webreader
7 Pages V   1 2 3 > »   
Reply to this topicStart new topic
> Emile ZOLA, Bibliographie

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 18/06/2008, 02:04
Message #1
Barbiche grisonnante et regard myope derrière ses besicles: tel apparaît, débonnaire et quelque peu compassé, le ZOLA des manuels de littérature.

Pourtant, ce bourgeois frileux se révèle très tôt comme un boute-feu redoutable. Dès qu'une injustice pointe à l'horizon, il clame son indignation à la face du monde. Ainsi se fait-il l'avocat des causes les plus difficiles, défendant la peinture de Manet aveuglément décriée, stigmatisant les moeurs corrompues du Second Empire, bravant, avec un courage inouï, l'opinion, le gouvernement, l'armée lors de l'affaire Dreyfus.

La critique et le public bien pensants ne lui pardonne pas ses prises de position abruptes, ses professions de foi "naturalistes" et le style plébéien de ses livres. Qu'il le veuille ou non, chacun de ses romans est un scandale.

Mais, si l'auteur des "Rougon-Macquart" est un révolté perpétuel, il est aussi un pantouflard studieux, qui rejoint sa table de travail à heure fixe, aime les bons repas et se glorifie de gagner des sous avec sa plume. Tout en peignant, de volume en volume, une fresque hallucinante de la France d'hier, il partage consciencieusement ses loisirs entre son épouse, pesante et mûre, et sa jeune et jolie maîtresse, déjeunant chez l'une, goûtant, avec l'autre, les joies de la bicyclette et de la paternité clandestine.

Ce sont ces contradictions qui ont séduit Henri TROYAT. Attentif à la vie privée de ZOLA comme à son parcours littéraire, il conjugue merveilleusement l'homme multiple qu'il fut avec l'oeuvre monumentale qu'il laisse. Au-delà du récit biographique, un dialogue d'écrivain à écrivain.

"ZOLA" d'Henri TROYAT. 1992. Collection "Grandes Biographies" chez Flammarion. 402 pages. 145 francs.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 18/06/2008, 02:18
Message #2
Je présenterais prochainement un par un les romans d'Emile ZOLA: la série des "Rougon-Macquart" (20 volumes) mais aussi la série des 3 Villes (Paris, Lourdes et Rome) et celle des 4 Evangiles (Fécondité, Travail et Vérité), voire Thérèse Raquin et ses Oeuvres Critiques (Mes Haines, Nos Auteurs Dramatiques, Le Roman Expérimental, Les Romanciers Naturalistes, La Vérité En Marche, etc...)

Emile ZOLA étant 1 de mes romanciers préférés....

Photo: Emile ZOLA photographié par Nadar en 1880:
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 18/06/2008, 16:50
Message #3
Emile ZOLA, né à Paris le 2 avril 1840, mort à Paris le 29 septembre 1902, est un écrivain, journaliste et homme public français, considéré comme le chef de file du "naturalisme".

C'est l'un des romanciers français les plus universellement populaires, l'un des plus publiés et traduits au monde, le plus adapté au cinéma et à la télévision. Sa vie et son oeuvre ont été étudiés dans le détail par la science historique. Sur le plan littéraire, il est principalement connu pour les "Rougon-Macquart", monumentale fresque romanesque en 20 volumes dépeignant la société française du Second Empire.

Les dernières années de sa vie sont marquées par son engagement dans son époque, lors de l'Affaire Dreyfus, dans laquelle il joue un rôle décisif par la publication du plus célèbre article de la presse française: "J'Accuse...!".
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 18/06/2008, 17:07
Message #4
L'ECOLE NATURALISTE

Le naturalisme est une école littéraire qui, dans les dernières décennies du XIX° siècle, cherche à introduire dans l'art la méthode des sciences expérimentales appliquées à la biologie par Claude Bernard.

