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> 101 ans de CNT et d'anarcho-syndicalisme, D'hier et de demain un combat pour la LIBERTE

Alayn

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* 22/04/2013, 00:27
Message #1
D'HIER ET D'AUJOURD'HUI...

Il y a un peu plus de cent ans, les travailleurs espagnols décidèrent de se doter d'un outil leur permettant de lutter contre l'exploitation capitaliste et d'atteindre une société sans classes, c'est-à-dire sans salariat ni patronat, sans exploités ni exploiteurs, avec comme objectif l'instauration du communisme libertaire. Cet outil, ce fut la CNT (Confédération nationale du travail), qui alliait l'idéal anarchiste à la pratique syndicaliste.
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Alayn

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* 22/04/2013, 00:40
Message #2
Le mouvement ouvrier espagnol avait commencé à s'organiser sous l'impulsion des partisans de Michel BAKOUNINE au sein de la Première Internationale. Rejetant les partis politiques en tant que formations interclassistes, les libertaires espagnols créèrent, animèrent et développèrent une organisation de classe et de masse, donnant tout son sens à la formule de Karl Marx: " L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes." L'anarcho-syndicalisme allait ainsi prendre un essor foudroyant dans la Péninsule ibérique.
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Alayn

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* 22/04/2013, 00:55
Message #3
C'est ce siècle de luttes et d'expériences révolutionnaires que revisitent les auteurs des textes qui suivent, compilés en 2010 dans Solidaridad Obrera, l'organe de la CNT de Catalogne. [Les articles sur les premiers pas de l'anarcho-syndicalisme espagnol (pages 6 à 8) et Francisco FERRER (pages 39 à 41), ainsi que la bibliographie (page 74) sont des ajouts à l'initiative du Comité de rédaction du Monde libertaire, ils n'étaient donc pas présents dans le numéro de Solidaridad Obrera en question. (Ndlr).] Qu'ils en soient ici remerciés.
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* 22/04/2013, 01:05
Message #4
Je tiens à remercier également celles qui m'ont grandement aidé dans ce travail de traduction, à savoir: Jacqueline Samitier, Azucena Rubio et Claire Lartiguet-Pino.

Bonne lecture !

Ramon PINO
Groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste
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* 22/04/2013, 01:28
Message #5
INTRODUCTION

101 ANS DE CNT

Regard sur cent un ans d'une histoire turbulente et passionnée, avec ses diverses facettes, ses victoires, ses défaites, malgré ou, justement, grâce à ses contradictions. Ou, ce qui revient au même, l'histoire de quelque chose qui est plus qu'un syndicat. Cent un ans de projet d'une autre société, matérialisée par l'essor syndicaliste, mais aussi par des écoles rationalistes, des athénées, des coopératives et des collectivisations ; par des livres, des brochures, des revues et des journaux, beaucoup de journaux (comme celui-ci). Un siècle de grèves sur le tas, de grèves de locataires et même une grève des ventres, pour ne pas multiplier la progéniture des déshérités ; un siècle de réseaux de soutien dans les quartiers et les conseils ruraux ; un siècle de résistance contre et dans les prisons, nombreuses. Cent un ans d'armes cachées sous le matelas et de lectures interdites faites à la lueur de la lampe à huile ; cent un ans d'heures décisives, de répressions et de reconstructions tenaces. Un siècle de mots incendiaires dans des rues populaires et ferventes.

L'histoire de la CNT n'est pas exhaustive de tout le mouvement libertaire bien sûr, mais elle en est un parfait résumé, comme elle en a été souvent le fer de lance au long de ces cent un ans.
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* 22/04/2013, 01:47
Message #6
Rappel de mémoire

