaires...

....

TOUT COMMENCE A L'IUFM

...

Pour le cours de français donné aux plus grandes classes de l'école primaire, les consignes sont claires: "Attention ! dit une formatrice, je ne veux pas voir dans vos emplois du temps: grammaire, orthographe, conjugaison, lecture ! Ca, c'est l'école du passé, nous, nous sommes à l'école de la modernité et donc ces catégories ne doivent plus exister. Désormais, nous faisons de l'observation réfléchie de la langue". ... ou ORL !
...
L'ORL, n'est pas une discipline, c'est une démarche. C'est aussi "une progression spiralaire".



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podcol

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* 23/01/2012, 23:30
Message #9
LE CLERGÉ

En 2010, une copie de français d'un élève admissible à l'École Normale Supérieure, dans une filière scientifique certes, contenait 60 fautes d'orthographe. "Domaine" sous la plume du candidat, était devenue "dommaine", "il préfère" était écrit "il préfert", et "analyser" transformé en "annaliser". Le devoir était par ailleurs émaillé de platitudes telles que cette phrase de transition: "Et cela est la vie".

...

La genèse d'un tel désastre se trouve au coeur de ce pacte que les élites ont conclu avec ce qu'il faut bien appeler un clergé tout-puissant. Un clergé baroque constitué par les chanoines bien-pensants de la nouvelle orthographe, les archevêques de la "créativité", désireux de conserver leur mitre à tout prix et les prédicateurs laïcs du "apprendre à apprendre" plus zélés que les grands prêtres. Bref, une sacrée équipe !

NAISSANCE D'UN ORDRE

Vue à travers le prisme de l'école, la société française ressemble à celle de l'Ancien Régime, divisée en trois ordres: le clergé, chargé de dire le dogme et de le faire respecter; la noblesse, dotée de privilèges tels que fréquenter les meilleures écoles; le tiers-état, bien plus important numériquement, mais tenu de subir les règles édictées par les deux catégories précédentes, inférieures en nombre mais supérieures en pouvoir.

...



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véronique

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* 24/01/2012, 20:36
Message #10
Alors, il n'y a plus qu'à attendre............. car si je me souviens bien, un jour le tiers état s'est soulevé, et si ça continu ainsi, il ne faudra pas plusieurs décénies pour que tout cela explose !!
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podcol

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* 24/01/2012, 23:50
Message #11
LE MINISTÈRE DE LA PEUR

...

Les désirs venus de l'Élysée sont des ordres... Apprès l'abandon du projet Darcos pour le lycée, Luc Chatel présente, un an plus tard, une version allégée de la réforme.... Problème: quelques semaines seulement après sa mise en application, à la rentrée 2010, il faut déjà la retoucher. Pourquoi ? Pour tenter d'introduire la philosophie au lycée dès la classe de seconde.

... Quand le ministre en parle à son cabinet, ses conseillers haussent les épaules... Comme il faut faire des économies, il n'est pas question de recruter un professeur supplémentaire dans cette discipline. Les lycées qui le veulent peuvent proposer la philo dès la seconde, mais sur la base du volontariat, danc sans un centime de plus. Ouf ! la "bonne idée" du ministre est évacuée....

Mais Luc Chatel insiste. Il s'obstine tant et tant que cela intrigue. Alors, il finit par avouer la cause de son entêtement. Il s'agit, en fait, d'une requête venue directement de l'Élysée. Ah ! Et de qui, à l'Élysée ? Du Président en personne, poussé par son épouse. Depuis quand N.S. s'intéresse-t-il de près à l'enseignement de Platon et de Kant ? Depuis que Raphaël Enthoven, agrégé de philosophie et ancien compagnon de Carla, qui lui a donné un fils, fait campagne pour que sa matière préférée ne soit plus réservée aux seules classes terminales. Or l'Élysée est un merveilleux bras de levier.

Raphaël en a rêvé, Carla en a parlé, Luc s'est exécuté. En à peine un mois, l'affaire est bouclée. Le ministre annonce la bonne nouvelle lors de la cérémonie d'ouverture de la Journée mondiale de l'Unesco: "maintenant qu'avec la réforme du lycée nous disposons de bases assurées, je crois que nous pouvons aller plus loin, envisager de développer un enseignement de la philosophie avant la classe de terminale et, avec le président de la République, nous avons décidé d'explorer de nouvelles pistes pour un enseignement anticipé de cette discipline". Voilà, c'est dit. Le présient de la République s'intéresse tant à la métaphysique qu'il veut y donner accès aux jeunes générations le plus tôt possible.