Emile ZOLA, chef de file du naturalisme, expose cette théorie dans "Le Roman Expérimental" (1880). De la France, le naturalisme s'étend à toute l'Europe au cours des 20 années suivantes, fixant les recherches analogues qui existent déjà dans les différentes littératures nationales.

Pour certains, le naturalisme n'est qu'une deuxième étape du réalisme, pour laquelle un nouveau terme n'est même pas nécessaire. Pour d'autres, le naturalisme constitue le courant majeur qui regroupe Maxime GORKI, MAUPASSANT, Emile ZOLA, Gustave FLAUBERT, Léon TOLSTOI et Anton TCHEKHOV.

Nombreux sont ceux -pour ne pas dire la plupart- qui utilisent les termes "réalisme" et "naturalisme" alternativement, indifféremment ou associés. Cette confusion est due à l'absence de théorie claire du réalisme lui-même ; elle est aussi imputable à Emile ZOLA qui, dans sa volonté d'annexer au naturalisme de prestigieuses signatures antérieures, attribue le qualificatif de "naturalistes" à des auteurs comme Honoré de BALZAC, STENDHAL, Gustave FLAUBERT.

Il faut différencier Emile ZOLA, le scientifique, et BALZAC, le sociologue, qui dans "La Comédie Humaine" tente d'examiner toutes les couches sociales de la population.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 18/06/2008, 17:21
Message #5
LES ROUGON-MACQUART

Le titre générique "Les Rougon-Macquart" regroupe un ensemble de 20 romans écrits par Emile ZOLA entre 1871 et 1893. Il porte comme sous-titre "Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire".

Inspiré de "La Comédie Humaine" de BALZAC, l'ouvrage a notamment pour but d'étudier les tares héréditaires d'une famille sur 5 générations, originaire de Plassans, depuis l'ancêtre Adélaïde Fouque (née en 1768) jusqu'à un enfant à naître, fruit de la liaison incestueuse entre Pascal Rougon et sa nièce Clotilde (1874).

Emile ZOLA veut aussi dépeindre la société du Second Empire de la façon la plus exhaustive possible, en n'oubliant aucune des composantes de cette société et en faisant une large place aux grandes transformations qui se produisent à cette époque (urbanisme parisien, grands magasins, développement du chemin de fer, apparition du syndicalisme moderne, etc...).

Cet ensemble de romans marque le triomphe du mouvement littéraire appelé "naturalisme", dont Emile ZOLA est avec Edmond et Jules de GONCOURT, puis Guy de MAUPASSANT, le principal représentant.

Chaque roman est également lisible séparément, chacun ayant sa propre intrigue et son propre sujet indépendant. On peut aussi les lire dans le désordre de leurs publications, mais si l'on souhaite suivre et mieux comprendre "l'histoire" de cette famille, il est évidemment préférable de les lire dans l'ordre de leurs parutions.
Miniature(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 18/06/2008, 23:30
Message #6
Voici donc la présentation, numérotée, de chaque roman qui compose cette "Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire", les "Rougon-Macquart":

1- LA FORTUNE DES ROUGON

"La Fortune Des Rougon" est un roman d'Emile ZOLA publié en 1871, premier volume de la série "Les Rougon-Macquart". Le cadre est une petite ville appelée Plassans, qui correspond à Aix-en-Provence, où Emile ZOLA a passé son enfance et une partie de sa jeunesse, ainsi qu'à Lorgues, dans le Var, où se sont déroulés en décembre 1851 les évènements insurrectionnels décrits dans le roman. Le roman a un triple intérêt:

- Il marque le début de la généalogie des Rougon-Macquart, qui commence avec Adélaïde Fouque, dite Tante Dide, née en 1768. Elle a épousé un certain Rougon, jardinier dont elle a eu un fils, Pierre Rougon. A la mort de son mari, elle a vécu en concubinage avec Macquart, contrebandier et ivrogne, qui lui a donné une fille, Ursule Macquart, et un garçon, Antoine Macquart. Après la mort de Macquart, elle sombre peu à peu dans la folie. Ses 3 enfants ont donné naissance aux 3 branches de la famille:

a) Les Rougon, chez qui prédomine l'appât du gain et l'appétit de pouvoir.

cool.gif Les Mouret (mariage d'Ursule avec un chapelier ainsi nommé), branche où la fragilité mentale de l'ancêtre réapparaît souvent.

c) Les Macquart, branche la plus fragile, chez qui la folie d'Adélaïde se mêle à l'alcoolisme et à la violence de son amant.

