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Forums Creusois _ Théâtre _ POÈMES OU COMPTINES

Ecrit par : podcol 27/06/2009, 00:46




Ecrit par : Jack 27/06/2009, 22:12

TU SERAS UN HOMME MON FILS

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling

Ecrit par : Jack 27/06/2009, 22:19

Chanté par Bernard Lavilliers:

http://www.youtube.com/watch?v=E1gDoZpl7Fk

Ecrit par : véronique 27/06/2009, 23:00

et bien je suis désolée...... mais je ne serai jamais "un homme".............

j'entends déjà jack rigoler......... alors, je le dis avant lui.........remarque, ça tombe bien ! wink.gif

Ecrit par : véronique 27/06/2009, 23:57

c'est quoi ça déjà comme temps.......? (je n'ai tjrs pas retrouvé mon bécherel, dans ce qui sert de chambre à mon fils)

Ecrit par : véronique 28/06/2009, 00:19

ah! le voilà notre alayn ! fidèle au poste........

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 00:22

"Anarchie ! C'est toi la plus belle !
Anarchie ! Un chemin sans chaînes !"

Bon, c'est pas vraiment une comptine, c'est un chant de luttes signé Alayn. (arf ! Les choeurs !).
-Extrait de la chanson "Anarchie".

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 00:29

Bonsoir ! Trouves-moi du Emile Verharen et tu seras ma copine ! (arf !) -le poète de mon enfance !

Sinon, en attendant, j'ai du Alayn en stock, extrait de "Marijuana Blues" (arf !):

"Toi, t'es un un peu malin
Tu sais ce que tu as à faire !
C'est pas d'la Colombienne frelatée
Que tu fais pousser dans ton jardin" (arf ! mes choeurs !)

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 00:38

CITATION(podcol @ 28/06/2009, 01:24) *
Bonsoir Alayn, comment va depuis hier soir? ? ? ... What news?


Bonsoir ! Je vais bien et toi tu(yau de poêle-arf !) ???
Le bien étant de pas se faire de mal ! (arf ! -çà rime...)

Ecrit par : véronique 28/06/2009, 00:41

salut alayn !

tu m'as l'air en grande forme ce matin ?? wink.gif

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 00:44

Vive Piou-Piou (qui n'est + qu'un civet-arf !)

"Bakoukine, ce camarade-vitamine..." Leo FERRE.

La poésie non-révolutionnaire est du pipi de chat (arf !) Du bla-bla pédant et perte de temps !

Ecrit par : véronique 28/06/2009, 00:50

bon les enfants, je dois vous quitter........ mais sans grande peine puisque je vois que vous vous entendez bien !!

jusqu'à mardi, je ne pourrai pas passer bcp de temps avec vous (boulot oblige)..... je me rattraperai après........ bisous, bisous wink.gif

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 00:52

Bonsoir ! Ah génial, merci ! Emile Verhaeren est 1 des rares poètes qui m'émeut (je sais même pas pourquoi, c'est con...ourf !)

(Bonne nuit Véronique, on se tient au jus et qu'Emile Verhaeren berce ta nuit !).

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 00:59

Bon, ben bonne nuit à vous ! Je commençais à émerger... (arf !)

Merci Podcol ! Emile Verhaeren était incommensurable !
C'est inexplicable... !

"Si je suis sage
J'aurais mon image
Et mon bon point
Et j'irais pas au coin !"

ARF !

Ecrit par : Alayn 28/06/2009, 23:03

Bonsoir ! Ah ! Les poèmes d'Emile Verhaeren, quelle beauté !

Ecrit par : véronique 28/06/2009, 23:12

Hé dit donc alayn....... l'est drôlement gentille avec toi le podcol !! wink.gif t'en as de la chance......... c'est pas le papounet qui me fera ça..........

Ecrit par : Jack 29/06/2009, 09:39

CITATION
et bien je suis désolée...... mais je ne serai jamais "un homme".............

j'entends déjà jack rigoler......... alors, je le dis avant lui.........remarque, ça tombe bien !

rolleyes.gif

Ecrit par : gene 29/06/2009, 12:12

Merci Podcol, justement je repensais à ce poème d'Edmond Rostand que j'avais appris à l'école et ça tombe bien parce que maintenant j'ai 2 chatons

CITATION(podcol @ 28/06/2009, 01:40) *
(Pour ton piou-piou)

Le Petit Chat

C'est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s'assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu'on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s'amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d'abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l'air étonné d'avoir déjà fini.
Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Edmond Rostand

Ecrit par : véronique 29/06/2009, 14:48

sont bien jolis ces chatons............ le 1er est une fille et le 2ème ? et comment s'appellent ces deux nouveaux membres ?

Ecrit par : speedyvera 29/06/2009, 17:01

Ils sont trés jolie votre petites chatons...
L'anneé pase j'ai ramasse une en Portugalie ...la noir mama et le tigre un fraire



et la voici maintenent





CITATION
Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.



Trés bien ecrit et perfect valable pour toutes les felines smile.gif













Ecrit par : Alayn 29/06/2009, 21:29

"Que les chats
Qui pissent sur les ordis
Soient à jamais maudits !" (arf !)

Ecrit par : Jack 29/06/2009, 21:48



Ecrit par : Alayn 29/06/2009, 21:56

ARF !

"Tous les chats sont pas gris
Et tous ne pissent pas sur les ordis
Mais bref, arf !"

Ecrit par : Alayn 30/06/2009, 00:21

Bonsoir ! Ton ordi ne risque rien donc ! (arf !) Quel coup de Pot de colle ! (ourf !)

Ecrit par : Alayn 30/06/2009, 01:23

L'intérêt principal à mes yeux étant et restant que tout le monde profite des sublimes poèmes d'Emile Verhaeren. (et perso, sincèrement, je t'en remercie ; c'est comme un bon Camille PISSARRO dans le domaine pictural ou un MARILLION de derrière les fagots musicalement !)

Nous pourrions d'ailleurs refaire dans le même état d'esprit en prenant Emile Verhaeren (ou un autre poète, pas de soucis !) le "quizz" que nous avions fait l'an dernier avec Claude Monet (voir dans la rubrique "Peintres et Tableaux" -hormis désoled pour toi Podcol, on a omis la série de tableaux de la "cathédrale de Rouen" en bons mécréants, de ce peintre -mais on pourra la combler-cette lacune- si il te sied...) dans le même état d'esprit: de qui est ce poème ? Quelle année ? etc... (arf !)

Tu nous balances un petit Guillevic pour la route ? (arf !)

Ecrit par : Alayn 01/07/2009, 03:54

Ces vieux poètes ont bercé mon enfance...
Y manque plus que Rimbaud, Boris Vian, Baudelaire, Verlaine et Alfred de Musset ! (arf !)

"Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aaaaimeuh !"
(Johnouille-le poète des temps modernes-à que !)
ARF !

Ecrit par : Jack 01/07/2009, 08:43



Ecrit par : Jack 01/07/2009, 09:55

CITATION
oui oui, prof à l'ancienne: chignon, lunettes, blouse, règle pour frapper sur le bout des doigts des élèves pas sages, bonnet d'âne, mise au coin, punitions débiles: "tu me copieras 200 fois, je ne dois pas regarder par la fenêtre quand le professeur explique la leçon",

Super Nanny!!! T'es démasquée!!!

CITATION
à faire signer par les parents bien sûr!..

Là tu prends des risques!! laugh.gif

Ecrit par : Alayn 02/07/2009, 22:41

Bonsoir ! Superbe ton illustration Jack avec la fille enlacée dans un poème: sublissime...

Du Rabelais, du Rabelais, du Ruteboeuf, du Francis Lalanne Podcol !!!! (arf !)

Anecdote: il y a quelques années de cela, un prof théâtreux (arf !) nous avait tous scotché en nous apprenant que Victor Hugo fut également un poète... ! (véridique) Perso, je n'avais qu'accroché que sur son bouquin "1793". (car "Les Misérables" ; "Notre Dame de Paris", etc, au secours ! oublions !)

Tu sais que j'aime les profs qui ont de la culture ? (arf !)
(Villon , c'est très bien ! Repopularisé d'ailleurs grâce à Georges Brassens. Je pense que sinon...)

Ecrit par : Alayn 02/07/2009, 22:55

Bonsoir ! Faut pas me dire des trucs comme çà Podcol, Francis LALANNE est mon Dieu ! (arf !):

"Et si la mort nous programme
Sur son vieil ordinateur
Promets-moi de ne pas en faire un drame
De ne pas en avoir peur...

Pense à moi comme je t'aaaaime !
Rien ne nous sépaaaarera..."

(On Se Retrouvera) Francis LALANNE. 1986. Musique du film avec Alain Delon "Le Passage" réalisé par son frère Gérard Kracwsyck.

(Plus d'infos sur Francis LALANNE (-le plus grand poète contemporain actuel-arf !) dans la rubrique ici-même "Music-Hall".

Sinon, bien le Maurice Rollinat ! L'ami de George Sand (enfin 1 de ces... because elle en a eu plein...arf ! Même Michel BAKOUNINE est venu à Nohant ! ourf !) ; Maurice Rollinat qui a aussi avec George Sand fait connaître l'école de Crozant ( voir ici-même la rubrique "Peintres et Tableaux", Gargilesse, etc...) ; Maurice Rollinat qui a invité et hébergé Claude Monet...

Que le monde est petit et vaste à la fois ! (arf !) Et passionnant !

Ecrit par : Alayn 02/07/2009, 23:25

Bonsoir ! Ah, là, c'est moins bien ! Je supputais et redoutais d'ailleurs cet instant ! (arf !). Aragon, le stal fini...

Pour contrecarrer un peu: "Et la femme est l'avenir des cons..." (ourf !) RENAUD dans "Ou C'Est Que J'Ais Mis Mon Flingue ?".

Aragon le stal et le sexiste...

Ecrit par : Alayn 02/07/2009, 23:45

Bonsoir ! Bien sûr que c'est vrai à propos d'Aragon (mais laisse béton Alayn ! Gardes ton calme, tout va bien... zen...zen...arf !)

Sinon, Bobby Lapointe, je déteste ! (ourf !). Nullissime, même pas rigolo, jeux de mots à la con... (arf !)

Les goûts et les couleurs...

Ecrit par : Alayn 03/07/2009, 00:11

Bonsoir ???????????????????????????????????

"La liberté des autres étend la mienne à l'infini"...

Les goûts et les couleurs...on donne son avis, si on en a envie...

Ici (et c'est le merveilleux de ce forum-denrée rare, croie-moi-) il y a une liberté incommensurable: au mieux çà subsiste, au moins bien, çà finit dans la rubrique "Vilains canards" (une option très judicieuse de Jack mais qui reste visible par les inscrits(tes) ; au pire, çà passe en invisible (quelques fachos et nostalgiques Miliciens ont connu ce sort mais ils sont rares).