A quoi tiennent les programmes scolaires ! au bon plaisir de l'épouse du Président, convaincue (pour la bonne cause !) par son ancien compagnon...

Il n'y a pas plus diligent qu'un ministre de l'Éducation nationale.



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podcol

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* 24/01/2012, 23:57
Message #12
CITATION(véronique @ 24/01/2012, 20:36) *
Alors, il n'y a plus qu'à attendre............. car si je me souviens bien, un jour le tiers état s'est soulevé, et si ça continu ainsi, il ne faudra pas plusieurs décénies pour que tout cela explose !!



Oui, mais pour se soulever, il faut être informé, ce qui n'est pas forcément le cas de la plupart des individus (moi-même je ne connaissais pas toutes ces manoeuvres...)

... et puis, ce ministère a une énorme dimension clientéliste. C'est la seule administration qui reçoive quotidiennement tout son public, soit 12,5 millions d'élèves. Un petit tract glissé dans le cahier de liaison touche 9 millions de parents, donc 9 millions d'électeurs potentiels !.... (remarque issue du livre).



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podcol

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* 06/02/2012, 18:38
Message #13
LE PACTE CLANDESTIN

A Paris, pour recruter leurs élèves en classe de 2de, tous les lycées sont soumis au même régime, celui du moulinage informatique d'un logiciel dappelé Affelnet.

Tous? Non. Il subsiste au coeur de la capitale deux îlots d'exception, où l'on cultive l'excellence comme un conservatoire préserverait les espèces rares. Henri-IV et Louis-le-Grand, deux lycées prestigieux, bénéficient en effet d'un régime dérogatoire, qui leur permet de sélectionner eux-mêmes leurs élèves. encore faut-il le savoir ! Car cette procédure ne fait l'objet d'aucune publicité. Elle est totalement dérogatoire dans un système qui ne parle que d'équité. et les ministres se gardent bien d'évoquer l'affaire et même , le plus souvent, de s'en mêler. Il faut dire que ce circuit parallèle fonctionne dans la plus grande discrétion.

Officiellement, les parents qui ont un enfant en 3e sont informés de la marche à suivre. En fin d'année scolaire, ils doivent transmettre 6 voeux d'affectation pour la rentrée suivante. Leur dossier se verra doter d'un certain nombre de points, selon le barème suivant : 600 points si l'on choisit un lycée de son district (il y en a 4 à Paris: est, ouest, nord et sud), 600 autres maximum qui sont attribués en fonction des résultats scolaires, 300 pour un élève boursier, 50 si l'on a déjà un frère ou une soeur dans l'établissement demandé. Voilà pour l'usager lambda, soumis à la neutralité aveugle des algorithmes informatiques.

Les initiés, eux, savent qu'il existe une autre solution, moins anonyme, plus humanisée. Henri-IV et Louis-le-Grand se sont affranchis de la règle commune et recrutent selon leurs propres critères. Entre les mois de février et d'avril, ces deux lycées qui font fantasmer beaucoup de parents demandent aux familles de remplir des "dossiers informels". Évidemment, ceux qui ne sont pas prévenus de cette petite astuce laissent passer les délais.

Cette démarche parallèle est peu connue du grand public. "Le lycée Henri-IV recevant un très grand nombre de demandes, les familles sont invitées à solliciter un avis préalable de Monsieur le proviseur avant la constitution définitive du dossier ssur Affelnet." Le même argument du "grand nombre de candidatures" est également employé par Louis-le-Grand.
Avant la mi-avril, les parents doivent donc envoyer les bulletins des années précédentes et remplir une fiche de renseignements. Rien de très indiscret n'est demandé sur ce document, si ce n'est l'adresse professionnelle du père et de la mère. En quoi cette information -discriminante socialement- a-t-elle son importance, dans une logique purement méritocratique, pour donner un avis éclairé sur l'orientation d'un candidat? Mystère...

Cette phrase, en réalité, correspond à une véritable présélection. Si l'avis du proviseur est favorable, la famille peut inscrire Henri-IV ou Louis-le-Grand comme 1er voeu d'affectation. Celui-ci sera alors intégré dans le logiciel Affelnet. Fin du parcours dérogatoire ? Pas du tout ! Le passage par l'informatique du ministère est pure comédie bureaucratique. A la sortie, en effet, les dossiers se trouvent de nouveau sur le bureau des proviseurs. Pour sauver les apparences, il est bien précisé que "l'affectation des élèves dans les classes de 2de est prononcée par Monsieur l'Inspecteur d'académie dans le cadre d'une procédure informatisée.