-Ce roman correspond aux débuts du Second Empire, cadre dans lequel se situent tous les romans jusqu'à "La Débâcle" (guerre de 1870 et déroute de Napoléon III). L'action se déroule en effet dans les jours qui suivent le coup d'Etat du 2 décembre 1851: les Rougon profitent du coup d'Etat pour s'emparer du pouvoir politique à Plassans.

-Il raconte enfin une charmante histoire d'amour entre Silvère Mouret (fils d'Ursule) et Miette, fille d'un contrebandier condamné aux galères. L'histoire finit mal: les 2 jeunes gens participent à la résistance au coup d'Etat ; Miette est tuée pendant les combats tandis que Silvère est fusillé par un gendarme, sans que ses oncles Rougon interviennent pour le sauver.
Adélaïde Fouque, qui a assisté à la scène, devient folle et est enfermée dans un asile. Elle est alors âgée de 75 ans, mais elle survit jusqu'au dernier roman (Le Docteur Pascal), s'éteignant à l'âge de 105 ans.
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

véronique

Groupe: Modérateur
Lieu : creuse/gard

* 18/06/2008, 23:41
Message #7
j'adore tes bios (musicales ou littéraires) ....... à chaque fois, cela me donne envie d'aller plus loin ......... smile.gif
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 19/06/2008, 00:11
Message #8
Bonsoir ! Merci Véronique ! Je pense qu'il est vraiment intéressant de présenter l'oeuvre d'Emile ZOLA car, du moins à mes yeux, elle montre bien une "page" de l'Histoire où tout ce qui s'est passé n'est que le prémisse finalement de ce que nous "subissons" aujourd'hui. Le développement de l'ère industrielle et capitaliste, le progrès des techniques et de la science, etc...

J'adore l'Histoire du XIX° siècle en grande partie pour cette raison: qu'elle a engendré et enfanté tout ce que nous retrouvons aujourd'hui. Emile ZOLA n'est pas mort ! Ce qu'il a décrit n'a pas finalement guère changé. Tout l'intérêt de sa lecture ou de sa re-lecture réside là pour bien comprendre pourquoi et comment nous en sommes là actuellement.



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 19/06/2008, 01:14
Message #9
2- LA CUREE

"La Curée" est un roman d'Emile ZOLA paru en 1872, deuxième volume de la série "Les Rougon-Macquart".

Le personnage principal est Aristide Rougon, dit Saccard, qui va faire une rapide fortune en spéculant sur les futurs terrains à bâtir à l'époque des grands travaux menés à Paris par le baron Haussmann.

L'action se déroule à Paris. Eugène Rougon a fait carrière en politique grâce à son soutien à Napoléon III: il est ministre.

Son frère Aristide commence en bas de l'échelle par un modeste emploi. Sa femme s'appelle Angèle. Ils ont une fille (Clotilde) et un garçon (Maxime), ce dernier vivant encore à Plassans chez ses grands-parents. Ils vivent dans un modeste appartement 2 pièces. Eugène aide son frère à obtenir un emploi à la mairie de Paris, ce qui permet à ce dernier d'avoir accès à tous les plans des travaux d'Haussmann.

Sa femme meurt. Il envoie sa fille chez Pascal, un de ses frères et se marie à une jeune fille nommée Renée Béraud du Châtel, par intérêt.