Ce centenaire arrive au moment précis où nous sommes censés vivre les derniers sursauts de ce que l'on appelle la seconde transition -celle de la mémoire historique- aussi mensongère que la première, qui a impliqué le sacrifice de cette mémoire au bénéfice d'un appareil franquiste recyclé en flambante démocratie parlementaire dans les années soixante-dix. Du point de vue législatif, cette seconde transition s'est soldée, comme il fallait s'y attendre, par un texte cosmétique respectant les conseils de guerre franquistes, pour ne donner qu'un exemple ; pour ce qui est du point de vue social, là oui, le débat sur la mémoire est toujours vivant, comme les blessures non refermées et les fosses que l'on n'ouvre pas parce qu'elles renvoient l'image d'un ancien régime qui n'en finit pas de disparaître.
Cependant, dans le milieu politique, nous avons vu comment se fabriquait une mémoire historique sur mesure à la plus grande gloire de cette démocratie parlementaire. Dans cette cérémonie de la confusion et sans aucune protection politique, le passé anarchiste et anarcho-syndicaliste de la péninsule reçoit tous les coups.
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* 22/04/2013, 02:06
Message #7
En effet, ces dernières années, la recrudescence d'un vieux phénomène n'est pas due au hasard: celui d'un certain révisionnisme historique qui cherche à réduire le patrimoine anarchiste aux promenades sur la route de la Rabassada et aux patrouilles de contrôle, comme si l'immense effort d'autogestion dans l'éducation, la santé, la collectivisation des entreprises et des terres, etc. n'avait pas existé.
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* 22/04/2013, 02:26
Message #8
Notons aussi l'acharnement politique de droite comme de gauche, ainsi que le battage médiatique, accompagnant ce révisionnisme particulier. En définitive, et nous insistons là-dessus, on déforme et on mutile une mémoire dérangeante (dérangeante par ce qu'elle représente car il est impossible de la cacher et qu'on ne pourra jamais l'assimiler aux modèles du parlementarisme occidental).

Ce passé d'autogestion et d'émancipation n'est pas seulement l'histoire des anarchistes, ne l'oublions jamais ; c'est aussi un patrimoine commun et une référence pour ceux qui luttent pour défendre et construire leur vie de manière authentique. Que ce passé ne se perde pas est notre tâche à nous tous, qui nous savons descendants de l'anarcho-syndicalisme, d'une façon ou d'une autre. C'est seulement en reliant ce passé à notre présent que nous aurons un avenir.

Le centenaire représente ainsi une magnifique occasion de l'étaler au grand jour.
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* 22/04/2013, 02:42
Message #9
Le centenaire: questions, réponses, perspectives

