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> PIERRE-AUGUSTE RENOIR

podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 03/03/2010, 23:48
Message #1


Source des articles: http://renoir.chez.com



Image attachée

Pierre-Auguste Renoir est né à Limoges le 25 février 1841.

Image attachée

Son père, Léonard Renoir est tailleur.

Image attachée

Sa mère, Marguerite Merlet, couturière

Cette famille modeste, de six enfants, décide en 1845 de venir à Paris dans l'espoir d’y trouver de meilleures conditions de travail.

A 7 ans, Renoir entre chez les Frères des écoles chrétiennes.

Renoir dessine déjà très bien et remplit de dessins, ses cahiers de classe.

Rapidement, il doit contribuer à l'entretien de sa famille. Ses parents décident de le retirer de l'école et, à 13 ans, il entre en apprentissage chez les frères Lévy dans un atelier de peinture sur porcelaine.

Pendant quatre années, il va peindre des fleurs, des bouquets et autres ornements sur des assiettes de porcelaine.

En 1858, les procédés d'impression mécanique prennent le pas sur le travail manuel. Les Frères Lévy doivent fermer et, à 17 ans, Renoir doit chercher un autre travail.

Il entre alors chez M Gilbert, il peint des fêtes galantes ou mythologiques à la manière de Watteau sur des stores et des éventails. Tout comme chez les frères Lévy, il est très apprécié par son employeur pour son travail remarquable de décorateur, mais il ne pense qu'à une seule chose:

Devenir un jour peintre"




"Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension"
Gandhi
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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 03/03/2010, 23:56
Message #2
Ses débuts (1862 - 1869)

En 1862, il se décide à abandonner son métier. Il est reçu à l'école des beaux-arts, 68e sur 80 et s'inscrit dans l'atelier de Charles Gleyre.

Il a 21 ans, il est enfin "peintre". C'est une vie difficile qui commence pour lui car il faut manger, payer l'atelier, les modèles et les cours.

Dans l'atelier, Renoir fait connaissance d'Alfred Sisley, de Frédéric Bazille et de Claude Monet. Ils ont tous à peu près le même age et des préoccupations semblables. Les plus aisés vont aider les plus démunis. Ils vont travailler et se distraire ensemble. Ils admirent Delacroix, Corot, Courbet et ne jurent que par Edouard Manet.

Lorsqu'en 1864, Charles Gleyre prend sa retraite, Renoir et ses amis décident de continuer seuls.




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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 04/03/2010, 00:07
Message #3
Au printemps, ils se retrouvent dans la forêt de Fontainebleau pour peindre en plein air.


Image attachée


Jules Le C½ur et ses chiens dans la forêt de Fontainebleau (1866)



Ils se retrouvent également dans le cabaret de la mère Antony, rendez-vous des futurs impressionnistes bientôt appelés "la bande à Manet".


Image attachée


Cabaret de la Mère Antony (1866)


Vers 1866, il rencontre Gustave Courbet dont on retrouve l'influence dans "Diane chasseresse".


Image attachée


Diane chasseresse (1867)




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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 04/03/2010, 00:27
Message #4
A la même époque, chez Jules le C½ur, Renoir fait la connaissance de Lise Tréhot. Elle a 18 ans et va devenir sa maîtresse. Elle sera son modèle préféré jusqu'au début des années 70. Elle épousera par la suite à Paris, à la Mairie du XVIème arrondissement, le 21 juin 1883, l'architecte Jean Vivien Georges Brière de l'Isle.


On sait depuis peu que Lise eut deux enfants de Renoir, lequel ne les reconnaîtra pas : Pierre, né à Ville-d'Avray le 14 septembre 1868 et Jeanne, née à Paris (10ème arrondissement) le 21 juillet 1870. Leur existence a été révélée en 2002 dans le catalogue de l'exposition « Renoir, O Pintor da Vida » qui a eu lieu à São Paulo (Brésil). Grâce à deux communications signées respectivement Marc Le Coeur et Jean-Claude Gélineau - lesquels ont découvert respectivement Pierre et Jeanne Tréhot - on sait aujourd'hui ce qui fut, durant plus d'un siècle, un secret de famille. On ne connaît de la vie de Pierre que sa naissance. Par contre, on sait que Jeanne vécut jusqu'en 1934. Renoir qui cacha son existence à sa famille entretint avec elle des relations régulières jusqu'à sa mort, en 1919. Il établit un testament en sa faveur. On notera que les deux premiers enfants de Renoir et Aline Charigot se prénommeront respectivement Pierre et Jean (le masculin de Jeanne !)