Ayant pris le nom d'Aristide Saccard, il peut participer à la "curée", le dépeçage de Paris par les spéculateurs, tâche dont il s'acquitte à merveille. Il accumule rapidement une grande fortune en achetant à bas prix des immeubles entiers dont il sait qu'ils seront bientôt rachetés à prix d'or par la ville, qui souhaite les détruire afin de construire les futurs grands boulevards de la capitale.

Pourtant, Aristide a un train de vie faramineux et il ne refuse aucune dépense à ses proches. Ayant besoin de toujours plus d'argent, et alors qu'il accumule les échecs spéculatifs, il est bientôt forcé d'escroquer sa propre femme Renée, qui possède un important capital immobilier.

Le roman comporte également une intrigue amoureuse. Devenu veuf, Saccard a épousé Renée Béraud du Châtel, dont la fortune lui avait permis de se lancer dans la spéculation. Le couple est libre, chacun des 2 époux ayant de nombreux amants sans que cela gêne l'autre le moins du monde.

Jusqu'au jour où Renée, nouvelle Phèdre, tombe amoureuse de Maxime, fils que Saccard a eu de son premier mariage. La relation semi-incestueuse entre Renée et Maxime est finalement connue de Saccard, sans que celui-ci en soit vraiment affecté.

Le roman se clôt sur une Renée abandonnée par Maxime, dépossédée de sa fortune par Aristide, et qui sombre dans la folie avant de mourir d'une méningite.

Photos: Une des plus belles couvertures de ce roman + l'affiche d'un film sorti en 1966 adapté du roman:
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 19/06/2008, 02:01
Message #10
3- LE VENTRE DE PARIS

"Le Ventre De Paris" est publié en 1873, c'est le troisième roman de la série des "Rougon-Macquart".

L'action se passe pour l'essentiel aux Halles centrales de Paris, construites par Victor Baltard entre 1854 et 1870, énorme bâtiment à structure métallique dans lequel les murs sont remplacés par des vitres, la plus grande innovation architecturale du Second Empire.

Fasciné par les Halles, Emile ZOLA en fait dans son roman une sorte de monstre, comme le seront plus tard le grand magasin dans "Au Bonheur Des Dames", l'alambic dans "L'Assommoir" ou la locomotive dans "La Bête Humaine".

Les membres de la famille des Rougon-Macquart ne jouent pas un rôle essentiel dans ce roman: Lisa Macquart, une des soeurs de Gervaise (voir "L'Assommoir"), mariée à un nommé Quenu, y est une charcutière ; on voit aussi apparaître sa fille, Pauline Quenu, qui sera l'héroïne de "La Joie De Vivre", et surtout Claude Lantier, jeune peintre, futur héros du roman "L'Oeuvre".

Le personnage principal se nomme Florent, demi-frère de Quenu. Arrêté par erreur à la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il a été déporté au bagne de Cayenne en Guyane, dont il a réussi à s'évader. Il arrive à Paris en 1858, et obtient une place d'inspecteur au pavillon de la marée, à l'intérieur des Halles.

Mal à l'aise au milieu des disputes des harengères, Florent rêve d'un monde meilleur, et anime une petite société secrète. "Dénoncé" par Lisa, sous la pression de Mademoiselle Saget, il sera arrêté et fusillé pour la plus grande joie du quartier où les "gras", symbolisés par les Quenu, supportaient mal l'intrusion et les critiques des "maigres", représentés par Florent et Claude Lantier.
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 20/06/2008, 02:47
Message #11
4- LA CONQUETE DE PLASSANS

"La Conquête De Plassans" est un roman d'Emile ZOLA publié en 1874, le 4ième de la série "Les Rougon-Macquart".

L'action se situe à Plassans, le berceau des Rougon-Macquart, petite ville imaginaire qui correspond à Aix-en-Provence. La ville, acquise à Napoléon III grâce aux intrigues de la famille Rougon, est passée aux légitimistes.

