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> L'Entr'aide, Un Facteur de l'Evolution

Alayn

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* 02/07/2014, 21:17
Message #361
On sait que très souvent deux scarabées s'aident à rouler une boule, faite avec de la bouse, pour l'amener jusqu'au terrier de l'un deux. Lorsqu'il s'agit de la monter sur un talus, l'aide du camarade devient précieuse. On a longtemps pensé que cette association avait pour but de pondre un oeuf dans la boule et de préparer ainsi la nourriture à la larve. Il résulte cependant des observations du même naturaliste (Souvenirs entomologiques) que la boule très fréquemment ne contient pas d'oeuf et sert simplement de nourriture pour l'un ou pour les deux scarabées. L'aide, en ce cas, serait intéressée de la part du camarade qui vient aider à rouler la boule, et elle est intelligemment acceptée par celui des deux bousiers qui a façonné la boule.
Quelquefois, il y a eu tentative d'enlèvement de la part du camarade.

Ajoutons qu'après avoir lu attentivement les huit volumes du savant entomologiste, on ne peut que se convaincre davantage que l'entr'aide est l'essence même de la vie dans de grandes divisions de la classe des insectes.
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* 12/07/2014, 18:45
Message #362
II. - Les fourmis.

(Page 15.)

Les Recherches sur les moeurs de fourmis, de Pierre HUBER (Genève, 1810), dont Cherbuliez a publié en 1861 une édition populaire (Les fourmis indigènes) dans la Bibliothèque Genevoise, et dont il devrait y avoir des éditions populaires dans toutes les langues, n'est pas seulement le meilleur ouvrage sur ce sujet, mais aussi un modèle de recherches vraiment scientifique. Charles DARWIN avait raison de considérer Pierre HUBER comme un naturaliste supérieur même à son père. Ce livre devrait être lu par tout jeune naturaliste, non seulement pour les faits qu'il contient, mais comme une leçon de méthode dans les recherches. L'élevage des fourmis dans des fourmilières artificielles en verre, et les expériences d'épreuves faites par les observateurs qui suivirent, y compris John LUBBOCK, se trouvent déjà dans l'admirable ouvrage de Pierre HUBER. Ceux qui ont lu les livres d'Auguste FOREL et de John LUBBOCK savent que le professeur suisse aussi bien que l'écrivain anglais commencèrent leurs livres dans l'intention critique de réfuter les affirmations de Pierre HUBER touchant les instincts admirables d'entr'aide chez les fourmis, mais après d'attentives recherches ils ne purent que les confirmer. C'est malheureusement un trait caractéristique de la nature humaine de croire volontiers que l'homme est capable de changer à son gré l'action des forces de la Nature, mais de refuser d'admettre des faits scientifiquement établis tendant à réduire la distance entre l'homme et ses frères animaux.
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* 12/07/2014, 19:23
Message #363
On voit facilement qu'Alexander SUTHERLAND (Origin and Growth of Moral Instinct) commença son livre dans l'intention de prouver que tous les sentiments moraux sont nés de l'attachement des parents et de l'amour familial, sentiments qui sont le monopole des animaux à sang chaud ; aussi s'efforce-t-il de diminuer l'importance de la sympathie et de la coopération chez les fourmis. Il cite le livre de Ludwig BUCHNER, La Vie psychique des bêtes, et connaît les expériences de John LUBBOCK. Quant aux ouvrages de Pierre HUBER et d'Auguste FOREL, il s'en débarrasse par la phrase suivante: "mais tout ou presque tout [les exemples de Ludwig BUCHNER touchant la sympathie parmi les abeilles] est faussé par un certain air de sentimentalisme... qui fait de ces ouvrages plutôt des livres de classes que de véritables ouvrages scientifiques et on peut faire le même reproche [les italiques sont de moi] à quelques-unes des anecdotes les plus connues de Pierre HUBER et d'Auguste FOREL." (Vol. I, p. 298.)