J'ai donné mon avis sur Aragon (pas supprimé pour autant ! Et je n'oublie pas que Jean Ferrat et même Léo Ferré ont repris et même mis en musique des poèmes d'Aragon -même si perso je n'apprécie pas ce vieux stal rabougri (niark ! niark !) Cà, c'est juste une affaire de goût et de couleurs)

(Reste, restes avec moi !
Reste avec moi
Jusqu'à la fin des jours
Reste avec moi mon amour !)

Francis LALANNE.

"Même si on est pas d'accord toujours sur tout
C'est çà aussi qui fait le débat et la richesse
Je piges tes réticences et tout et tout
Et je suis désolé si jamais je te blesse"
-Ca, c'est du Alayn.

(Et tu vois, j'aime bien aussi Georges Chelon, faudrait qu'on prenne le temps de faire un topic à son propos dans le "Music Hall". Yes ! Sa chanson "Barabbas" est un must, je l'ai vu en concert, etc...)

-Sinon, tu as raison, dans la chanson de Francis Lalanne, c'est bien: "Sur son grand ordinateur". Mea-culpa !

Ecrit par : Alayn 03/07/2009, 00:44

Bonsoir ! Bah... Leny est un vieux pote (il vient maintenant quasiment tous les ans en Creuse tout comme Graeme Allwright du côté de Sainte-Feyre faire un récital...)

François (Béranger) l'était aussi. Jean-Michel (Caradec) s'est tué dans les virages entre Guéret et St Feyre...

Ben vouais...

Il n'empêche que j'ai toujours 16 ans ! (arf !)

Ecrit par : Alayn 03/07/2009, 00:49

CITATION(podcol @ 03/07/2009, 01:43) *
... pas comprendre, tout est normal !... t'es fatigué Alayn, faut aller te coucher!...


Bonsoir ! NON ! Je m'insurge ! (arf !) Tu as écrit "Le Père Prodique" et le titre exact est "Père Prodigue" !!!!
-Dans un premier temps, y'a pas le "Le".
-Secondo, sur "prodigue" (terme exact) t'as écrit "prodique" avec un "q" à la place du "p".

J'appelle le rectorat ou quoi qu'est-ce ??? (arf !)
Non, mais dites donc ! (arf !)

Ecrit par : Alayn 03/07/2009, 01:18

Bonsoir ! Oui et les détails sont assez sordides et je te les communique par MP si tu veux mais pas ici because y'a maybee des gens de moins de 16 ans (justement ! arf !) qui lisent ce forum.
Toutes les bios (Wikimerdia, etc...) sur l'endroit exact du décès de Jean-Michel Caradec sont inexacts: il devait venir jouer au Pont à la Dauge pour la traditionnelle fête du PC (hé voui !) ou plus exactement, pour la fête communiste annuelle du journal "L'Echo Du Centre", le journal des cocos bien connu.

"Wikimerdia" (n'importe qui peut aller déformer une info dans ce bidule) dit que c'est en Bretagne puisque Jean-Michel Caradec était Breton d'origine...

T'auras bien compris que mon âge véritable n'est pas de 16 ans (arf !) mais mon état d'esprit est resté le même depuis l'âge de 16 ans fondamentalement où il a commencé à se forger. (Mais qu'est-ce qu'on en a à braire...arf !)
En réalité même plus tôt (vers 13/14 ans) où j'ai commencé à m'attaquer à la lecture de la série des Rougon-Macquart d'Emile Zola. Premier déclic. (ma première bio succinte... est prévu aux alentours de 3116...y'aura tous les détails...arf !)

Ecrit par : Jack 03/07/2009, 22:59

Flûte!!! Il est en grève!!!

Ecrit par : Alayn 08/07/2009, 03:14

Bonsoir ! Ah, voui ? arf !
Ca a quand même un peu débordé dans la chanson plus que la poèsie là... Papounet serait là ! (arf !)

Quand t'as dit Alain, je pensais à Alain Barrière ! (arf !)

Ecrit par : Alayn 16/07/2009, 03:12

CONTRE TOUT !

"Ce soir je suis en verve
En verve et contre tout
Et tout m'énerve
Et bien à bout

Contre toi
Contre tout
Plus de lois
J'vais casser tout !

C'est fini la trêve
En verve et contre tout
Fini les rêves
Faut casser tout !

Contre tout
Et contre toi
Et malgré tout
Contre toi !

J'en verrais pas le bout
En verve et contre toi
Les lois et les tabous
Ca m'énerve sous mon toit !"

Dans la série: "Impro totale extrait de ma tête"
Sans musique !
Alayn.

Ecrit par : Alayn 19/07/2009, 03:16

CITATION(podcol @ 16/07/2009, 08:34) *
... alors là, je dis CHAPEAU BAS !.. mais tu te fais du mal Alayn à ressasser tout ça, c'est pas bon pour ce que tu as!... prend la vie comme elle vient, que veux-tu faire de plus? sortir ta fourche? et après hein? l'hôtel des Marronniers?... tu seras bien avancé, et cela ne fera pas avancer le shmilblick, c'est pas un p'tit bonhomme comme toi, dans son coin, avec quelques adeptes ici ou là qui changeront quelque chose, les puissants sont trop puissants, tu fais pas le poids!...


Bonsoir ! Que dire ? Que répondre à çà ?
C'est vrai et l'illusion qu'on les aura
En espérant pour une fois
Etre les gagnants
Se perdra... (malheureusement...violons tristes à l'arrière...)

Nous les faibles, les manants
Accrochés à nos rêves
Il nous faudra du temps
Pour que ce vieux monde crève !

Mais c'est en gardant espoir
Et sans jamais baisser les bras
Qu'on verra le matin du grand soir (arf !)
Et qu'on les niaquera ! (double "arf" là)

Extrait d'une autre impro de ma tête...
Et c'est là que tout s'arrête !

Ecrit par : Alayn 20/07/2009, 02:27

CITATION(podcol @ 20/07/2009, 00:04) *
mais, fait quelque chose, écrit, publie, placarde, tu sais que tu es un pro quand même!... et dire que tu n'as même pas le bac, quel gâchi messieurs-dames, des talents ainsi non reconnus, on marche sur la tête, alors que d'un autre côté on donne de la confiture à des cochons!...


"Oh merci Podcol !
L'espoir renaît et
Avec toi, nous sommes à bonne école
Nos oreilles grandissent et notre nez !

Si bien que nous ne savons plus que dire
Et que nous sommes tous bouche bée
Et que même d'évoquer le pire
Ne ferait que de nous du rabais...

La poésie c'est dans la rue
Et pas dans les supermarchés
Qui LU cuit, qui LUSTU-CRU ?
Merci Léo Ferré !

"Impôts extraits de la bête -2ième volume"

Ecrit par : Alayn 21/07/2009, 01:08

Bonsoir ! Cà me fait penser à Prévert ton poème précédent...
Prévert l'anar... (arf !)

Ecrit par : Alayn 04/09/2009, 23:57

PEAU AIME

RENAUD (le chanteur énervant).

Ecrit par : Alayn 12/09/2009, 02:09

"Jolie bouteille
Sacré bouteille !
Veux-tu me laisser tranquille ?

J'ai traîné dans tous les cafés
J'ai fais la manche bien des soirs..."

Graeme ALLWRIGHT (extraits de "Jolie Bouteille").

Ecrit par : Jack 23/09/2009, 23:10

Alors là je suis scotché! thumbsup.gif

Ecrit par : Jack 23/09/2009, 23:18

Aller hop! Au bain Marie!!!

Ecrit par : Alayn 23/09/2009, 23:20

Bonsoir ! Hip hip Hip Hips ! Toutes et tous dans la cave de Papounet alors ! (arf !)

Ecrit par : Jack 23/09/2009, 23:25

Disons qu'il est très attiré par les grappes!

Ecrit par : gene 24/09/2009, 07:53

Bravo Podcol !

Voici une tite comptine et chanson pour les petits :
quand 3 poules vont aux champs
Lapremière va devant,
La deuxième suit la première,
La troisième est la dernière
Quand 3 poules vont aux champs
La première va devant .

Ecrit par : gene 30/09/2009, 12:52

Une fourmi de dix-huit mètres .


Une fourmi de dix-huit mètres
avec un chapeau sur la tête
ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une fourmi traînant un char
plein de pingouins et de canards
ça n'existe pas, ça n'existe pas
Une fourmi parlant français
parlant latin et javanais
ça n'existe pas, ça n'existe pas
eh ! et pourquoi pas !
Robert Desnos



Ecrit par : Jack 15/10/2009, 19:31

Vous m'avez l'air en forme ce soir les zamis!!
Bon aller, moi aussi...je me lance!!

D'un instituteur normand

" Un p'tit bonheur ..........A... l'Education Nationale !"

Monsieur Le Président,

Merci de lire ce message,

Un p'tit bonheur sur une page,

Une douceur pour l'Education Nationale

Je le confie à la toile,

La grande toile du progrès,

Afin qu'il tisse les voiles...

De la solidarité,

Et qu'il rayonne aux ondes...

De l'humanité.

Je suis Professeur des Ecoles

Dans un petit village de l'Eure,

Trois cents âmes y demeurent,

Et vingt- six élèves à l'école...

Une classe, dite " unique ",

Mais cinq cours, dits multiples...

Dans cette école une chance,

Un p'tit morceau de bonheur,

Qui s'écrit avec ces trois lettres:

Employée de la Vie Scolaire...

Pour l'Education Nationale,

Un p'tit bonheur, c'est pas banal,

Un léger baume sur le coeur

De cette Grande Dame

Un peu...bancale !

Notre bonheur, c'est Géraldine,

En silence elle participe

A la guérison d'la Grande Dame...

Elle est une Valeur Ajoutée

HUMAINE rentabilité,

Et c'est du bonheur ...assuré !

Dès le matin, elle s'active,

C'est sur le net qu'elle s'incline

Les courriers, les notes de service,

Toutes les infos de l'inspectrice,

Et celles de l'Académie...

Mes mots notés au brouillon,

Les compte-rendus de réunion,

Tapés, imprimés, photocopiés,

Enveloppés, adressés, timbrés,

Prêts à être distribués...

Encadrés, les derniers dessins des CP,

Affichés, sinon...à quoi bon dessiner?

Un CM vient montrer son texte sur le musée,

Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier...

Retentit le téléphone, qu'elle décroche sans tarder,

Afin de ne pas gêner, le travail commencé,

Un autre enfant vient finir avec elle
l'exercice,

Elle explique et décortique, redonne de
l'énergie..

Rangée la bibliothèque,

Notés les livres prêtés,

Elle prépare la maquette,

La une du journal scolaire...

Ah! Notre petit journal

" Magique ", ils l'ont appelé

Quel travail de fourmi,

J'y passerai......des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler,

Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés,

Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler,

Des solutions à trouver, des mots à reformuler,

Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...

Et puis...c'est reparti !

Sur les chemins de la connaissance,

Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance,

Avec labeur, effort, sérieux,

S'ouvrir l'esprit, être curieux.