Nombre de toiles de Renoir de la fin des années soixante et du début des années soixante-dix portent le nom de Lise: "Lise à l'Ombrelle", "Lise cousant",
"Lise ou la bohémienne".

Image attachée


Lise cousant (1866)



Image attachée


Lise à l’ombrelle (1867)



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Lise ou la bohémienne (1868)



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gene

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* 04/03/2010, 18:18
Message #5
merci pour ces beaux portraits, on dirait des photos .
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_Denis_

Invité

* 04/03/2010, 18:22
Message #6
Bel ouvrage, Podcol, Ourf!
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anihiliste

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Lieu : valenciennes les bains

* 05/03/2010, 06:15
Message #7
rolleyes.gif .....Merci pour ces peintures.............................Sans doute, un des plus grands peintres ..............Image attachée
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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 05/03/2010, 23:13
Message #8
... de rien Gene, Denis et Anihiliste, merci à vous aussi, mais je n'ai pas fini ourf (pour Denis le ourf)



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podcol

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* 05/03/2010, 23:36
Message #9

Les temps sont durs pour les jeunes peintres, Renoir n'a plus un sou depuis bien longtemps. Il se rend régulièrement à Bougival pour retrouver Monet, aussi démuni et miséreux que lui. Ils ne mangent pas tous les jours à leur faim et comme leurs amis Sisley et Pissarro subsistent plus qu'ils ne vivent. Pourtant, même s'ils ne peuvent acheter toutes les couleurs dont ils ont besoin, c'est dans leur art qu'ils vont puiser l'espoir et l'envie de se battre.

Et c'est ensemble, sans jamais se décourager que Renoir et Monet vont peindre sur la rive d'un lieu à la mode: "La Grenouillère", un caboulot, monde de couleur et de gaieté, entre Chatou et Bougival où l'on se retrouve pour discuter, danser, et faire du canotage.



Image attachée


La grenouillère (1869)




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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 05/03/2010, 23:52
Message #10
En ces années 1860-1870, il est plus que vital, pour Renoir et ses amis,

Se faire connaître (les salons)

La période "impressionniste"

A l'époque, pour un peintre, la seule solution pour se faire connaître est de participer aux salons. Cependant le jury du salon officiel et le public acceptent mal les jeunes peintres en rupture totale avec le classicisme du moment.

En 1864, Renoir fait un premier envoi pour attirer l'attention des amateurs : "la Esmeralda" inspirée de Notre Dame de Paris. La toile est acceptée mais après la fermeture du salon, Renoir se livre à une autocritique, la trouve mauvaise et la détruit.

En 1865, il envoie un portrait de "William Sisley", le père de son ami, et "Soirée d'été". Les deux toiles sont acceptées.


Image attachée

Portrait de William sisley (1864)


Renoir est ravi mais va déchanter. En 1866, ses toiles et celles de ses amis sont refusées.



En 1867, "Diane chasseresse" est à son tour refusée



Enfin, en 1868, "Lise à l'Ombrelle" est acceptée.



Malgré cela, la critique et les jurys continuent de mener la vie dure aux jeunes peintres qui n'arrivent pas à percer.

Au printemps 1870, Renoir et ses amis participent au salon mais la guerre contre la Prusse et ses alliés éclate en juillet. Renoir rejoint le corps des cuirassiers.

Après son service militaire, il rentre à Paris en 1871.

En 1872, Renoir propose de nouveau une toile au salon: "Parisiennes habillées en Algériennes".

Elle est refusée.



Image attachée

Parisiennes habillées en Algériennes (1872)




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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 06/03/2010, 00:00
Message #11
Pour s'en sortir, les jeunes peintres décident de créer une société et d'organiser une exposition parallèle au salon officiel. La première exposition "impressionniste" ouvre le 15 avril 1874, Boulevard des Capucines. Trente artistes y participent dont Cézanne, Degas, Guillaumin, Monet, Berthe Morisot, Sisley et Renoir.