Alexander SUTHERLAND ne spécifie pas quelles "anecdotes" il vise, mais il semble qu'il n'ait jamais eu l'occasion de lire les travaux de Pierre HUBER et d'Auguste FOREL. Les naturalistes qui connaissent ces ouvrages n'y trouvent point d' "anecdotes".

Photo: Ludwig BUCHNER:
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* 12/07/2014, 20:06
Message #364
On peut mentionner ici l'ouvrage récent du professeur Gottfried ADLERZ sur les fourmis en Suède (Myrmecologiska Studier: Svenska Myror och des Lefnadsförhällanden, dans Bihang til Swenska Akademiens Handlingar, vol. XI, n° 18, 1886). Il est à peine nécessaire de dire que le professeur suédois confirme pleinement toutes les observations de Pierre HUBER et d'Auguste FOREL touchant l'entr'aide dans la vie des fourmis, y compris ce partage de la nourriture qui a tant surpris ceux qui n'avaient pas su le voir (pp. 136-137).

Gottfried ADLERZ cite également des expériences très intéressantes qui confirment ce que Pierre HUBER avait déjà observé: à savoir que les fourmis de deux fourmilières différentes ne s'attaquent pas toujours entre elles. Il fit une de ses expériences avec la fourmi Tapinoma erraticum. Une autre fut faite avec la fourmi commune, Rufa. Prenant une fourmilière dans un sac, il la vida à six pieds d'une autre fourmilière. Il n'y eut pas de bataille, mais les fourmis de la seconde fourmilière se mirent à transporter les larves de la première. En général chaque fois que Gottfried ADLERZ mit en présence des ouvrières avec leurs larves, prises les unes et les autres dans deux différentes fourmilières, il n'y eut pas de bataille: mais si les ouvrières étaient sans leurs larves, un combat s'engageait (pp. 185-186).

Photos: fourmis Tapinoma avec leurs larves ; fourmilière Rufa rousse:
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* 11/08/2015, 19:09
Message #365
M. Gottfried ADLERZ complète aussi les observations d'Auguste FOREL et de Christopher Mac COOK sur les "nations" de fourmis, composées de beaucoup de fourmilières différentes, et d'après ses propres estimations, qui amènent à une moyenne de 300 000 Formica exsecta dans chaque fourmilière, il conclut que de telles "nations" peuvent compter des vingtaines et même des centaines de millions d'individus.

Le livre de Maurice MAETERLINCK sur les abeilles, si admirablement écrit, serait très utile, quoique ne contenant point de nouvelles observations, s'il n'était gâté par tant de "mots" métaphysiques.

Photo: Christopher Mac COOK:
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* 11/08/2015, 19:52
Message #366
III. - Associations de nidification
(Page 3).

Le Journal de Jean-Jacques AUDUBON (Audubon and his Journals, New-York, 1898, page 35), surtout dans les parties où il raconte sa vie sur les côtes du Labrador et de la rivière du Saint-Laurent vers 1830, contient d'excellentes descriptions des associations de nidification, formées par les oiseaux aquatiques. En parlant du "Rocher", une des îles de la Madeleine ou îles d'Amherst, il écrit: -"A onze heures, me trouvant sur le pont, je distinguai nettement le sommet de l'île et je le crus couvert de plusieurs pieds de neige ; il semblait y en avoir sur chaque saillie, sur chaque bosse des récifs." Mais ce n'était pas de la neige: c'étaient des fous tous posés tranquillement sur leurs oeufs ou sur leur couvée nouvellement éclose - leurs têtes toutes tournées au vent, se touchant presque les unes les autres, et en lignes régulières. L'air, sur un espace d'une centaine de mètres, à quelque distance autour du rocher "était plein de fous volant, comme si une grosse tourmente de neige était au-dessus de nous. Des mouettes kittawacke et des guillemots vivaient sur le même rocher (Journals, vol. I, pp. 360-363).