Un prêtre bonapartiste, l'abbé Faujas, y a été envoyé pour la reconquérir. A son arrivée, il est logé chez François Mouret, fils d'Ursule Macquart, un commerçant retraité âgé de 45 ans dont le seul défaut est d'être assez maniaque, ce que supportent difficilement sa femme Marthe et ses enfants.

Avec l'arrivée de Faujas, de sa mère et du couple Trouche (Olympe Trouche est la soeur de Faujas), la vie de la famille se trouve bouleversée: l'abbé et ses complices, qui par ailleurs ont entrepris avec succès la reconquête de la ville, ont pris possession de l'esprit de Marthe, tandis que Mouret est mis à l'écart.

On arrive même à le faire enfermer comme fou à l'asile des Tulettes, où se trouve déjà sa grand-mère, Adélaïde Fouque.

Là, il devient réellement fou et, un soir où on l'a laissé s'échapper, il rentre à Plassans et met le feu à sa maison. Il meurt dans l'incendie, ainsi que l'abbé Faujas, sa mère et les Trouche. Quand à Marthe, elle meurt le même soir chez sa mère, des suites d'une phtisie qu'elle couvait depuis 30 ans.

Le roman tourne autour du thème de la folie, l'une des tares héritées par les descendants d'Adélaïde Fouque. Mais c'est aussi, et peut-être surtout, une violente attaque contre le clergé symbolisé par le personnage de Faujas, un prêtre sans foi ni loi, prêt à tout pour arriver à ses fins.

Emile ZOLA nous montre avec délectation une Eglise complice du pouvoir politique, tramant d'obscurs complots, utilisant la piété naïve des fidèles, notamment des femmes, à travers des pratiques où la foi n'est qu'un prétexte à d'autres ambitions.
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 20/06/2008, 03:25
Message #12
5- LA FAUTE DE L'ABBE MOURET

"La Faute De L'Abbé Mouret" est un roman d'Emile ZOLA paru en 1875, le 5ième volume de la série "Les Rougon-Macquart".

Faisant suite à "La Conquête De Plassans", c'est le second roman de la série qui traite du catholicisme, le thème étant les difficultés que rencontre un prêtre catholique qui a le malheur de tomber amoureux d'une femme.

Le héros, Serge Mouret, est le fils de François Mouret et de Marthe Rougon, personnages principaux du précédent roman.

Ordonné prêtre à l'âge de 25 ans, il choisit d'exercer son ministère dans le petit village des Artauds, à quelques kilomètres de Plassans, sa ville natale (qui correspond dans les romans d'Emile ZOLA à Aix-en-Provence).

Là, il sent se développer en lui le désir des sens, attisé par le spectacle de paysans se livrant sans retenue à la fornication. Ce désir se transforme en amour mystique pour la Vierge Marie, accompagné d'extases et de mortifications qui finissent par le rendre gravement malade.

A 2 doigts de mourir, il est confié par son oncle, le docteur Pascal, à un athée nommé Jeanbernat et à sa nièce Albine, qui vivent dans une propriété à l'abandon appelée "Le Paradou".

Au "Paradou", Albine va peu à peu réapprendre la vie à l'abbé Mouret. Dans cette sorte de paradis terrestre à la végétation luxuriante, ils vivent comme Adam et Eve et découvrent peu à peu l'amour, qui finit par devenir charnel.

Serge a trouvé son équilibre. Mais il va être brutalement chassé du paradis par le frère Archangias, qui lui rappelle ses devoirs de prêtre et le force à quitter Albine. L'abbé Mouret regagne sa paroisse, et tout désir s'éteint en lui.

Albine, qui était enceinte, se suicide lorsqu'elle voit que plus rien ne peut ramener son amant à la vie humaine.
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 20/06/2008, 03:56
Message #13
6- SON EXCELLENCE EUGENE ROUGON

"Son Excellence Eugène Rougon" est un roman d'Emile ZOLA publié en 1876, le 6ième volume de la série "Les Rougon-Macquart".