Renoir expose six toiles dont

"La Parisienne ou la Dame en bleu" et la plus remarquée: "La loge".


Image attachée

La Parisienne ou la dame en bleu (1874)

Image attachée

La loge (1874)



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podcol

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* 06/03/2010, 00:12
Message #12
L'exposition n'attire que 3500 visiteurs, le salon officiel, 400 000. La critique se déchaîne ; on les traite de fous et de barbouilleurs. La société est mise en liquidation. C'est un échec financier. Louis Leroy écrit dans le "Charivari", journal satirique: « les tableaux sont exécutés avec négligence » et l'exposition est « à faire dresser les cheveux sur la tête ». Il conclut que « l'idéal de ces jeunes peintres semble contenu dans le seul mot d'impression ». Il venait de baptiser ce nouveau style. Les autres critiques reprendront rapidement le terme "d'impressionnistes", terme qui, dans une toute autre version, est attribué à Claude Monet.


Un jour d'exposition, un de ses tableaux n'avait pas de nom. L'homme qui accrochait demanda: «quel titre lui met-on ?» et Monet répondit : « Je ne sais pas... "Impression, soleil levant" par exemple ». Le terme "impressionniste" viendrait, selon cette version, de ce tableau aujourd'hui exposé à Marmottan.

Image attachée


Impression, soleil levant (Monet 1872)



Auguste Renoir avait, quand à lui, une définition toute personnelle de la création de l'impressionnisme.






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Alayn

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Lieu : Creuse

* 06/03/2010, 01:04
Message #13
Bonsoir ! Superbe ! Merci Podcol ! Cette bio d'Auguste RENOIR enrichit cette rubrique où j'ai déjà parler d'autres peintres impressionnistes: Claude MONET, Camille PISSARRO, Armand GUILLAUMIN, etc...

Pour + d'infos, je conseille également d'aller voir dans cette même rubrique le topic "L'Ecole de Crozant" qui traite des peintres impressionnistes et de "plein air" qui sont venus en Creuse dont, entre autres, Claude MONET.

Egalement d'aller voir le topic sur Emile Zola (rubrique "Bibliothèque") et plus particulièrement l'analyse de son roman "L'Oeuvre" qui traite en détail de la vie des peintres impressionnistes du XIXe siècle et de leurs difficultés. (ce qui complète bien par exemple la question des Salons officiels et de ce qui était appelé le "Salon des Refusés")

Pour ce qui est de l'origine exacte du terme "impressionniste", je n'ai aucune certitude...



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
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podcol

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Lieu : Creuse et Normandie

* 06/03/2010, 09:59
Message #14
Merci Alayn, moi non plus je ne connais pas l'origine exacte du terme "impressionniste" et je pensais que cela venait du tableau de Monet, manifestement, rien n'est sûr... Peut-être que Papounet pourrait nous éclairer?!... rolleyes.gif Papououououououououneeeeeeeet reviens!...



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podcol

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* 08/03/2010, 01:44
Message #15
En 1875, l'année suivant la première exposition, une grande vente aux enchères de tableaux "impressionnistes" est organisée à l'Hôtel Drouot, sur l'initiative de Renoir, afin de récupérer quelque argent. La critique est une fois de plus sans pitié; c'est un nouveau désastre.

Heureusement, pendant cette période difficile, des amateurs éclairés vont les encourager et les aider en achetant quelques toiles. Même peu conséquente, la moindre vente est d'une importance capitale.

Parmi eux,

- le marchand Paul Durand-Ruel qui a repris, en 1862, la galerie de son père. Dès 1870, il s'intéresse à Monet, Sisley, Pissarro, et à Renoir vers 1873. Même si, avec le temps, ses achats furent plus que fructueux, il lui fallut courage, patience et ténacité pour aider les impressionnistes dans une période où personne ne croyait en eux.


Image attachée


Paul Durand-Ruel (1910)




- Théodore Duret qui, le premier, va consacrer une étude positive aux impressionnistes. Il achètera, entre autres, "La femme à l'ombrelle" pour 1200 francs qui permettront à Renoir de s'offrir un meilleur atelier.

- le père Martin, petit marchand passionné par tous les impressionnistes

- l'écrivain Arsène Houssaye et le peintre Caillebotte.