Ne pas oublier l'insouciance,

De tous ces êtres en enfance,

La bonne blague!... On la mettra dans le journal,

Les bons gags, et les rires, c'est vital !

Dans les pots

Les peintures sont bien préparées,

Quatre enfants sur un chevalet,

Deux à l'ordi pour recopier,

Les autres en dessin sur papier,

....Sans elle, jamais...

Ce ne serait si bien géré.

Bientôt la fin de la journée,

Plus l'aide personnalisée,

Restent les cahiers à corriger,

Faire le point pour évoluer,

Et demain tout continuer.....

Le soir, coup de fil...

C'est Géraldine,

A sa voix, je perçois,

Une blessure qui abîme...

Écoute, me dit-elle...c'est à pleurer !

Du " Pôle Emploi " j'ai reçu...un imprimé,

Dans quelques semaines, c'est marqué,

Votre contrat est terminé...

Ils me demandent ce que j'ai fait,

Pour trouver un futur emploi..

Sa voix se fêle... "J'ai un emploi! "

Ils me demandent ce que j'ai fait,

pour me former, pour m'insérer,

Sa voix se gèle.... puis accélère: " Je...suis formée,

depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié,

Pas bien payé, mais j'veux rester ! "

Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer...

Ils me demandent mes compétences ......

C'que j'ai acquis, que vais-je répondre?

Il y a l'espace ... d'UNE LIGNE

UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !

J'ai honte, honte...il aurait fallu UNE PAGE

Au moins UNE PAGE pour répondre,

J'ai honte, honte pour notre Grande Dame

Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait
évoluer,

Qui a tant appris aux enfants,

Qui a tant encore à leur apprendre..

Et Géraldine ???

On n' lui dira même pas MERCI

Bien sûr, pas de parachute doré,

Et même pas d'indemnité

Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent

D'étudier ses droits... pour le R.M.I.

Elle a raison...c'est à pleurer..

Alors qu'on demande chaque jour,

A nos élèves de dire " Bonjour "

De dire " Au revoir " et.... " Merci "

De s' respecter, d'être poli

Comme vous dîtes, Monsieur SARKOZY..

Que vais-je dire, à la p'tite fille,

Qui l'autre jour, près de moi ,s'est assise,

Et ,toute fièrement, m'a dit:

" Tu sais, Maîtresse, moi quand j'serai grande,

J'irai au collège, comme mon grand frère,

J'irai au lycée, j'passerai mon bac,

Et je ferai...comme Géraldine! "

Je sursaute.. Mon c½ur se serre ... C'est à pleurer.

C.Picavet
Professeur des écoles
à l'école des Livres Magiques
Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)


En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence, Elodie,
à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé mon
travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame...
qui est encore bien malade...

Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des mots,

Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque ¤uros ...

Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,

Jetterai son salarié, pour prendre un autre, recommencer?

Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après avoir semé, soigné?

Je n'ai pas fumé la moquette

Je veux seulement que l'on arrête,

De prendre les gens pour des pions,

Qu'on arrête de tourner en rond !

Torpillé le " Chagrin d'école ", en mille miettes de BONHEUR !

En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs..

INONDONS LE NET

les amis, les décideurs,

les chômeurs, les travailleurs,

les directeurs, les inspecteurs,

les employés et professeurs,

députés, ministres, r'm'istes ou artistes,

chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,

radios, journaux, télés,

et à tous ceux qui sont...parents...d'un enfant..

enfin à chaque être humain de ce pays

qui j'espère un jour dans sa vie,

a bénéficié d'un peu de bonheur,

de cette Valeur Ajoutée

HUMAINE rentabilité,

dans le giron de la Grande Dame.

P.S 1 Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr..........

Notre petite école rurale

Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée,

Des fonds ont été débloqués,

Huit ordinateurs et un tableau interactif

Une " classe numérique "

Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai formée !

Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur Humaine Ajoutée ! "

Merci à celles et ceux qui le liront et pardon à celles et ceux que cela n'intéresse pas.

Jean-Louis CHENEVAS-PAULE
Responsable des Formations
IEM-FP APF "Le Chevalon"

Ecrit par : Jack 16/10/2009, 06:11

CITATION
GENIAL TOUT SIMPLEMENT GENIAL...

Je savais que tu aimerai.... wink.gif


Hé bé, le forum devient de plus en plus chaud avec miss Podcol!! laugh.gif

Ecrit par : Alayn 20/10/2009, 01:01

"Quand les jours se suivent
Quand il faut les vivre
Comme des bêtes qui tirent le soc...
Et dont les cornes s'entrechoquent...

Alors moi je dis
Si ces jours
Sont des jours d'amour
Peut-être çà vaut le coup
De les vivre, toujours...

Quand les jours se suivent
Comme dans les pages d'un livre..."

Gérard MANSET (extrait de "Quand Les Jours...").

Ecrit par : véronique 23/10/2009, 23:25

merci à C.Picavet Professeur des écoles et Jean-Louis CHENEVAS-PAULE Responsable des Formations, c'est beau mais ça fait mal .......des larmes et de la rage.

Ecrit par : podcol 01/09/2010, 00:05

Foule sentimentale

Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités d'choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

[Refrain] :
Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons alors qu'on est
Des

[Refrain]

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

[Refrain]


Alain SOUCHON

Ecrit par : podcol 01/09/2010, 15:46

EN COLLANT L'OREILLE SUR L'APPAREIL

De l'intérieur
Du téléviseur
En collant l'oreille sur l'appareil
On entend les gens chanter
Leurs chants désenchantés
Comme une plainte dans les enceintes

Derrière la fille jolie tête et qui rit
Sous sa casquette Ferrari
Derrière les gens aux mines splendides
Et plein d'idées, jamais ridés
Derrière le futur président qui sourit tant
Qu'on lui voit le couteau entre les dents
En collant l'oreille sur l'appareil
Comme une plainte dans les enceintes

Nous les assis devant
Nous le parterre
Nous les ci-devant
Damnés de la terre
On voudrait la vie meilleure
On voudrait le monde mieux
On voudrait la vie meilleure
On voudrait le monde mieux

De l'intérieur
Du téléviseur
En collant l'oreille sur l'appareil
On entend les gens chanter
Leurs chants désenchantés
Comme une plainte dans les enceintes

Derrière les poses qu'ils osent
Derrière ces décors à l'eau de rose
Derrière le sanguinolent exprès
Pour vendre l'Audi, le Pepsi après
L'autre il a jeté le couteau
Il a mis le beau manteau
En collant l'oreille sur l'appareil
Comme une plainte dans les enceintes

Nous les assis devant
Nous le parterre
Nous les ci-devant
Damnés de la terre
Un monde moins brutal
Et plus velouté
Plutôt que ce monde à deux balles
Et sans volonté

En collant l'oreille sur l'appareil
Comme une plainte dans les enceintes

Alain SOUCHON


Ecrit par : podcol 02/09/2010, 10:40

Poème de Sam

J’existe

Pourquoi devrais-je laisser quelqu’un d’autre,
Entreprendre à ma place mes pensées ?
A-t-il le droit d’avoir une telle place ?
Une sorte de tuteur qui me déclasse ?
À qui je devrais tout donner.
Dites ! Que peut-il me prendre encore d’autre ?

Mon âme ? Ma vie ? Mon droit d’exister ?
Au nom de la dérégulation.
Vivre cet esclavage légalisé,
Sans avoir le droit de protester,
Décideurs de vos régulations,
Nous allons bientôt nous révolter.

Vous prétendez que c’est impossible…
Que nous devons subir et nous taire…
Dites ? nous sommes beaucoup plus nombreux qu’eux ?
Réagissons… que pensent-ils faire eux ?
Contre nous… ne nous laissons plus faire.
Alors réagissons c’est possible.


Ce serait ridicule d’envisager de la violence, du moins de la violence destructrice, de la violence qui engendrerait une contre violence, qui elle serait destructrice, opposant des rapports de forces aux sérénités des considérations humaines ce que ceux qui veulent dominer se refuse à vouloir se parasiter.

Comme la devise Belge, "l’union fait la force", cette évidence de pensées, est loin de combattre les peurs d’entreprendre, de prendre des risques. Que les autres commencent, et commencent au point de ne plus avoir besoin de moi, de devenir majoritaire et dominant, et je les suivrais. C’est cette faiblesse politique qui sert de levier aux libertés égoïstes des irrespectueux qui ne pensent qu’à dominer.


Source: http://www.editionsmelonic.com/Poeme/Vie/2010/0628-existe.htm



Ecrit par : podcol 09/09/2010, 22:37

Bourée auvergnate

La bourrée en Auvergne
La bourrée y va bien
Ecoutons la cabrette
Du pays Limousin
Lentement on se place
Dansons-là deux à deux
Dansons-là quatre à quatre
Et toujours de son mieux

{Refrain:}
Pour bien la chanter
Vive la Limousine
Pour bien la danser
Vivent les Auvergnats

La bourrée Auvergnate
Est la fleur du pays
On la danse par quatre
On la danse par six
A Brioude on est douze
Et quarante à Saint Flour
Les époux, les épouses
Y reviennent toujours.

Ecrit par : podcol 13/09/2010, 12:26

PARACHUTE DORÉ



Adieu mégaphones adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
L'ananas, la noix de coco
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi bien frisé sur le bateau

Adieu les traders adieu jogging
Les briefings à l'heure Breitling
Ouvriers riez, adieu les blouses grises
En Chine, l'usine délocalise
Les cours ont dégringolé
Les banques ont plus rigolé

La boîte a coulé mais pouce ...
On va se la couler douce
La pilule, on va se la dorer
J'ai le parachute, chut doré

Adieu mégaphones adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
L'ananas, la noix de coco
Adieu château Pétrus en costards Lanvin
Adieu les jolies putes russes dans les Mystères 20

Balancées les fraiseuses, les machines-outils
Riez ouvriers du joli gâchis
J'ai creusé, creusé, j'ai creusé la dette
Au lieu de me creuser la tête
Un jour les cours ont chuté
Et moi parachuté

La boîte a coulé mais pouce ...
On va se la couler douce
La pilule, on va se la dorer
J'ai le parachute, chut doré

Adieu mégaphones
...

Alain SOUCHON

(... oui, encore lui, mais quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce-pas? )



Ecrit par : podcol 05/10/2010, 22:29

Mobilier scolaire

L'école était charmante au temps des hannetons,
Quand, par la vitre ouverte aux brises printanières,
Pénétraient, nous parlant d'écoles buissonnières
Et mettant la folie en nos jeunes cerveaux,
Des cris d'oiseaux dans les senteurs des foins nouveaux ;
Alors, pour laid qu'il fût, certes ! il savait nous plaire
Notre cher mobilier si pauvrement scolaire.
A grands coups de canif, travaillant au travers
Du vieux bois poussiéreux et tout rongé des vers,
Nous creusions en tous sens des cavernes suspectes,
Où logeaient, surveillés par nous, des tas d'insectes :
Le noir rhinocéros, qui porte des fardeaux,
Le taupin, clown doué d'un ressort dans le dos,
Le lucane sournois, mais aimable du reste,
Le charançon, vêtu d'or vert, et le bupreste...
J'oubliais l'hydrophile avec le gribouri.