Il nous fait vivre la carrière politique d'Eugène Rougon sous le Second Empire: député des Deux-Sèvres sous la Deuxième République, il aide Napoléon III dans son coup d'Etat du 2 décembre 1851, puis entre au Sénat et au Conseil d'Etat, dont il devient président en 1856.

L'apogée de sa carrière se situe en 1858, quand il devient ministre de l'Intérieur. Mais il doit faire face à la haine de son ancienne maîtresse Clorinde Balbi, devenue maîtresse de l'empereur, qui provoque sa chute.

Cependant, en 1861, il revient au gouvernement comme ministre sans portefeuille. Entre temps, l'acharné partisan d'un empire autoritaire qu'il était s'est transformé en zélateur de l'empire libéral, prouvant ainsi qu'un homme politique qui veut réussir doit être capable de retourner sa veste à tout moment.

Le roman nous propose une vision sans complaisance du monde politicien d'alors, facilement transposable à la réalité d'aujourd'hui: trafics aux élections, luttes d'influence, imbrication du monde des affaires dans le politique, liens étroits de la presse officielle avec le pouvoir, etc...

Eugène Rougon y apparaît comme un homme dévoré par l'appétit de pouvoir (trait héréditaire des Rougon), n'ayant que mépris pour ses collaborateurs.

Sa seule faiblesse: il a peur des femmes et son comportement avec elles est particulièrement maladroit. D'où ses mésaventures avec Clorinde Balbi et son écartement temporaire du pouvoir.
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 23/06/2008, 03:26
Message #14
7- L'ASSOMMOIR

"L'Assommoir" est un roman d'Emile ZOLA publié en 1877, le 7ième volume de la série "Les Rougon-Macquart".

C'est un ouvrage consacré aux classes laborieuses, selon Emile Zola le premier roman qui a "l'odeur du peuple". L'écrivain y restitue la langue et les moeurs du peuple, tout en montrant les ravages dus à la misère et à l'alcoolisme.

Le succès de "L'Assommoir" a été énorme, assurant la fortune de son auteur, le tout sur fond de polémique, la droite lui reprochant sa pornographie et la gauche l'accusant de salir le peuple.

Emile ZOLA a défendu, dans sa préface son oeuvre contre l'un et l'autre: "J'ai voulu peindre la déchéance fatale d'une famille ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs. Au bout de l'ivrognerie et de la fainéantise, il y a le relâchement des liens de la famille, les ordures de la promiscuité, l'oubli progressif des sentiments honnêtes, puis comme dénouement la honte et la mort. C'est la morale en action, simplement. "L'Assommoir" est à coup sûr le plus chaste de mes livres."

L'héroïne est Gervaise Macquart, une Provençale originaire de Plassans, qui a suivi son amant le chapelier Auguste Lantier à Paris avec ses 2 enfants Claude et Etienne. Très vite, Lantier, paresseux et infidèle, quitte Gervaise, ne supportant pas de vivre dans la misère.

La jeune femme devient blanchisseuse et accepte d'épouser Coupeau, un ouvrier-zingueur auquel elle finit par céder autant par lassitude que par faiblesse. Ils auront une fille, Nana, héroïne d'un autre roman des "Rougon-Macquart".

Gervaise, grâce à son voisin Goujet, un forgeron amoureux d'elle mais qui n'ose avouer son amour, achète une blanchisserie qui lui permet très vite d'acquérir une certaine aisance bien que Coupeau, tombé d'un toit, soit désormais pour elle un fardeau plus qu'une source de revenus.

La situation se détériore de plus en plus avec le retour de Lantier, que Coupeau accepte d'héberger sous son toit et qui redevient l'amant de Gervaise. Coupeau, sobre avant son accident, boit de plus en plus, et Gervaise finit à son tour par sombrer dans l'alcoolisme. De déchéance en déchéance, Gervaise perd son commerce et sombre dans la misère.