Plus tard, en 1875, Renoir trouvera en Victor Chocquet, fonctionnaire des douanes, un admirateur et un ami. Chez l'éditeur Georges Charpentier, dont il fréquente le salon, il recevra de nombreuses commandes de portraits qui lui permettront de continuer à peindre et de réaliser nombre de toiles célèbres.



Image attachée

Portrait de Madame Chocquet en blanc (1875)


Image attachée

Portrait de Monsieur Chocquet (1876)



Image attachée

Victor Chocquet (1876)



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Portrait de Madame Georges Charpentier (1876/1877)









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podcol

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* 08/03/2010, 23:43
Message #16
C'est en avril 1876 que la seconde exposition des "impressionnistes" est organisée. Cette fois, elle a lieu à la galerie Durand-Ruel, rue Le Peletier. Renoir présente quinze toiles dont six appartenant à Victor Choquet. Nouvelles critiques virulentes: « Cinq ou six aliénés ... s'y sont donnés rendez-vous pour exposer leurs ½uvres ».

Renoir continue à peindre de façon acharnée mais la troisième exposition des impressionnistes, en 1877, ne marche pas mieux que les précédentes. Il se résigne, par nécessité, à se rapprocher du salon officiel. En 1878, il envoie au salon, "La tasse de Chocolat" qui est acceptée.

En 1879, il envoie

le "Portrait de Jeanne Samary", accepté


Image attachée



Portrait de Jeanne Samary dit « La Rêverie » (1877)

et

"Madame Georges Charpentier et ses enfants".

Cette seconde toile sera couverte d'éloges par le Jury

Image attachée


Madame Georges Charpentier et ses enfants (1878)


Pissarro écrit : « Renoir a un grand succès au Salon. Je crois qu'il est lancé, tant mieux, c'est si dur la misère ! » Signalons également que Pissarro épousera une jeune femme, Julie Vellay, originaire de Grancey-sur-Ource, un village de Côte-d'Or situé à moins de 10 kilomètres d'Essoyes.

Pendant ces années "misère", Renoir aura peint
de fabuleuses toiles impressionnistes, aujourd'hui des chefs d'oeuvres connus dans le monde entier.

Mais il n'en reste pas là. Georges Charpentier lui offre la possibilité d'organiser une exposition individuelle de pastels. Cette manifestation attire sur lui l'attention de nouveaux mécènes comme le diplomate Paul Bérard qui deviendra, plus tard, un ami très proche.

En 1879, 1880, 1881, Renoir ne participe pas aux expositions des impressionnistes

En 1880, Il rencontre une jeune modiste,
Aline Charigot, qui travaille non loin de son atelier. Elle a vingt ans, elle posera pour lui dans de très nombreux tableaux. Ils se marieront en 1890, cinq ans après la naissance de Pierre, et auront trois enfants, Pierre, Jean et Claude.

Avec Aline, il se rend souvent à La Grenouillère ou à
l'Auberge du père Fournaise. Aline posera une première fois dans:

"Les Canotiers à Chatou" (1879)

Image attachée

et comme tous les amis de Renoir elle participera à l'une des toiles majeures de Renoir qu'il achèvera en 1881:


Image attachée


Renoir est connu, apprécié, il peut maintenant profiter de la vie,





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podcol

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* 12/03/2010, 00:01
Message #17
La période "sèche"

En 1881, Renoir a quarante ans ; il a terminé le déjeuner des Canotiers. Pour la première fois il va pouvoir voyager. Il ira en Algérie mais sera conquis par l'Italie, surtout par Venise, qu'il évoquera dans plusieurs toiles.

Image attachée



La place San Marco (1881)



Image attachée



Le Palais des Doges (1881)




De ce voyage, il restera marqué par la beauté des fresques de Raphaël et les huiles de Ingres. Ces deux grands peintres vont désormais influer sur la manière de peindre et de dessiner de Renoir.

A partir de ce moment, Renoir doute et remet son ½uvre en question. Il s'éloigne de plus en plus de l'impressionnisme, les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides.