Paul ARÈNE


Ecrit par : podcol 07/10/2010, 03:53

CHACUN CHEZ SOI

Fausse liberté et vrai esclavage

Chacun chez soi

Chacun sur soi,

Sursoit à sortir des rondes

Chacun sûr de soi

Chacun se croit roi,

Sursoit aux actions fécondes

Chacun sans voix

Chacun se renvoie,

Sursoit à lancer la fronde

Chacun de bois

Chacun se noie,

Sursoit à changer de monde

Chacun pour soi

Chacun aux abois

Chacun pour soi

Chacun pour quoi

Chacun pour soi

Chacun son toit

Chacun pour soi

Chacun fait sa loi

Chacun pour soi

Et tous pour le même immonde.

David Myriam

Ecrit par : podcol 02/01/2011, 01:04

Le matin des étrennes

Ah ! Quel beau matin, que ce matin des étrennes !

Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes

Dans quel songe étrange où l'on voyait joujoux,

Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,

Tourbillonner, danser une danse sonore,

Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !

On s'éveillait matin, on se levait joyeux,

La lèvre affriandée, en se frottant les yeux ...

On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,

Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,

Et les petits pieds nus effleurant le plancher,

Aux portes des parents tout doucement toucher ...

On entrait ! ...puis alors les souhaits ... en chemise,

Les baisers répétés, et la gaieté permise !

Arthur Rimbaud (1854-1891)




Ecrit par : podcol 06/01/2011, 23:27

Nouvel An, sois le bienvenu

Tout grelottant et tout nu
Nouvel an ! Sois le bienvenu !
Peut-être as-tu deux fils de laine
Pour la pauvre Madeleine ?
Un grain de blé pour le champ
Du vieux paysan ?
sans doute as-tu un peu de bien
Un peu de riz pour l'indien ?
Et cachée sous ta mante brune
La pierre de Lune ?
Pour le Désert la moitié
D' une goutte ... d' une goutte ...
Et pour le monde entier
Qui t' écoute ... qui t' écoute ...
Du nord au sud, de branche en brin
De l' Amour ... un brin.
Tout grelottant et tout nu
Nouvel an ! Sois le bienvenu !

Maud-Élisa Givaudan ("Sur trois notes de soleil" - Éditions Saint-Germain des Prés, 1980


Ecrit par : podcol 07/01/2011, 23:21


L'école d'Alain Boudet


Alain Boudet est un poète (très) contemporain.


"Être poète, c'est peut-être vivre en état permanent de veille sensible ..."

Écolier dans la lune http://storage.canalblog.com/32/77/238597/29754643.jpg

À l’école des nuages
On découvre des pays
Où nul n’est jamais parti
Pas même les enfants sages.

Le soleil avec la pluie
L’orage avec l’accalmie
La météorologie
Bouscule le temps
Les visages
Et les couleurs de nos cris
Dans la cour des éclaircies.

Les oiseaux n’ont pas d’histoires
Les arbres n’ont pas d’ennuis
À l’école des nuages
Aucun enfant n’est puni
Les rêves tournent les pages
Aucune leçon ne t’ennuie
C’est l’école des nuages
Elle t’ouvre sur la vie.


Alain Boudet (paru dans l'anthologie "L’école des poètes" - collection "Fleur d'Encre" dirigée par Joël Sadeler, éditions Hachette, 1998) - On trouve également ce texte dans le manuel "Les clés du français", Cycle 3 CM1, aux éditiond SED, page 28.



Ecrit par : podcol 10/01/2011, 20:17


L'hiver d'Albert Atzenwiler


Poète suisse, et directeur de l'enseignement à Genève, auteur de manuels scolaires ( Leçons et exercices de grammaire française, école primaire), et de contes pour enfants, Albert Atzenwiler (1898-1941) nous présente cet intrépide bonhomme de neige :

Le bonhomme de neige


Un jour, un bonhomme de neige
Eut envie de voyager.

Il prit sa belle écharpe beige
Et son bâton de noisetier.

A peine arrivé en Afrique,
Il se sentit très fatigué.

Il fut piqué par un moustique
À l'ombre d'un grand cocotier.

Il fut pris d'une forte fièvre
Et soudain se mit à trembler,

Comme tremblent lapins et lièvres
Quand la chasse va commencer.

Il transpirait à grosses gouttes,
Il fondait de la tête aux pieds ...

Albert Atzenwiler


Ecrit par : podcol 11/01/2011, 19:52

Au chat qui pète

Dédié à mon portefeuille perdu, "un soir de demi-brume", entre le "chat qui pète" et le reste du monde.

De mes profondes, mon larfeuil s'est fait la malle,
Au chat qui pète, maintenant, je suis tricard,
Ce peigne-derche de bougnat m'a dit : "Quedale,
Aligne la ferraille ou lâche le comptoir".

Quand t'as paumé ton morniflard, c'est la gamberge
Qui te rend dingue, tu t'en vas du ciboulot,
T'es à deux doigts de sacrifier ton casier vierge
Pour pouvoir encor' rincer la dalle aux poteaux.

Et c'est ainsi, vous le lirez dans les gazettes,
Que j'ai braqué le chat qui pète ce matin;
Mais le taulier, au lieu d'allonger la galette
M'a balancé une bouteille de rouquin.

Du Beaujolpif ! moi je déteste qu'on salope
La marchandise, alors j'ai sorti un surin
Pour découper cet animal en escalopes,
Ils ont r'trouvé la viande froide sur le zinc.

Fini l'ardoise, les tracas, les mauvais comptes,
Mon babillard m'a dégoté une carrée,
Nourri, logé, pour pas un rond, tu te rends compte !
Le chat qui pète, j'en ai plus rien à péter.

Antoine Bial. ("Pouètpouèt")



Ecrit par : podcol 13/01/2011, 22:52




Souris !

Dans son trou
la souris se cache,
le chat n'y passe
que les moustaches.

Chat la chatouille.

Ris, souris !
c'est toujours ça
de pris.

Antoine Bial

Ecrit par : podcol 15/01/2011, 10:22

Geo Norge - Zoziaux, La faune


Zoziaux

Amez bin li tortorelle,
Ce sont di zoziaux
Qui rocoulent por l’orelle
Di ronrons si biaux.

Tout zoulis de la purnelle,
Ce sont di zoziaux
Amoreux du bec, de l’aile,
Du flanc, du mousiau.

Rouketou, rouketoukou
Tourtourou torelle
Amez bin li roucoulou
De la tortorelle.

On dirou quand on l’ascoute
Au soleil d’aoûte
Que le bonhor, que l’amor
Vont dorer tozor.

Geo Norge (1898-1990)

Ecrit par : podcol 06/03/2011, 00:32



Guillaume Apolinaire

Ecrit par : podcol 06/03/2011, 22:34

Éducation sentimentale


Ce soir à la brune
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les c½urs d’enfants
Pour toi, ma princesse
J’en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux

Demain à l’aurore
Nous irons encore
Glaner dans les champs
Cueillir des promesses
Des fleurs de tendresse
Et de sentiment
Et sur la colline
Dans les sauvagines
Tu te coucheras
Dans mes bras, ma brune
Eclairée de lune
Tu te donneras

C’est au crépuscule
Quand la libellule
S’endort au marais
Qu’il faudra, voisine
Quitter la colline
Et vite rentrer
Ne dis rien, ma brune
Pas même à la lune
Et moi, dans mon coin
J’irai solitaire
Je saurai me taire
Je ne dirai rien

Ce soir à la brune
Nous irons, ma brune
Cueillir des serments
Cette fleur sauvage
Qui fait des ravages
Dans les c½urs d’enfants
Pour toi, ma princesse


J’en ferai des tresses
Et dans tes cheveux
Ces serments, ma belle
Te rendront cruelle
Pour tes amoureux

Maxime Le Forestier

Ecrit par : Alayn 06/03/2011, 22:43

Bonsoir ! Arrête Podcol, je vais craaaquer et rougir ! (arf !) -l'un de mes premiers morceaux à la guitare...- (Snif ! Nostalgie...)
Excellent, excellent !

MAIS, les paroles de cette chanson "Education Sentimentale" a été mise en musique et interprétée par Maxime Le Forestier certes ; MAIS elles ont été écrites en réalité par KERNOA !!!

[Et puis certainement, pas vraiment inégalée encore à ce jour dans ce thème à ma connaissance, dans ce toujours même album -mais vu qu'il est excellent de A à Z -ourf !- la chanson antimilitariste "Parachutiste".]

Ecrit par : podcol 06/03/2011, 22:52

La voici...


Parachutiste

Tu avais juste dix-huit ans
Quand on t’a mis un béret rouge,
Quand on t’a dit : "Rentre dedans
Tout ce qui bouge."
C’est pas exprès qu’ t’étais fasciste,
Parachutiste.

Alors, de combat en combat,
S’est formée ton intelligence.
Tu sais qu’il n’y a ici-bas
Que deux engeances :
Les gens bien et les terroristes,
Parachutiste

Puis on t’a donné des galons,
Héros de toutes les défaites
Pour toutes les bonnes actions
Que tu as faites.
Tu torturais en spécialiste,
Parachutiste.

Alors sont venus les honneurs,
Les décorations, les médailles
Pour chaque balle au fond d’un c½ur,
Pour chaque entaille,
Pour chaque croix noire sur ta liste,
Parachutiste

Mais, malheureusement pour toi,
Bientôt se finira ta guerre :
Plus de tueries, plus de combats.
Que vas-tu faire?
C’est fini le travail d’artiste,
Parachutiste.

C’est plus qu’un travail de nana
D’ commander à ceux qui savent lire,
Surtout qu’ t’as appris avec moi
Ce que veut dire
Le mot " antimilitariste ",
Parachutiste.

T’ as rien perdu de ton talent,
Tu rates pas une embuscade
Mais comme on n’ tire pas vraiment,
Tu trouves ça fade.
C’est pt’êt pour ça qu’ t’as les yeux tristes,
Parachutiste.

Mais si t’ es vraiment trop gêné
D’être payé à ne rien faire,
Tu peux toujours te recycler
Chez tes p’tits frères.
J’ crois qu’on engage dans la Police,
Parachutiste.

Maxime Le Forestier

Ecrit par : podcol 06/03/2011, 22:54

... et j'aime bien aussi celle-ci

Entre quatorze et quarante ans

Fallait déjà se lever tôt
Pour trouver un brin d’herbe
J’ai filé la trace aux oiseaux.

J’ les ai suivis et ce matin -
Découverte superbe
Y’ en avait au Quartier latin

Comme je ne savais pas voler
Et qu’il y avait des grilles
J’ai dû m’asseoir devant l’entrée

C’est dur de vouloir par beau temps
Embrasser une fille
Entre quatorze et quarante ans.