Photos: îles d'Amherst:
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* 11/08/2015, 20:19
Message #367
En vue de l'île d'Anticosti, la mer "était littéralement couverte de guillemots et de pingouins communs (Alca torva)". Plus loin l'air était rempli de canards veloutés. Sur les rochers du Golfe des goélands argentés, des sternes (la grande espèce, l'espèce arctique et probablement aussi l'espèce de Foster) des Tringa pusilla, des mouettes, des pingouins, des macreuses noires, des oies sauvages (Anser canadensis), des harles huppés, des cormorans, etc., vivaient tous ensemble. Les mouettes étaient extrêmement abondantes ; "elles harcèlent sans cesse tous les autres oiseaux, dévorant leurs oeufs et leurs petits" ; "elles jouent le rôle des aigles et des faucons."

Photo: Sternes de Foster:
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* 11/08/2015, 21:36
Message #368
Sur le Missouri, au-dessus de Saint-Louis, Jean-Jacques AUDUBON vit, en 1843, des vautours et des aigles ayant fait leurs nids en colonies. Ainsi il mentionne "une longue suite de côtes élevées, surplombées d'énormes rochers calcaires, percés de quantités de trous curieux, où nous vîmes vers le crépuscule entrer des vautours et des aigles" - à savoir des Cathartes aura et des pygargues à tête blanche (Haliaëtus leucocephalus), ainsi que le remarque Elliott COUES dans une note (vol. I, p. 458).

Photos: Elliott COUES ; pygargues à tête blanche:
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* 11/08/2015, 22:04
Message #369
Un des lieux les plus propices aux couvées sur les côtes anglaises se trouve dans les îles Farne. L'ouvrage de Charles DIXON, Among the Birds in Northern Shires donne une description animée de ces terrains, où des milliers de goélands, de sternes, d'eiders, de cormorans, de pluviers à collier, d'huîtriers, de guillemots, de macareux se réunissent chaque année. "Quand on approche certaines îles, la première impression est que le goéland (le goéland à manteau brun) monopolise tout le terrain, tant on l'y rencontre en abondance. L'air en semble rempli ; le terrain et les roches en sont encombrés ; et lorsque enfin notre bateau touche le rocher et que nous sautons vivement sur le rivage, tout retentit et s'agite autour de nous - c'est un terrible caquetage, des cris de protestation soutenus avec persistance, jusqu'à ce que nous quittions la place" (p. 219).

Photos: goélands à manteau brun ; Charles DIXON:
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* 11/08/2015, 22:56
Message #370
IV. - Sociabilité des animaux.
(Page 45)

Le fait que la sociabilité des animaux se manifestait davantage lorsqu'ils étaient moins chassés par l'homme est confirmé par beaucoup d'exemples montrant que les animaux qui vivent aujourd'hui isolés dans les pays habités par l'homme continuent de vivre en troupes dans les régions inhabitées. Ainsi, sur les plateaux déserts et secs du Nord du Tibet, Nikolay PRJEVALSKY trouva des ours vivant en sociétés. Il mentionne de nombreux "troupeaux de yacks, d'hémiones, d'antilopes et même d'ours." Ces derniers, dit-il, se nourrissent des petits rongeurs que l'on rencontre en quantité dans ces régions, et ils sont si nombreux que "les indigènes m'ont affirmé en avoir trouvé cent ou cent cinquante dormant dans la même caverne."(Rapport annuel de la Société géographique russe de 1885, p. II, en russe.) Les lièvres (Lepus Lehmani) vivent en grandes sociétés sur le territoire transcaspien (N. ZAROUDNYI, "Recherches zoologiques dans la contrée transcaspienne", dans le Bulletin de la société des naturalistes de Moscou, 1889, 4). Les petits renards de Californie qui, suivant Edward Singleton HOLDEN, vivent aux alentours de l'observatoire de Lick et ont "un régime composé mi-partie de baies de manzanita et mi-partie des poulets de l'observatoire" (Nature, nov. 5, 1891) semblent aussi être très sociables.