La transition sera progressive car Renoir est en perpétuelle recherche d'un art pictural absolu. Dès fin 1881, il écrit à Durand-Ruel: « Je suis encore dans la maladie des recherches. Je ne suis pas content et j'efface, j'efface encore... »

L'évolution de la peinture de Renoir est visible dans plusieurs ½uvres, par exemple dans les trois grandes toiles réalisées en 1883 pour décorer l'appartement de Durand-Ruel. Dans ces trois panneaux verticaux sur le thème de la danse, la rigidité des traits, particulièrement pour le personnage masculin, s'accentue au fil des tableaux. Dans le tableau "Les parapluies", les deux styles de peinture se côtoient. A gauche, une femme assez "rigide" et à droite des enfants plus fluides, de touche
"impressionniste

Image attachée



Danse à Bougival (1883)



Image attachée



Danse à la campagne (1883)



Image attachée



Danse à la ville (1883)



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Les parapluies (1881 à 1886)










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podcol

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* 12/03/2010, 00:10
Message #18
Cette période de 1883 à 1888 sera appelée période "sèche", "aigre" ou "ingresque".

Renoir est devenu l'ami intime de Paul Bérard, diplomate et banquier qui l'avait remarqué quelques années plus tôt.

De 1883 et 1886, il travaille souvent à Wargemont dans la propriété de celui-ci.

Le tableau des enfants Bérard qu'il peindra en cette année 1884 n'a rien de commun avec celui réalisé en 1881 et témoigne de la rigueur de Renoir en cette période

Image attachée



Les enfants Bérard (1881)

Le 21 mars 1885 est un événement pour Renoir, la naissance de son premier fils, Pierre. Renoir laisse de côté les toiles en cours et se consacre à une série de dessins et de toiles sur le thème de la maternité

Image attachée

Maternité (1886)



Il a rendu hommage, quelques mois auparavant, à la future mère de son enfant dans une toile intitulée "Aline Charigot" qu'il gardera jusqu'à sa mort. Ce portrait servira de "carton", en 1916, après le décès d'Aline, pour la réalisation d'une sculpture intitulée "Buste de Madame Renoir". Renoir dirigera alors un jeune sculpteur catalan, élève de Maillol, nommé Richard Guino, qui sera le praticien attitré du maître durant plusieurs années. Un tirage de ce buste, récemment dérobé par des profanateurs, a décoré la tombe d'Aline dans le cimetière d'Essoyes.



Image attachée


Aline Charigot (1885)



Renoir se remet à l'ouvrage ; il travaille sur un grand projet. Il lui faudra trois ans pour réaliser la toile considérée comme la toile majeure de cette période "sèche":


Image attachée


Et pourtant des avis mitigés vont accueillir ce tableau. Paul Durand-Ruel n'aime pas ce nouveau style, ses amis peintres sont réservés et regrettent, pour la plupart, la fluidité d'antan et la souplesse de son trait impressionniste.

En 1889, alors qu'il refuse de participer à l'exposition universelle, il se justifie en déclarant : « Je trouve tout ce que je fais mauvais et il me serait on ne peut plus pénible de le voir exposer ».

Evoluer et évoluer encore, telle est la raison de peindre de Renoir ; ainsi glissera t-il lentement vers la volupté de "la période nacrée".

Au vu de l'immensité de son ½uvre, la période dite "ingresque" est de très courte durée
avec des toiles plus rudes, certes, mais si belles.








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Alayn

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* 12/03/2010, 01:00
Message #19
Bonsoir ! Moi, j'aime bien cette période dite "sèche" d'Auguste RENOIR: les toiles sont nettes, détaillées, limpides, réalistes, justes.

J'attends la période "nacrée" pour comparer...



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podcol

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* 12/03/2010, 01:35
Message #20
CITATION(Alayn @ 12/03/2010, 01:00) *
Bonsoir ! Moi, j'aime bien cette période dite "sèche" d'Auguste RENOIR: les toiles sont nettes, détaillées, limpides, réalistes, justes.

J'attends la période "nacrée" pour comparer...


Merci pour ton enthousiasme, je vois que tu connaîs bien l'artiste!... la suite sans doute un autre jour, because I'm tired...
Sais-tu que le personnage que l'on voit dans "le -fameux- déjeuner des canotiers", sur la gauche, avec le chapeau et tenant le petit chien, n'est autre que son épouse qui à l'époque avait 22 ans (Aline Charigot), mais ce n'est pas à un érudit tel que toi que je vais apprendre ça.. wink.gif



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