Le Larsac leur a pas suffi
Ils viennent s’installer ici.

On voulait juste s’allonger
Un peu dans l’herbe verte
Regarder les oiseaux manger

On voulait juste imaginer
Une terre déserte
Où l’on ferait l’amour en paix.

Quand on aura enfin atteint
Leur âge il me semble
Qu’on aura plus le goût à rien.

On voulait jouer aux enfants
Avant qu’on leur ressemble
Entre quatoze et quarante ans.

Dien Bien Phu leur a pas suffi
Ils viennent s’installer ici.

Savent pas qu’ les ioseaux ont des ailes
Quand on a des visières
On ne regarde pas le ciel.

Allez les piafs, allez nombreux
Et bouffez leurs parterres
Puisqu’il paraît que c’est à eux.

On peut rêver il est toujours
Possible qu’ils se perdent
Dans les jardins du Luxembourg.

Répétons-leur en attandant
Qu’ensemble on les emmerde
Entre quatorze et quarante ans.

Le treize mai leur a pas suffi
Ils viennent s’installer ici.

Maxime Le Forestier

Ecrit par : Alayn 06/03/2011, 22:58

Re-bonsoir ! Voui merci Podcol ! Superbe !
Celle-là c'est paroles et musique de Maxime Le Forestier.
Elle a pas pris une ride !
Surtout au niveau paroles ; il suffirait juste de rebooster un poil l'orchestration.

[Heu... bon je re-signale qu'il y a également ici tout un topic consacré à Maxime Le Forestier (c'était difficilement inévitable ! arf !), rubrique "Music-Hall".]

Ecrit par : podcol 06/03/2011, 22:58

... et celle-ci aussi qui parle de ceux qui n'ont rien à manger...

Le steak

Si le steak qui te résiste
Est meilleur qu’ mes chansons tristes,
Si tu es venu pour lui,
Faudrait pas que je t’empêche
De digérer ta viande fraîche
Au prix où ça s’ paye ici.

Fais deux boules de pain pareilles,
Mets-les toi dans les oreilles.
Fais comme si j’étais pas là,
Je ne chante pas pour toi.

Si la fille qui te cajole
Est plus gaie qu’ mes chansons drôles,
Allez, mets-toi bien à l’aise.
Je vois ta main qui s’occupe,
Qui s’insinue sous sa jupe.
C’est pas si souvent qu’on baise.

Fais deux boules de pain pareilles,
Mets-les toi dans les oreilles.
Fais comme si j’étais pas là,
Je ne chante pas pour toi.

Si les banquettes moelleuses
Sont meilleures que mes berceuses,
Je te vois déjà, tu dors.
Que tu bouffes ou que tu manges,
Faudrait pas que j’ te dérange
Et je vais chanter moins fort.

Fais deux boules de pain pareilles,
Mets-les toi dans les oreilles.
Fais comme si j’étais pas là,
Je ne chante pas pour toi.

Si tu es seul qui écoutes,
Si tu viens et si tu goûtes
La chanson pour ce qu’elle est,
Quatre rimes maladroites
Que l’on trouve ou que l’on rate
Mais qui forment des couplets

Alors ouvre tes oreilles.
Je te chanterai des merveilles.
C’est pour toi que je suis là
Et je chanterai pour toi.

Maxime Le Forestier


Ecrit par : Alayn 06/03/2011, 23:03

Voui... là, on est dans le 3ième album.
Dessin de Cabu pour la pochette.

Ecrit par : podcol 06/03/2011, 23:10

Ouah, tu en connais un sacré rayon !

Allez, une petite dernière pour la route que j'ai pas mal chantée aussi...


Fontenay-aux-roses


Vous êtes si jolies
Quand vous passez le soir
À l’angle de ma rue,
Parfumées et fleuries
Avec un ruban noir,
Toutes de bleu vêtues.
Quand je vous vois passer,
J’imagine parfois
Des choses insensées,
Les rendez-vous secrets
Au fond d’un jardin froid,
Des serments murmurés.

Le soir, dans votre lit,
Je vous devine nues.
Un roman à la main,
Monsieur Audiberti
Vous parle d’inconnu.
Vout êtes déjà loin.
Vos rêves, cette nuit,
De quoi parleront-ils?
Le soleil fut si lourd.
Demain, c’est samedi.
Je guetterai fébrile
Votre sortie du cours.

Dimanche sera gris.
Je ne vous verrai pas,
Pas avant lundi soir.
Où serez-vous parties?
Qui vous tiendra la bras?
Que vous fera-t-on croire?
Je crois que je vous dois
De vous faire un aveu :
Petites, écoutez-moi.
C’est la première fois
Que je suis amoureux
De tout un pensionnat.

Maxime Le Forestier

Ecrit par : podcol 08/03/2011, 23:03

LA FEMME EST L’AVENIR DE L’HOMME

Le poète a toujours raison
Qui voit plus haut que l'horizon
Et le futur est son royaume
Face à notre génération
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Entre l'ancien et le nouveau
Votre lutte à tous les niveaux
De la nôtre est indivisible
Dans les hommes qui font les lois
Si les uns chantent par ma voix
D'autres décrètent par la bible

Le poète a toujours raison
Qui détruit l'ancienne oraison
L'image d'Eve et de la pomme
Face aux vieilles malédictions
Je déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Pour accoucher sans la souffrance
Pour le contrôle des naissances
Il a fallu des millénaires
Si nous sortons du moyen âge
Vos siècles d'infini servage
Pèsent encor lourd sur la terre

Le poète a toujours raison
Qui annonce la floraison
D'autres amours en son royaume
Remet à l'endroit la chanson
Et déclare avec Aragon
La femme est l'avenir de l'homme

Il faudra réapprendre à vivre
Ensemble écrire un nouveau livre
Redécouvrir tous les possibles
Chaque chose enfin partagée
Tout dans le couple va changer
D'une manière irréversible




Jean Ferrat

Ecrit par : podcol 09/03/2011, 23:23



La reine des fourmis

La reine des fourmis n'a pas de roi, ni de couronne,
elle pond, pond, pond, toute sa vie.

La reine des fourmis n'a pas d'amis,
elle ne compte pour personne,
elle pond, pond, pond, ça lui suffit.

Et tous les ½ufs font des fourmis ...
Ça fait combien à votre avis, maman fourmi ?

Elle n'en sait rien, mais elle y tient, à ses petits.
elle pond, pond, pond, et puis voilà.

Quand on aime on ne compte pas, on ne compte pas ...

Antoine Bial


Ecrit par : podcol 12/03/2011, 00:24

T'es à découvert ?
- PULL EMPLOI.

T'as le moral à plat ?
- PILE EMPLOI .

Ça te rend malade ?
- PÂLE EMPLOI .

On t'a enterré vivant ?
- PELLE EMPLOI .

Tu fais la queue dans le froid ?
- PÔLE EMPLOI ...

Antoine Bial - mars 2010


Ecrit par : podcol 12/03/2011, 22:50




Cantonnier

Il s'écarte des sentiers battus,
il entretient avec les ornières, les talus,
des relations particulières.

Dans son petit jardin secret,
le cantonnier
cultive des pensées
buissonnières.

Modeste,
il traverse la vie
sur les chemins de poésie
tandis que vous le cantonnez
à son rôle ;
et vous passez votre chemin
de mépris
sans un regard, une parole
ou un geste,
à vos certitudes réduits :
"cantonnier, on y reste."

Antoine Bial - août 2009


Ecrit par : podcol 13/03/2011, 23:08




Chanson du titoizo

kicéti qui montre pas ses biscoteaux
kicéti qui porte pas des rouflaquettes
kicéti qui se prend pas les gros sabots
dans la moquette

cétipa le titoizo ?

kicéti qui traîne pas dans les bistrots
kicéti qu'a pas au bec la cigarette
kicéti qui joue pas sa paye au loto
chez Marinette ?

cétipa le titoizo ?

mais ...

kicéti qu'a un' cervelle de moineau
kicéti qui s'envoie en l'air comm' un' bête
kicéti qui fiente fort, qui chante faux
kicéti le casse-pieds, le pique-assiette ?

kicéti ? cétipa le titoizo ?

le titoizo
Antoine Bial

Ecrit par : podcol 15/03/2011, 06:17



Big-bang

Je reviens
du Big Bang
J'ai vu comment
sans rien faire
on fait de rien
toute matière

La nature de l'homme
s'explique

Pas de doute
nous sommes
en somme
tous et toutes
d'authentiques
faits néant

Antoine Bial - mai 2010


Ecrit par : podcol 16/03/2011, 17:02

Haïku, poème japonais

Le haïku est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise à forte composante symbolique. C'est un poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses.

Encore appelé Haïkaï (son nom d'origine) ce poème comporte traditionnellement 3 vers formant en tout 17 syllabes. Autre règle que doit respecter un haiku : le haïku doit faire référence à la nature ou contenir un mot qui rappelle une des quatre saisons. Un des grands maîtres du haiku fut Matsuo Bashô




Le fleuve roule
Flots abondants
Ville en ruine.

Fleuve d’automne
La ville en ruine
S’endort.

Je pique une fleur dans un vase
Bruit d’un avion
En piqué.

Les branches sont lourdes de pamplemousses,
Un brin de repos
Dans un village vide.


A parler ensemble de nos peines
Nous passons
Toute la nuit.

On marche sous la lune
Des cadavres gisent
Çà et là

Le bruit des insectes
Imprègne la valée.
Odeur forte des cadavres.





Ecrit par : podcol 22/03/2011, 00:08


Ecrit par : podcol 27/03/2011, 23:21



Le ver de terre amoureux

Le ver de terre
n’a pas du tout
les pieds sur terre :
il n’a pas de pieds du tout.

Rêveur, poète,
il dessine sur la nuit,
sans queue ni tête,
des chemins de poésie.

Passe une étoile filante,
il en tombe amoureux :
le ver de terre n’est pas sérieux.

L’étoile est tombée dans l’herbe,
fragile petite lueur,
le ver de terre
la protège dans son c½ur.

Dans la nuit plus de mystère,
maintenant,
file, file, ver de terre,
file, file, ver luisant,
file, file, sans retour,

avec une étoile filante,
avec une étoile charmante,

file le parfait amour.

Antoine Bial


Ecrit par : podcol 28/03/2011, 20:57



Un rectangle

Un rectangle se voulait carré
ce qui l'obligeait à maigrir
il se mit à réfléchir
pour découvrir un procédé
capable de réajuster
la démesure de ses flancs...
Et le voilà glissant glissant
se retournant de droite à gauche
tant et tant, tant et tant et tant
qu'il ne parvint qu'à s'arrondir!
En découvrant qu'il était rond
le rectangle voulut mourir.
C'est pourtant beau d'être un ballon
lorsqu'on s'envole vers le ciel
mais s'il faut être honoré
par de violents coups de pieds
il vaut mieux rester carré.

