webreader
3 Pages V  < 1 2 3  
Reply to this topicStart new topic
> Rapport sur l'état de nos forêts et leurs devenirs possibles, par des habitants du plateau de Millevaches- novembre 2013

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 09/08/2014, 21:10
Message #41
Une richesse convoitée

Lointains descendants d'agriculteurs et de notables locaux, propriétaires institutionnels (banques, mutuelles, assurances, etc.) ou simples investisseurs profitant des diverses politiques d'incitation forestière au temps des "trente glorieuses", ces propriétaires devenus distants ne sont plus spontanément enclins à se préoccuper d'autre chose que de récolter au plus vite les fruits d'un capital exposé à toute sorte de risques.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 09/08/2014, 21:40
Message #42
A l'époque des traders et des jeux spéculatifs à la nanoseconde, prise dans les contraintes de l'économie en temps réel, la sylviculture semble aujourd'hui plus attractive en raison d'un effet d'aubaine (lié au fait que les forêts plantées au cours du siècle arrivent à maturité), que comme placement à long terme, dans lequel se risquent pourtant encore quelques investisseurs (la Caisse des Dépôts et Consignations finissait récemment d'acquérir près de 3000 ha de forêts sur le plateau). Il n'en reste pas moins, à en croire une étude du PNR datée de 2005, que la moitié des coupes rases pratiquées sur la forêt du plateau, dès cette époque, n'étaient plus replantées.
Miniature(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 09/08/2014, 22:05
Message #43
Posséder des arbres mûrs pour l'abattage est une chose, vouloir en replanter en est une autre.
Nous ne sommes clairement plus aux temps où l'on reboisait pour sa descendance, comme nos prédécesseurs l'avaient fait plusieurs générations durant. Leurs legs -les arbres parvenus à maturité plusieurs décennies plus tard- constituent une valeur réalisable instantanément sur un marché opportunément dopé par l'essor récent du "bois-énergie". Pour les résineux, les chiffres du CRPF indiquent pour la période 2005-2009 une disponibilité de 3 618 000 m3 sur cinq ans. Un chiffre qui passerait à 5 167 000 m3 à l'horizon 2020-2024, soit une augmentation de 43% ; il chuterait très fortement à partir de 2025 avec la diminution du stock en cours de végétation. Dans la même projection, les coupes rases qui représentent déjà 4360 ha sur cinq ans, pour un volume de bois d'environ 1 300 000 m3, passeraient à 5600 ha sur cinq ans. Ces chiffres valent pour les seuls conifères.
Miniature(s) jointe(s)
Image attachée
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 12/08/2014, 18:15
Message #44
Des feuillus pas si négligés

Les études disponibles étaient jusque récemment beaucoup moins bavardes sur le potentiel économique et végétal représenté par les feuillus.
Ils constituent sur le plateau 44% des surfaces boisées, mais seulement 32% du "bois sur pieds" (rapport du volume à la surface occupée). L'avenir qui leur est officiellement réservé reste encore assez obscur. Les feuillus du plateau sont réputés de "qualité médiocre", ce qui leur évite de finir, sauf exceptionnellement, en bois d'oeuvre pour l'industrie. C'était leur chance jusqu'ici. En outre, leur abattage n'était jusqu'à présent pas aussi aisément mécanisable que pour leurs cousins résineux. Ces deux handicaps les ont jusqu'à présent essentiellement confinés à l'usage local de bois de chauffage, qui permet tout de même à près de la moitié des habitants du plateau de passer l'hiver.
Miniature(s) jointe(s)
Image attachée
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 12/08/2014, 18:42
Message #45
Chez les professionnels de la forêt, on admettait jusqu'à présent que le potentiel d'augmentation des prélèvements sur feuillus était très faible, voire nul. [source: étude du CRPF de 2005.] Il n'empêche que la poussée récente du bois-énergie (granulés, plaquettes), l'usage grandissant des panneaux de particules pour l'habitat, l'adaptation des machines forestières aux conditions d'exploitation des bois de feuillus, sont d'ores et déjà prétexte à une nouvelle série d'études.
Si personne n'ose encore prôner le détournement du bois de chauffage des habitants à des fins d'exploitation commerciale, les feuillus font déjà l'objet d'une comptabilisation serrée qui, même lorsqu'on pointe d'éventuels "conflits d'usage", suggère déjà de nouveaux débouchés. Sur le terrain, chacun a pu s'en rendre compte, les coupes rases de feuillus ont déjà commencé.
Miniature(s) jointe(s)
Image attachée
 

Image(s) jointe(s)
Image attachée Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 25/08/2014, 20:48
Message #46
A l'exemple de l'électricité d'origine hydraulique que nos contrées produisent en grand excédent mais sans en tirer beaucoup d'avantages, la forêt constitue une des rares "ressources locales", avec ce qu'il y reste d'agriculture. Et comme pour l'électricité, les habitants en subissent les conséquences sans en voir les fruits.
Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 25/08/2014, 21:12
Message #47
La langue du bois

Le bois représente une matière intemporelle, naturelle et familière dans une époque où tout ne semble que menaces. Dans notre imaginaire commun, il incarne un matériau plutôt rassurant. Pourtant, comme pour beaucoup d'autres secteurs de l'économie contemporaine, le discours sur la gestion forestière trouve nécessaire de s'habiller de ces slogans omniprésents propres à s'attirer la confiance des populations. La forêt a donc aussi sa "langue de bois".
Comme à peu près tout ce qui se fabrique de nos jours, la gestion forestière doit avancer sous le masque du "développement durable" et de "l'écologie". On s'y dit soucieux d'améliorer et de choisir les essences pour leur résistance aux maladies et aux aléas climatiques, soucieux de préserver la biodiversité, soucieux de tenir compte des paysages et du "développement local", soucieux de gérer avec soin ce milieu indispensable pour fixer le CO2 de l'atmosphère, etc.
Miniature(s) jointe(s)
Image attachée
 

Image(s) jointe(s)
Image attachée
 



"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
Go to the top of the page
+Quote Post


3 Pages V  < 1 2 3
Reply to this topicStart new topic
0 membre(s):

 

Voir le classement des sites les plus populaires
RSS Version bas débit Nous sommes le : 26/09/2017 - 08:37