Photo: Un tableau de Degas orne la couverture de ce livre:
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 23/06/2008, 03:45
Message #15
Après avoir vu mourir Coupeau (dont les crises de "delirium tremens" sont un des moments forts du roman) à Sainte-Anne, Gervaise se retrouve presque à la rue, faute d'argent. Elle tente même de se prostituer pour survivre, avant de s'éteindre elle-même, victime de la faim et de la misère, dans une niche située sous le principal escalier de l'immeuble de la rue de la Goutte-d'Or, autre "monstre" longuement décrit par Emile ZOLA dans le roman.

Ainsi, après avoir goûté à l'espoir d'une vie heureuse et prospère, Gervaise tombe dans la débauche, dans la fange, scellant d'une façon crue et froide ce roman, parfait spécimen de littérature naturaliste.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 23/06/2008, 03:54
Message #16
Le sujet principal abordé dans ce livre est le malheur causé par l'alcoolisme. Le principal lieu de débauche est 'L'Assommoir", débit de boissons tenu par le père Colombe dont le nom est ironique car une colombe apporte la paix alors que ce dernier rend les gens violents et répand le malheur dans la classe ouvrière.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 23/06/2008, 04:07
Message #17
Au milieu du café du père Colombe, trône le fameux alambic, une machine infernale qu'Emile ZOLA transforme, au fil du roman, en "monstre", une tornade dans laquelle chacun finit par sombrer.

C'est également cette machine qui va enlever chaque fois un peu plus de bonheur à Gervaise. D'abord Lantier, puis Coupeau, et enfin elle qui, ruinée, devra vendre sa blanchisserie (sa plus grande réalisation) puis sombrera dans la misère pour mourir de faim car trop laide pour se prostituer.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 23/06/2008, 04:22
Message #18
2 ans après sa parution, "L'Assommoir" fut adapté au théâtre par William Busnach et Gustave Gastineau, avec l'aide d'Emile ZOLA. La première eut lieu le 18 janvier 1879, et connut un vif succès.

On appréciait notamment le tableau du "Lavoir", avec la fessée à coups de battoir, violente bagarre opposant Gervaise à Virginie (soeur de la maîtresse de Lantier).

Il y eut également par la suite de nombreuses adaptations au cinéma, la plus célèbre étant sans doute "Gervaise", film de René Clément sorti en 1956.
Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 27/06/2008, 22:34
Message #19
8- UNE PAGE D'AMOUR

"Une Page D'Amour" est un roman d'Emile ZOLA publié en 1878, le huitième volume de la série "Les Rougon-Macquart".

L'héroïne est Hélène Grandjean, fille d'Ursule Macquart et du chapelier Mouret. A l'âge de 17 ans, elle épouse un nommé Grandjean qui lui a donné une fille, Jeanne, maladive et en proie à des "crises" régulières.

La famille monte à Paris, où Grandjean meurt après son arrivée. Veuve d'un homme qu'elle n'a jamais vraiment aimé, Hélène est prise d'une passion violente pour le docteur Deberle, son voisin qui l'a secourue lors d'une des crises de sa fille. Mais cette dernière éprouve pour sa mère une passion non moins violente: elle ne supporte pas de la voir sourire à d'autres enfants ou à d'autres hommes.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 27/06/2008, 22:51
Message #20
Le jour où Hélène se donne à Deberle, Jeanne, qui avait tout pressenti, se met à sa fenêtre sous la pluie et contracte ce qu'on appelait alors une phtisie galopante, dont elle meurt 3 semaines plus tard.

Par la suite, Hélène épousera un nommé Rambaud, avec qui elle ira vivre à Marseille.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post


7 Pages V   1 2 3 > » 
Reply to this topicStart new topic
0 membre(s):

 

Voir le classement des sites les plus populaires
RSS Version bas débit Nous sommes le : 14/11/2018 - 21:19