Pierre Béarn ("300 Fables d'aujourd'hui" - éditions EDITINTER, 1999)

Ecrit par : podcol 29/03/2011, 20:39




Petites ombres

Les petites ombres se promènent
serrant contre elles
un cabas,
un chien, un chat.

Personne ne les voit
on ne remarque pas
ces ombres
sombres.

Elles ont été
dans le passé
des charmantes,
des importantes,
des méchantes,
des vibrantes.
Elles ont été, cela les hante,
des amantes.

Dans les glaces des magasins,
glaces sans tain
elles croisent des reflets éteints
de fantômes anciens.

Pourquoi rentrer
retrouver
un passé
envolé ?
Qui les attend ?
Qui les entend ?

Les petites ombres se promènent
serrant contre elles
un chien, un chat
un cabas.
Elles déambulent
funambules.

Michelle Daufresne ("Envol" - éditions Lo Païs d'Enfance, 1999)



Ecrit par : podcol 30/03/2011, 15:45




Un printemps tout neuf

Un arbre sourit de toutes ses fleurs.
Des ramiers s'en vont, à deux, vers le fleuve.
Le coucou vivant au bois donne l'heure :
Voici le printemps dans sa robe neuve !

Quel joli printemps aux yeux de pervenche,
Aux lèvres de rose, aux doigts de lilas !
La vie sur l'hiver a pris sa revanche
Et danse en chantant un alléluia.

Marc Alyn



Ecrit par : podcol 03/04/2011, 22:57



L'hirondelle

On m'a dit qu'une hirondelle
ne faisait pas le printemps
et moi je dis que c'est elle
sinon, qui le ferait donc ?

Je l'ai vue avec son aile
qui taillait dans le ciel blanc
un grand morceau de dentelle
où venait jouer le vent.

Ce n'était qu'une hirondelle
un oiseau noir et blanc
et pourtant je n'ai vu qu'elle
et j'ai le coeur tout content.

On dit que les demoiselles
font la pluie et le beau temps ;
moi je dis qu'une hirondelle
fait l'avril et le printemps.

Pernette Chaponnière


Ecrit par : podcol 05/04/2011, 22:31



Le printemps de Robert Calmels


Né en 1926, Robert Calmels est l'auteur de nombreuses poésies (recueils "Bouquet d'espérances et " Pétales d'or").

Avril

Avril mois du printemps
Est celui des averses
Jour après jour le vent
Sur le sol les déverse.

Les prés sont verdoyants
et les arbres s'habillent
D'un feuillage ondoyant
Que la brise brandille.

S'il commence à pleuvoir
Dès lors sous la pluie fine
Pataugent les canards
Dont le corps se dandine.

Puis le soleil revient
Les gouttes cristallines
De pluie dans les jardins
Sur les fleurs s'illuminent.

Sans l'éclaircie du ciel
Comme un heureux présage
Surgit un arc-en-ciel
Irisant les nuages.

Robert Calmels





Ecrit par : podcol 06/04/2011, 22:14



Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un c½ur qu'on afflige,
Un c½ur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un c½ur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire ("Les Fleurs du Mal" - 1857)



Charles Baudelaire par Courbet



Ecrit par : podcol 07/04/2011, 22:21



Si les poètes étaient moins bêtes


Si les poètes étaient moins bêtes
Et s'ils étaient moins paresseux
Ils rendraient tout le monde heureux
Pour pouvoir s'occuper en paix
De leurs souffrances littéraires
Ils construiraient des maisons jaunes
Avec des grands jardins devant
Et des arbres pleins de zoizeaux
De mirliflûtes et de lizeaux
Des mésongres et des feuvertes
Des plumuches, des picassiettes
Et des petits corbeaux tout rouges
Qui diraient la bonne aventure
Il y aurait de grands jets d'eau
Avec des lumières dedans
Il y aurait deux cents poissons
Depuis le croûsque au ramusson
De la libelle au pépamule
De l'orphie au rara curule
Et de l'avoile au canisson
Il y aurait de l'air tout neuf
Parfumé de l'odeur des feuilles
On mangerait quand on voudrait
Et l'on travaillerait sans hâte
A construire des escaliers
De formes encor jamais vues
Avec des bois veinés de mauve
Lisses comme elle sous les doigts

Mais les poètes sont très bêtes
Ils écrivent pour commencer
Au lieu de s'mettre à travailler
Et ça leur donne des remords
Qu'ils conservent jusqu'à la mort
Ravis d'avoir tellement souffert
On leur donne des grands discours
Et on les oublie en un jour
Mais s'ils étaient moins paresseux
On ne les oublierait qu'en deux.

Boris Vian






Ecrit par : podcol 11/04/2011, 22:06



Recette

Prenez un toit de vieilles tuiles
un peu avant midi.

Placez tout à côté
un tilleul déjà grand
remué par le vent.

Mettez au-dessus d'eux
un ciel de bleu, lavé
par des nuages blancs.

Laissez-les faire.
Regardez-les.

Guillevic (extrait de "Avec" - éditions Gallimard, 1966

Eugène Guillevic
, sous le nom d'auteur Guillevic , tout court* (1907-1997) a traversé le XXe siècle et ses courants littéraires de sa poésie rocailleuse et si humaine. Il observe le surréalisme (André Breton, Paul Éluard) sans y appartenir ...


Ecrit par : gene 12/04/2011, 07:25

merci podcol pour tous ces poèmes joliment illustrés !

Ecrit par : podcol 13/04/2011, 07:30

Merci Gene, c'est sympa !... cependant, un petit break !... et oui... les vacances !...

Ecrit par : podcol 01/05/2011, 22:03

Une petite maison

Une petite maison de branches
Avec sa porte d’herbes
Et son lit de mousse
Une petite maison dans les bois
Pour cacher ses secrets
Pour inventer le monde.
Une petite maison
Une cabane
Pour être ici
Pour être ailleurs
Dans nos histoires.

Luce Guilbaud ("Une cigale dans la tête" - Éditions Le farfadet bleu/Le dé bleu, 1998)

Luce Guilbaud, enseignante en arts plastiques, écrivain et poète, est née en 1941.



Ecrit par : podcol 02/05/2011, 22:12



L'enfant qui battait la campagne

Vous me copierez deux cents fois le verbe:
Je n'écoute pas. Je bats la campagne,

Je bats la campagne, tu bats la campagne,
Il bat la campagne à coups de bâton.

La campagne ? Pourquoi la battre ?
Elle ne m'a jamais rien fait.

C'est ma seule amie, la campagne,
Je baye aux corneilles, je cours la campagne.

Il ne faut jamais battre la campagne :
on pourrait casser un nid et ses ½ufs.

On pourrait briser un iris, une herbe,
On pourrait fêler le cristal de l'eau.

Je n'écouterai pas la leçon.
Je ne battrai pas la campagne.

Claude Roy (1915-1997),





Ecrit par : podcol 04/05/2011, 21:19



Le hameau

C'était un petit hameau
Qui était entouré d'eau
Comme une île.

Il était clair et tout rond,
Il n'avait qu'un petit pont
Et n'était qu'une presqu'île.

Il n'avait ni pharmacien,
Ni curé, ni médecin,
Ni notaire.

Il n'avait que des maisons
Qui faisaient un petit rond
Sur la terre.

Il n'avait que du soleil,
Que de l'espace et du ciel,
Et du rêve.

Il attendait le printemps,
Il écoutait l'eau, le vent
Et leur rire.

C'était un hameau perdu.
Son nom, personne n'a su
Me le dire.

Louisa Paulin (dans l'anthologie d'Armand Got et Charles Vildrac "La Poèmeraie" - Bourrelier-Colin, 1963 et "Poèmes", Éditions de la Revue du Tarn, 1969) - Aux éditions Vent Terral, les recueils de Louisa Paulin ont été réédités

Ecrit par : podcol 05/05/2011, 23:25


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Chanson pour chanter à tue-tête et à cloche-pied

Un immense brin d'herbe
Une toute petite forêt
Un ciel tout à fait vert
Et des nuages en osier
Une église dans une malle
La malle dans un grenier
Le grenier dans une cave
Sur la tour d'un château
Le château à cheval
A cheval sur un jet d'eau
Le jet d'eau dans un sac
A côté d'une rose
La rose d'un fraisier
Planté dans une armoire
Ouverte sur un champ de blé
Un champ de blé couché
Dans les plis d'un miroir
Sous les ailes d'un tonneau
Le tonneau dans un verre
Dans un verre à Bordeaux
Bordeaux sur une falaise
Où rêve un vieux corbeau
Dans le tiroir d'une chaise
D'une chaise en papier
En beau papier de pierre
Soigneusement taillé
Par un tailleur de verre
Dans un petit gravier
Tout au fond d'une mare
Sous les plumes d'un mouton
Nageant dans un lavoir
À la lueur d'un lampion
Éclairant une mine
Une mine de crayons
Derrière une colline
Gardée par un dindon
Un gros dindon assis
Sur la tête d'un jambon
Un jambon de faïence
Et puis de porcelaine
Qui fait le tour de France
À pied sur une baleine
Au milieu de la lune
Dans un quartier perdu
Perdu dans une carafe
Une carafe d'eau rougie
D'eau rougie à la flamme
À la flamme d'une bougie
Sous la queue d'une horloge
Tendue de velours rouge
Dans la cour d'une école
Au milieu d'un désert
Où de grandes girafes
Et des enfants trouvés
Chantent chantent sans cesse
À tue-tête à cloche-pied
Histoire de s'amuser
Les mots sans queue ni tête
Qui dansent dans leur tête
Sans jamais s'arrêter

Et on recommence
Un immense brin d'herbe
Une toute petite forêt
...

Jacques Prévert



Jacques Prévert par Doisneau


Ecrit par : podcol 07/05/2011, 00:00

La montre à remonter le temps

Ma montre a une tactique
Pour remonter le temps...
Elle ne fait pas « tic-tac »
Mais « tac-tic » tout le temps !


Anne Schwarz-Henrich




Ecrit par : podcol 09/05/2011, 00:04



La tête de l'emploi


Tête en l'air,
moi je poussais la chansonnette
et mon chariot
dans les allées,
c'est là que les chasseurs de tête
de l'hyper
m'ont repéré.

Ils se gondolent, m'interpellent :
"
Vous avez ce qu'on appelle,
monsieur, la tête de l'emploi,
on va mettre en avant
vos talents naturels
".


Alors, j'ai signé le contrat ...

Si la formule fait recette
C'est pas drôle tous les jours,
les clients se payent ma tête,
je suis tête de gondole
à Carrefour.*


* Finalement, après arrangement à l'amiable (je m'expose aussi le dimanche sans supplément), je préfère "à Carrefour", qui rime beaucoup mieux ,que "chez Carrouf" ...

Antoine Bial - avril 2010


Ecrit par : Alayn 09/05/2011, 00:27

Bonsoir !