Photos: Nikolay PRJEVALSKY ; baies de manzanita:
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* 26/08/2015, 17:14
Message #371
Quelques exemples très intéressants de l'amour de la société chez les animaux ont été rapportés dernièrement par Mr. Charles John CORNISH (Animals at Work and Play, Londres, 1896). Tous les animaux, observe-t-il avec justesse, détestent la solitude. Il cite aussi un exemple amusant de l'habitude des chiens de prairies de poser des sentinelles.
Elle est si invétérée chez eux qu'il y en a toujours un de garde, même au Jardin Zoologique de Londres et au Jardin d'Acclimatation de Paris (p. 46).

Photo: chien de prairies:
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* 26/08/2015, 17:42
Message #372
KESSLER avait bien raison de faire remarquer que les jeunes couvées d'oiseaux, en se réunissant en automne, contribuent au développement de sentiments de sociabilité.
Mr. Charles John CORNISH (Animals at Work and Play) a donné plusieurs exemples des jeux de jeunes mammifères, tels que des agneaux jouant "marchons à la queue leu-leu" ou "au roi détrôné" et des exemples de leur goût pour les steeple-chases ; il cite aussi des faons jouant à une espèce de "chat-coupé" s'attrapant l'un l'autre par une touche du museau. Nous avons, en outre, l'excellent ouvrage de Karl GROOS, The Play of Animals.

Photo: Karl GROOS:
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* 26/08/2015, 18:29
Message #373
V. - Obstacles à la surpopulation.
(Page 78.)

William Henry HUDSON, dans son livre Naturalist on the La Plata (chap. III), raconte d'une façon très intéressante la multiplication soudaine d'une espèce de souris et les conséquences de cette soudaine "onde de vie".

"Durant l'été de 1872-73, écrit-il, nous eûmes beaucoup de jours ensoleillés, et en même temps de fréquentes averses, de sorte que pendant les mois chauds nous ne manquions pas de fleurs sauvages, comme cela arrivait généralement les autres années." La saison fut ainsi très favorable aux souris, et "ces petites créatures prolifiques furent bientôt si abondantes que les chiens et les chats s'en nourrissaient presque exclusivement. Les renards, les belettes et les opossums faisaient bonne chère ; même le tatou insectivore se mit à chasser les souris". Les poules devinrent tout à fait rapaces, "les tyrans jaunes (Pitangus) et les Guiras ne se nourrissaient que de souris." En automne d'innombrables cigognes et hiboux brachyotes arrivèrent pour prendre part aussi au festin général. Puis vint un hiver de sécheresse continue ; l'herbe sèche fut mangée ou tomba en poussière ; et les souris, privées d'abri et de nourriture, moururent en masse. Les chats rentrèrent dans les maisons ; les hiboux brachyotes -qui sont voyageurs- quittèrent la région ; tandis que les petites chouettes des terriers furent mises à un régime si réduit qu'elles devinrent à peine capables de voler "et rôdaient autour des maisons tout le long du jour à l'affût de quelque nourriture". Les moutons et les bestiaux périrent ce même hiver en nombre incroyables, pendant un mois de froid qui suivit la sécheresse. Quant aux souris, William Henry HUDSON écrit que "à peine quelques misérables vestiges en subsistèrent pour perpétuer l'espèce après cette grande réaction."

Cet exemple a encore un autre intérêt: il montre comment, sur les plaines et les plateaux, l'accroissement soudain d'une espèce attire immédiatement des ennemis venus d'ailleurs, et comment les espèces qui ne trouvent pas de protection dans leur organisation sociale doivent nécessairement succomber.