En réalité, une commission d'affectation se réunit fin juin dans chacun de ces lycées. Sous l'autorité du proviseur, elle valide et affine les choix opérés entre février et avril. Mais, officiellement, c'est "Monsieur l'Inspecteur d'académie" qui prend la décision.

Pourquoi avoir ainsi déconnecté 2 lycées de la procédure normale? Réponse d'un ancien conseiller de Xavier Darcos rue de Grenelle: "Grâce au ciel, cela permet de préserver quelques lieux d'excellence".

...

Les élites, en réalité, ont obtenu une sorte de dérogation de la part du clergé de l'Éducation nationale.



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véronique

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* 19/02/2012, 13:52
Message #14
ba oui !! tu nous parles des deux plus prestigieux lycées parisiens - Henri-IV et Louis-le-Grand - (je veux dire par là, les deux lycées qui recoivent les enfants des plus "prestigieuses personnes" vivant dans la capitale et qui ne veulent pas mettre leurs gosses dans des institutions privées suisses ou anglaises) mais qui dispensent une éducation de haute qualité .......... cela a toujours été ainsi....... mais je dirais que si cela ne concernait "QUE" ces deux lycées cela ne serait pas très grave............ le problème est que c'est la même chose dans les banlieues pourrries entre un lycée classé en ZEP et un autre qui ne l'est pas !!! (d'ailleurs, on se demande souvent pourquoi ?).

aujourd'hui,"n'importe qui" peut-être prof et c'est bien cela le problème........allez hop ! j'ai un master, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas si j'aime enseigner, je ne sais pas ce qu'est un gamin......... une classe, mais on verra bien, j'y vais !! et on ballance de "jeunes profs" dans l'arène et tant pis si on bousille une année scolaire de 30 gamins..........après tout ce ne sont que des gosses de pauvres..........ou presque !!
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podcol

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* 13/03/2012, 23:17
Message #15
Ce ne sont pas les plus prestigieux, mais 2 parmi les plus prestigieux, il y a aussi Claude Monet, Arago, Condorcet, Lavoisier,.. et détrompe-toi, ce ne sont pas forcément les enfants de personnes "prestigieuses" qui intègrent ces établissements, (j'en connais issus de milieux tout-à-fait "normaux", voire de milieux défavorisés) mais il est vrai qu'il y a une sacrée sélection pour y entrer au niveau du dossier scolaire.

Pour le reste, tu as raison, revoir la partie intitulée "l'école des fous"

Ce 2 septembre 2010, c'est la rentrée. ils sont 16 000 nouveaux professeurs qui accueillent des élèves sans avoir reçu de formation pédagogique.

Leurs prédécesseurs, eux, passaient auparavant une année à l'IUFM, avec seulement quelques heures de cours à dispenser chaque semaine.

Les commentateurs autorisés pleurent à chaudes larmes, prévenant les parents que les nouveaux profs sont lâchés dans les classes "sans aucune compétence". Face à cette vague de critiques, le ministre Luc Chatel, se fait discret (comme à son habitude). Ni mensonge ni plaidoyer, le silence!




De plus, le classement des collèges ou lycées en RAR (Réseau Ambition Réussite) ou RRS (Réseau Réussite Scolaire) se fait selon certains critères :

...

La classification a pris appui sur des critères nationaux objectifs, précis et pertinents, tant sociaux que scolaires, devant traduire fidèlement la situation concrète des élèves :
• la part d'enfants issus de familles appartenant à des catégories socioprofessionnelles défavorisées (66 %),
• la part des parents bénéficiaires du RMI,
• la part des enfants ayant des parents non francophones.
• la part d'élèves ayant des résultats faibles aux évaluations en sixième (20 points au-dessous de la moyenne),
• la part d'élèves ayant un retard scolaire de deux ans en sixième.

Ces critères généraux ont été complétés au niveau académique par des éléments locaux reflétant la réalité du territoire.
A partir de ces critères, la relance de 2006 a permis de distinguer deux niveaux d'éducation prioritaire. Le premier niveau correspond aux écoles et collèges des réseaux « ambition réussite », ils accueillent les publics les plus en difficulté sur les plans socio-économiques et scolaires. Le second niveau correspond aux réseaux de réussite scolaire qui regroupent des établissements scolarisant des publics socialement plus hétérogènes.

... ceci étant issu du document suivant émis par le ministère de l'éducation Nationale. Je met ci-dessous le lien:



http://www.educationprioritaire.education.fr/echanger/questions-reponses.html













"Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension"
Gandhi
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