Juste en passant (et bravo Podcol !):

 

Ecrit par : podcol 09/05/2011, 00:32

Merci Alayn, mais je n'y suis pour pas grand chose !...

Ceci dit, très explicite ton image ...


Ecrit par : Alayn 09/05/2011, 01:16

Re-bonsoir Podcol !
C'est juste 1 des dessins de Large, qui sont généralement très bons, à mon humble avis.^^

A + !
Grosses bises !

Ecrit par : podcol 10/05/2011, 01:49





Avec mes vieilles mains...

Avec mes vieilles mains de ton front rapprochées
J'écarte tes cheveux et je baise, ce soir,
Pendant ton bref sommeil au bord de l'âtre noir
La ferveur de tes yeux, sous tes longs cils cachée.

Oh ! la bonne tendresse en cette fin de jour !
Mes yeux suivent les ans dont l'existence est faite
Et tout à coup ta vie y parait si parfaite
Qu'un émouvant respect attendrit mon amour.

Et comme au temps où tu m'étais la fiancée
L'ardeur me vient encor de tomber à genoux
Et de toucher la place où bat ton coeur si doux
Avec des doigts aussi chastes que mes pensées.



http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/mile_verhaeren/mile_verhaeren.html

Recueil : Les heures du soir

Ecrit par : podcol 11/05/2011, 22:59



Le métier de Souris blanche

C’est la saison des dents de lait dans son quartier.
Souris blanche visite les maisons endormies.
Vite, vite,
elle saisit sous l’oreiller
les petites dents cachées.

Elle en fera un collier blanc, un joli collier brillant.

Vite vite,
à la gare maintenant.
Tous les jours, sauf le dimanche,
Souris blanche travaille dans un laboratoire, à Paris.

On la paye un caramel ou une pièce dorée.

Les bonbons, elle estime
que ça abîme les dents de lait,
elle préfère les manger.

- "Mais la jolie pièce qui brille,
tu la gardes bien pour nous ?

- Petit garçon, petite fille,
c’est pour nourrir ma famille,
mes cinquante petits choux !

- Et le dimanche, Souris blanche ?

- Je me repose, les enfants :
lundi, je reprends le collier.

Souris blanche, c’est un métier".

Antoine Bial


Ecrit par : podcol 12/05/2011, 22:42

Images du village

La fontaine près de l'église
Où les aveugles vont mendier

La cour où rament les oies grises
Et que fleurit un amandier

Le vieux four à pain où s'enlacent
Les ronces, où se tord un figuier

Les coqs le matin à la vitre
Secouent leur crête de rosée

Et la journée retentissante
S'envole à tête reposée.

Maurice Fombeure






Maurice Fombeure (1906-1981) est un romancier et poète français Il avait rédigé lui-même son épitaphe, gravée sur sa tombe, à Bonneuil-Matours, village de la Vienne, où se trouve aussi un musée consacré au poète.


Ecrit par : Alayn 12/05/2011, 23:32

Bonsoir !
C'est quoi son épitathe, tu sais ?

Ecrit par : podcol 13/05/2011, 13:52

Après avoir recherché sur Google, je l'ai trouvée:

« Il portait sur sa lourde épaule
Sa destinée comme un oiseau
Maintenant il dort sous les saules
En écoutant le bruit des eaux.
»

... c'est tiré de l'un de ses écrits.


Ecrit par : podcol 15/05/2011, 17:12



Joie des choses

Tout est pris d'un frisson subit.
L'hiver s'enfuit et se dérobe.
L'année ôte son vieil habit ;
La terre met sa belle robe.

L'arbre est coquet ; parmi les fleurs
C'est à qui sera la plus belle ;
Toutes étalent leurs couleurs,
Et les plus laides ont du zèle.


On fait les foins. Bientôt les blés.
Le faucheur dort sous la cépée ;
Et tous les souffles sont mêlés
D'une senteur d'herbe coupée.

On voit rôder l'abeille à jeun,
La guêpe court, le frelon guette ;
A tous ces buveurs de parfum
Le printemps ouvre sa guinguette.



Victor Hugo ("L'Art d'être grand-père" - 1877)



Vincent Van-Gogh



Claude Monet

Ecrit par : podcol 16/05/2011, 22:56



Gauguin (lettre à Jacques Brel)

Il pleut sur l'île d'Hiva-Oa
Le vent sur les longs arbres verts
Jette des sables d'ocre mouillés
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin
Il pleut
Les Marquises sont devenues grises
Le Zéphir est un vent du Nord
Ce matin-là
Sur l'île qui sommeille encore

Il a dû s'étonner Gauguin
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord
Il a dû s'étonner Gauguin
Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l'enfance

Bonjour monsieur Gauguin
Faites-moi place
Je suis un voyageur lointain
J'arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil
Faites-moi place

Tu sais
Ce n'est pas que tu sois parti
Qui m'importe
D'ailleurs tu n'es jamais parti
Ce n'est pas que tu ne chantes plus
Qui m'importe
D'ailleurs pour moi tu chantes encore
Mais penser qu'un jour
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer

Plus jamais en Avril
Toucher le lilas blanc
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal
Mais qui peut dire
Moi qui te connais bien
Je suis sûre qu'aujourd'hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu'il peint Amsterdam
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient
En cascade en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore
Il a dû s'étonner Gauguin
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord
Il a dû s'étonner Gauguin

Souvent je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil
Là-bas sous un ciel de corail
C'était ta volonté
Sois bien
Dors bien
Souvent je pense à toi

Je signe Léonie
Toi tu sais qui je suis
Dors bien

Barbara




Ecrit par : podcol 17/05/2011, 21:30




La Madrague
:



Sur la plage abandonnée
Coquillage et crustacés
Qui l'eût cru déplorent la perte de l'été
Qui depuis s'en est allé
On a rangé les vacances
Dans des valises en carton
Et c'est triste quand on pense à la saison
Du soleil et des chansons

Pourtant je sais bien l'année prochaine
Tout refleurira nous reviendrons
Mais en attendant je suis en peine
De quitter la mer et ma maison

Le mistral va s'habituer
A courir sans les voiliers
Et c'est dans ma chevelure ébouriffée
Qu'il va le plus me manquer
Le soleil mon grand copain
Ne me brulera que de loin
Croyant que nous sommes ensemble un peu fâchés
D'être tous deux séparés

Le train m'emmènera vers l'automne
Retrouver la ville sous la pluie
Mon chagrin ne sera pour personne
Je le garderai comme un ami

Mais aux premiers jours d'été
Tous les ennuis oubliés
Nous reviendrons faire la fête aux crustacés
De la plage ensoleillée
De la plage ensoleillée
De la plage ensoleillée



Laurent Voulzy






Ecrit par : Alayn 17/05/2011, 21:46

Bonsoir !
Houlà houlà^^ (arf !)
Même si effectivement, cette chanson a été reprise par Laurent Voulzy il y a quelques années, elle a été écrite en 1963 par Jean-Max Rivière et composée par Gérard Bourgeois et interprétée par Brigitte Bardot.

Ecrit par : podcol 17/05/2011, 22:35

OUPS ... mais j'ai quand même pas tout faux !... huh.gif confused.gif sad2.gif
Merci à toi d'avoir apporté ces précisions smile.gif

Ecrit par : podcol 22/05/2011, 22:48

Ton voisin est étranger

Ton Christ est juif
Tes chiffres sont arabes
Ton écriture est latine
Ta pizza est italienne
Ta démocratie est grecque
Ta voiture est japonaise
L'anis de ton pastis est égyptien
Ton essence est moyen-orientale
Ta télé est coréenne
Tes fringues sont chinoises
Ton hamburger est allemand
Ton whisky est écossais
Ton thé est indien
Ton café est brésilien
Ta choucroute est chinoise
Ton shit est marocain
Tes capotes sont anglaises
Ton chocolat est suisse
Ton coca est américain
Tes frites sont belges
Tes vacances sont espagnoles
Ton sucre est martiniquais


Et tu reproches à ton voisin d'être un étranger !

Julos Beaucarne et Marina Missier







Ecrit par : Alayn 23/05/2011, 00:01

Bonsoir !
Arf ! La première photo, c'est en réalité Socrate...
Sinon, Julos Beaucarne, voui, c'est intéressant !
Merci Podcol !

 

Ecrit par : podcol 23/05/2011, 21:10

Arrrrrh, j'me suis "plantée" dans "l'uploading" de mes images. Tu as raison, c'est Socrate !... Je viens de modifier, et cette image est plus appropriée!...

yahoo.gif ouais, encore un bon point !.. combien en faut-il pour avoir une image ?...

Ecrit par : Alayn 24/05/2011, 15:14

Bonjour !
Arf ! Après Socrate, là c'est carrément Périclès !

Ecrit par : podcol 24/05/2011, 16:18

CITATION
CITATION(Alayn @ 24/05/2011, 16:14) *

Bonjour !
Arf ! Après Socrate, là c'est carrément Périclès !


Certes, mais c'est bien lui qui a renforcé la démocratie à Athènes ? Donc, plus approprié non ? ...

Ecrit par : Alayn 24/05/2011, 17:34

Re-bonsoir ! Voui... si l'on veut... une certaine forme de "démocratie"...

 

Ecrit par : podcol 24/05/2011, 23:46

Mais oui, mais oui... wink.gif

Ecrit par : podcol 27/05/2011, 23:23

http://julosland.skynetblogs.be/archive/2011/04/11/un-baiser-presque-sur-la-bouche.html
http://julosland.skynetblogs.be/archive/2011/04/11/un-baiser-presque-sur-la-bouche.html

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

C'est pas grand chose, ça change rien

Mais je sens que ça me fait du bien

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Un baiser presque sur la bouche

Qui dit presque “oui ”, presque tout

Un baiser doux comme une promesse

Qui n’vous engagerait pas du tout

Un baiser tendre au bord des lèvres

Pas un baiser ... juste un bisou

Un p’tit message qui transgresse

Un frisson timide plus que doux

“J’ t’ai reconnue un point, c’est tout”

Un appel tendre, un p’tit coucou

Sans l’obligation d’y mettre tout

Un baiser sans insistance

Un baiser qui rend pas jaloux

Qui déploie les ailes de l’enfance

Un sourire qui transperce tout

Un baiser qui s’arrête à temps

Pour que le charme dure longtemps.

Au moins jusqu'à la fin des temps


Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Un baiser presque sur la bouche, j'aime ça

Il me semble que ça fait 3 fois

Un baiser presque sur la bouche j'aime ça

Julos Beaucarne et Barbara d'Alcantara

6 avril 2011


 

Ecrit par : Alayn 27/05/2011, 23:29

Rhooooooooooooooo Podcol ! Arf !