Photos: Guira ; tyran jaune et hibou brachyote:
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* 26/08/2015, 19:05
Message #374
Le même auteur nous donne un autre excellent exemple observé dans la République Argentine. Le coypou (Myopotamus coypu) est, en ce pays, un rongeur très commun - il a la forme d'un rat, mais il est aussi grand qu'une loutre. Il est aquatique et très sociable. "Le soir, écrit William Henry HUDSON, ils s'en vont tous nager et jouer dans l'eau, conversant ensemble par des sons étranges, qui semblent des gémissements et des plaintes d'hommes blessés. Le coypou qui a une belle fourrure fine sous ses longs poils grossiers, fut l'objet d'une grande exportation en Europe ; mais il y a environ soixante ans, le dictateur Rosas promulgua un décret défendant la chasse de ces animaux. Le résultat fut qu'ils se mirent à multiplier à l'excès: abandonnant leurs habitudes aquatiques, ils devinrent terrestres et migrateurs, et des troupes de coypous se répandirent de tous côtés en quête de nourriture. Soudain une maladie mystérieuse s'abattit sur eux, et les extermina rapidement ; l'espèce fut presque éteinte" (p. 12).

D'un côté l'extermination par l'homme, de l'autre les maladies contagieuses, voilà les principaux obstacles qui entravent le développement d'une espèce - et non pas la lutte pour les moyens d'existence, qui peut ne pas exister du tout.

Photos: coypou et Rosas:
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* 30/10/2015, 00:09
Message #375
On pourrait citer en grand nombre des faits prouvant que des régions qui jouissent d'un bien meilleur climat que la Sibérie sont cependant aussi peu peuplées d'animaux. Ainsi, dans l'ouvrage bien connu d'Henry Walter BATES nous trouvons la même remarque touchant les rivages mêmes du fleuve Amazone.

"Il s'y trouve, écrit Henry Walter BATES, une grande variété de mammifères, d'oiseaux et de reptiles, mais ils sont très disséminés et tous extrêmement craintifs devant l'homme. La région est si vaste et si uniformément couverte de forêts, que ce n'est qu'à de grands intervalles que l'on voit des animaux en abondance, dans quelques endroits plus attrayants que les autres" (Naturalist on the Amazon, 6° édition, p. 31).
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* 30/10/2015, 00:38
Message #376
Le fait est d'autant plus frappant que la faune du Brésil, qui est pauvre en mammifères, n'est pas pauvre du tout en oiseaux, comme on l'a vu dans une citation précédente, touchant les sociétés d'oiseaux. Et cependant, ce n'est pas la surpopulation, mais bien le contraire, qui caractérise les forêts du Brésil, comme celles d'Asie et d'Afrique. La même chose est vraie pour les pampas de l'Amérique du Sud ; William Henry HUDSON remarque qu'il est tout à fait étonnant qu'on ne trouve qu'un seul petit ruminant sur cette immense étendue herbeuse, qui conviendrait si admirablement à des quadrupèdes herbivores. Des millions de moutons, de bestiaux et de chevaux, introduits par l'homme, paissent maintenant, comme on le sait, sur une partie de ces prairies. Les oiseaux terrestres aussi sont peu nombreux, tant comme espèces que comme individus, dans les pampas.
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* 30/10/2015, 01:11
Message #377
VI. - Adaptations pour éviter la concurrence.

(Page 80).




De nombreux exemples d'adaptation sont mentionnés dans les œuvres de tous les naturalistes explorateurs. L'un entre autres, très intéressant, est celui du tatou velu, dont William Henry HUDSON dit: "il a su se créer une voie à lui, ce qui fait qu'il prospère tandis que ses congénères disparaissent rapidement. Sa nourriture est des plus variées. Il dévore toute espèce d'insectes, découvrant des vers et des larves à plusieurs pouces sous terre. Il est friand d'oeufs et de jeunes oiseaux ; il se nourrit de charognes aussi volontiers qu'un vautour ; et quand il manque de nourriture animale, il se met à un régime végétal - de trèfle et même de grains de maïs. Ainsi, tandis que d'autres animaux souffrent de la faim, le tatou chevelu est toujours gras et vigoureux" (Naturalist on the La Plata, p. 71).
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