Ecrit par : podcol 08/06/2011, 23:59








LE GÂS QU'A MAL TOURNÉ




Dans les temps qu'j'allais à l'école,

Oùsqu'on m'vouèyait jamés bieaucoup, -

Je n'voulais pâs en fout'e un coup ;

J'm'en sauvais fér' des caberioles,

Dénicher les nids des bissons,

Sublailler, en becquant des mûres

Qui m'barbouillin tout'la figure,

Au yeu d'aller apprend' mes l'çons ;

C'qui fait qu'un jour qu'j'étais en classe,

(Tombait d' l'ieau, j'pouvions pâs m'prom'ner !)

L'mét'e i'm'dit, en s'levant d' sa place :

"Toué !... t'en vienras à mal tourner !"

Il avait ben raison nout' mét'e,

C't'houmm'-là, i'd'vait m'counnét' par coeur !

J'ai trop voulu fére à ma tête

Et ça m'a point porté bounheur ;

J'ai trop aimé voulouér ét' lib'e

Coumm' du temps qu' j'étais écoyier ;

J'ai pâs pu t'ni' en équilib'e

Dans eun'plac', dans un atéyier,

Dans un burieau... ben qu'on n'y foute

Pâs grand chous' de tout' la journée...

J'ai enfilé la mauvais' route !

Moué ! j'sés un gâs qu'a mal tourné !

Gaston Couté



Ecrit par : Alayn 09/06/2011, 02:07

Bonsoir !

Houlà ! (arf !) EXCELLENT !!!!
Podcol tu tournes là carrément (ourf !) dans l"'icône" réhabilitée de pas mal d'anars: Gaston Couté !
[Via notamment mon ami Bruno Daraquy, mais surtout via Pierron, Gaston Couté a été remis au goût du jour, ressuscité, déterré quasi, de la fange où la bourgeoisie l'avait ensevelie ; et Gaston envoie, en bon vieux frangin nanard, contre notamment ces notables, ces bourgeois, ces affameurs et exploiteurs perpétuels du système capitalo trompant le populo, etc... !)

Cette "complainte" est la plus connue de Gaston Couté. Il en a quelques autres qui envoient encore plus^^ Explicitement et réalistement !

Hi Hi ^^
[Anecdote: on parlait très récemment avec un pote d'origine belge de Julos Beaucarne... Manque plus que Dick Annegarn^^).

Ecrit par : podcol 09/06/2011, 06:07

Et bien..., pour être honnête, disons que c'est ma "période Montmartre", (photo du jour du 05/06, Suzanne Valadon... ), j'aime beaucoup ce quartier et tout ce qui tourne autour en tant qu'artistes de tous genres. Je ne connaissais pas plus que ça Gaston Couté, et pas du tout Dick Annegarn huh.gif ...

Ecrit par : Alayn 09/06/2011, 17:06

Bonjour !
Gaston Couté n'était pas de Montmartre mais de la Beauce.
Dick Annegarn est un chanteur belge qui a eu pas mal de succès dans les années 70 avec notamment "Bruxelles", "Sacré Géranium", etc...

Ecrit par : podcol 09/06/2011, 18:53

Certes, certes, mais il était chansonnier à Montmartre, tout comme Suzanne Valadon qui est née à Bessines sur Gartempe. Lorsque je parle de Montmartre, je veux dire que c'est à Montmartre que ces artistes se produisaient, ou peignaient... dry.gif

Ecrit par : vanille 05/07/2011, 14:33

L'air de rien

Un baiser presque sur la bouche
Un baiser qui fait mouche
L'amour flirte avec l'amitié
Le désir, lui reste entier

Ecrit par : vanille 17/07/2011, 14:05

CITATION(podcol @ 10/05/2011, 02:49) *




Avec mes vieilles mains...

Avec mes vieilles mains de ton front rapprochées
J'écarte tes cheveux et je baise, ce soir,
Pendant ton bref sommeil au bord de l'âtre noir
La ferveur de tes yeux, sous tes longs cils cachée.

Oh ! la bonne tendresse en cette fin de jour !
Mes yeux suivent les ans dont l'existence est faite
Et tout à coup ta vie y parait si parfaite
Qu'un émouvant respect attendrit mon amour.

Et comme au temps où tu m'étais la fiancée
L'ardeur me vient encor de tomber à genoux
Et de toucher la place où bat ton coeur si doux
Avec des doigts aussi chastes que mes pensées.



http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/mile_verhaeren/mile_verhaeren.html

Recueil : Les heures du soir



Que c'est beau et rassurant! Amour/tendresse à l'heure de la vieillesse!

Ecrit par : podcol 02/09/2011, 23:03





L'école de Maurice Fombeure[/b]

Une école d'autrefois, avec Maurice Fombeure (1906-1981) :

Les écoliers

Sur la route couleur de sable,
En capuchon noir et pointu,
Le 'moyen', le 'bon', le 'passable'
Vont à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leurs plumiers des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d'autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
Mais l'innocence et la fraîcheur
Près d'eux les filles ont des tresses
Et des yeux bleus couleur de fleur,
Et des vraies fleurs pour leur maîtresse.

Puis les voilà tous à s'asseoir.
Dans l'école crépie de lune
On les enferme jusqu'au soir,
Jusqu'à ce qu'il leur pousse plume
Pour s'envoler. Après, bonsoir !

Maurice Fombeure ("Pendant que vous dormez" - Gallimard)











Ecrit par : podcol 01/10/2011, 22:44

Un Petit Poisson, Un Petit Oiseau




Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là-haut

Quand on est là-haut, perdu aux creux des nuages
On regarde en bas pour voir son amour qui nage
Et l'on voudrait bien changer ses ailes en nageoires
Les arbres en plongeoir, le ciel en baignoire

Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là-haut
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau

Quand on est dans l'eau, on veut que vienne l'orage
Qui apporterait du ciel bien plus qu'un message
Qui pourrait d'un coup changer au cours du voyage
Des plumes en écailles, des ailes en chandail, des algues en paille

Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est dans l'eau
Un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre
Mais comment s'y prendre quand on est là-haut.


Juliette Gréco




Ecrit par : Alayn 01/10/2011, 23:43

Bonsoir Podcol !

Tiens, ça aurait pu faire l'amorce d'un nouveau topic dans la rubrique "Music-Hall" ton com précédent à propos de Juliette Gréco.
De +, je suppute qu'elle n'a été que l'interprète de cette chanson (est-ce que ça a été un poème auparavant ?)

EDIT: je confirme: cette chanson a été écrite par J.M. Rivière et mise en musique par G. Bourgeois. (tout comme d'ailleurs la chanson interprétée par Brigitte Bardot La Madrague - voir page précédente de ce topic-)

Ecrit par : podcol 03/10/2011, 09:54

Bonjour Alayn,

Bon, alors que dire ? ... sad2.gif

1 - Il est vrai que j'aurai pû mettre ça dans la rubrique "Music-Hall", plus appropriée !
2 - Je ne sais s'il sagissait d'un poème auparavant, mais on peut considérer qu'une chanson est un poème en musique dans la mesure où il y a des rimes ! Non ?
3 - C'est vrai, finalement, que les sujets s'entrecroisent, "poèmes", "chansons",
4 - Et je note que tu es "à la pointe" de l'exactitude dans le domaine musical !... Je me suis contentée tout simplement de mettre cette chanson que j'aime bien, sans vraiment chercher qui en était l'auteur !... Je me confonds en plates excuses !.... worthy.gif de nouveau ... Désolée pour mon empressement chronique à poster des sujets ! ....

Calme-toi Podcol, calme-toi !...

Ecrit par : Alayn 03/10/2011, 19:35

Bonsoir Podcol !

Bah... C'est pas très grave...

Mais si l'on considère que les chansons sont avant tout des poèmes à la base (et j'ai rien contre ce postulat) il faut donc ne pas signer les textes du nom des interprètes mais de celui des auteurs-ses.
Bref, ça me semble plus juste et pertinent aussi^^

Ecrit par : podcol 07/11/2011, 00:03



Automne

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son b½uf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux


Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un c½ur que l’on brise


Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises


Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913




Ecrit par : podcol 06/02/2012, 10:00




NUIT DE NEIGE


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur ½il inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant, Des vers




Ecrit par : podcol 07/02/2012, 20:04




Les glaçons

Les glaçons qui pendent du toit
Dis-moi, c'est de la glace à quoi ?
Elle n'a pas de couleur,
Elle n'a pas de goût,
Elle n'a pas d'odeur,
Elle n'a rien du tout !
Alors, c'est de la glace à quoi,
Les glaçons qui pendent du toit ?


Corinne Albaut



Ecrit par : podcol 28/03/2012, 09:04

C’EST LE PRINTEMPS



y a la natur' qu'est tout en sueur
dans les hectar's y a du bonheur

c'est l'printemps

y a des lilas qu'ont mêm' plus l'temps
de s'fair' tout mauv's ou bien tout blancs

c'est l'printemps

y a du blé qui s'fait du mouron
les oiseaux eux ils dis'nt pas non

c'est l'printemps

y a nos chagrins qu'ont des couleurs
y a mêm' du printemps chez l'malheur

y a la mer qui s'prend pour Monet
ou pour Gauguin ou pour Manet

c'est l'printemps

y a des nuag's qui n'ont plus d'quoi
on dirait d'la barbe à papa

c'est l'printemps

y a l'vent du nord qu'a pris l'accent
avec Mistral il pass' son temps

c'est l'printemps

y a la pluie qu'est passée chez Dior
pour s'payer l'modèl' Soleil d'Or

y a la route qui s'fait nationale
et des fourmis qui s'font la malle

c'est l'printemps

y a d'la luzerne au fond des lits
et puis l'faucheur qui lui sourit

c'est l'printemps

y a des souris
qui s'font les dents
sur les matous par conséquent

c'est l'printemps

y a des voix d'or dans un seul cri
c'est la Sixtin' qui sort la nuit...

y a la natur' qui s'tape un bol
à la santé du rossignol

c'est l'printemps

y a l'beaujolais qui la ramène
et Mimi qui s'prend pour Carmen

c'est l'printemps

y a l'îl' Saint-Louis qui rentre en Seine
et puis Paris qui s'y promène

c'est l'printemps

y a l'été qui s'point' dans la rue
et des ballots qui n'ont pas vu

Qu'c'était l'printemps...

Léo Ferré -









 

Ecrit par : podcol 02/10/2012, 08:36




PAYSAGE D’OCTOBRE



Les nuages sont revenus,

Et la treille qu’on a saignée

Tord ses longs bras maigres et nus

Sur la muraille renfrognée.

La brume a terni les blancheurs

Et cassé les fils de la vierge ;

Et le vol des martins-pêcheurs

Ne frissonne plus sur la berge.



Les arbres se sont rabougris,

La chaumière ferme sa porte,

Et le joli papillon gris

A fait place à la feuille morte.

Plus de nénuphars sur l’étang ;

L’herbe languit, l’insecte râle,

Et l’hirondelle, en sanglotant,

Disparaît à l’horizon pâle.



Maurice ROLLINAT (1846-1903






[size="3"][/size]

Ecrit par : podcol 10/12/2012, 12:22




NUIT DE NEIGE


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur ½il inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas

GUY DE MAUPASSANT






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