En effet, la célébration du centenaire de la CNT n'a pas lieu d'être un motif de commémoration autosuffisante de vieilles gloires perdues ou de revendications d'une pureté qui n'a jamais existé ; nous voulons que 2011 soit un chapitre de plus de l'hommage et de la revendication de ceux qui (comme déjà dit) ont aspiré à être les acteurs de leur époque et de leur vie.
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* 25/04/2013, 13:09
Message #10
Que 2011 nous serve aussi à approfondir les questions difficiles restant en suspens après qu'a été balayée la poussière des années. Car la mémoire est soit un exercice radical, lucide, engagé dans les processus et combattant contre le tombeau de la chronique ; soit c'est le terrain de la nostalgie, un sentiment humain aussi légitime que n'importe quel autre, mais invalidant dans la lutte pour le futur. Aussi, est-ce le bon moment pour démêler les fils de ce qui a été vécu et pour retrouver les motivations qui ont amené nos ancêtres à s'organiser, il y a plus d'un siècle. Il est temps de nous demander quel sens à aujourd'hui le premier article de l'Internationale ouvrière: "L'émancipation des travailleurs doit être l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes", qui allait inspirer les statuts de la CNT. Sans tutelle ni intermédiaire, au sens authentique, indompté et acharné de l'expression "émancipation de l'homme", et partant de zéro de notre condition désolée d'êtres sans dieu, fragiles si l'on veut, mais fiers de ne pas avoir de maître ni d'accepter de patrie.
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* 25/04/2013, 13:32
Message #11
Aux mains de gestionnaires professionnels d'une même caste d'intermédiaires (au Parlement, dans les syndicats organiques), et soumise comme hier aux chaînes du salariat, notre propre vie offre une réponse à cette question avec l'urgence du besoin. Ce n'est qu'à partir de cette certitude vitale que l'on peut faire face au formidable effort de reconstruction des outils de participation directe, qui ont été désarticulés de manière délibérée et systématique dans les années soixante-dix et quatre-vingt du siècle dernier pour instaurer ce régime de délégation absolue. Il n'y a de participation effective que par l'exercice direct ; que ceux qui en doutent viennent voir la réalité immédiate et l'état de prostation et de désespoir où se trouvent ceux qui décident de s'organiser et de lutter pour leur dignité et leurs intérêts. Dans tous les cas, n'oublions pas notre rôle dans ce processus de dépossession de souveraineté populaire authentique: notre indifférence, notre paresse, notre confusion et notre peur qui nous paralysent, contribuent à consolider le pouvoir économique et ses agents politiques et syndicaux.
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* 25/04/2013, 13:49
Message #12
Pour le reste, cette relation dialectique avec la mémoire nous aidera à mettre en perspective les conditions de vie actuelle de plus en plus précaires. Rien n'est jamais écrit pour toujours ni depuis toujours ; il n'y a pas de défaite définitive quand on sait que les adversaires se retrouveront le lendemain et qu'il faut préparer cette nouvelle rencontre. Oui, l'histoire du mouvement ouvrier est une suite de hauts et de bas, de reculs et d'avancées, qui, même si elle ne connaît pas de victoires complètes, ne subira jamais de débâcles totales. Car, hier comme aujourd'hui, il y a eu effectivement des époques difficiles qui ont perduré jusqu'à l'arrivée d'autres meilleures.
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* 25/04/2013, 14:20
Message #13
On peut appliquer cette perspective à la situation actuelle de l'anarcho-syndicalisme, un mouvement auquel il reste encore sans doute à écrire de nouvelles pages, tant que nous serons capables de tourner celle d'aujourd'hui. Il est instructif, dans cette impasse, de retrouver le débat qui a accompagné en 1907 la création de Solidaridad Obrera, le noyau de ce qui sera trois ans plus tard la CNT que nous connaissons aujourd'hui. Comme cela se reproduira dans les années trente, à la fin des années soixante-dix et à nouveau en ce début de siècle, les anarchistes les plus orthodoxes ont montré leur méfiance et même leur refus de la voie de l'action syndicale. Le temps a montré que la coexistence des deux positions -l'anarchiste pur et celle simplement syndicaliste, avec une large et riche gamme de propositions d'organisation, parfois plus ou moins conjoncturelles mais souvent unies par des attitudes vitales voisines-, que cette coexistence donc, serait difficile, parfois même impossible, mais que toutes deux étaient condamnées à s'entendre. Cela dit, et c'est logique, l'anarcho-syndicalisme s'est toujours mal tiré de ces luttes intestines mais n'a jamais manqué de capacité pour se recomposer, pressé parfois par les circonstances et d'autres fois par le sens commun. Nous ne désespérons pas que ce sera la fraternité qui dictera l'unité future, tout comme d'autres questions d'ordre pratique.
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* 27/04/2013, 14:07
Message #14
Plus vieux encore, le sigle de la confédération se perpétue depuis plus de cent un ans: il commence avec les esclaves qui un jour disent "non" au pied des pyramides et arrachent le fouet des mains du contremaître ; peut-être aussi avec les compagnons de Spartacus ravageant les campagnes de Rome ; et dans le geste rebelle des hérétiques à une époque où, comme cela a été écrit parfois, on ne parlait pas de lutte des classes. Communautaires de demain, nous savons que l'histoire n'est pas finie, car son essence, ennemie de tout discours définitif, est progrès et lutte. Cette lutte se fera sur un territoire très concret: le futur, ce même futur qui nous rassemble déjà.

Solidaridad Obrera
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* 27/04/2013, 14:49
Message #15
L'anarcho-syndicalisme espagnol (1870-1936)

LES DEBUTS DE L'ANARCHO-SYNDICALISME EN ESPAGNE
De la FRE à la CNT (1870-1910)

La Fédération de la région espagnole

Il faut attendre la fin du XIX° siècle, dans les années soixante-dix, pour que l'anarchisme -qu'on appelait alors davantage "socialisme anti-autoritaire"- pénètre en Espagne. Le principal artisan de cette rencontre est l'anarchiste italien Giuseppe FANELLI, un proche fidèle de Michel BAKOUNINE qui, en 1868, se rend en terre espagnole pour y propager les idées socialistes et entamer la construction d'une branche de l'Association internationale des travailleurs (AIT). De tendance bakouniniste, ce sont les thèses socialistes anti-autoritaires que l'envoyé de Michel BAKOUNINE présente aux travailleurs espagnols (tant bien que mal puisque, dit-on, il ne parlait ni le catalan ni le castillan). De Barcelone à Madrid, ces idées nouvelles sont globalement bien accueillies par une population principalement ouvrière qui y voit une analyse et une réponse pertinentes aux problèmes économiques, politiques et sociaux de l'Espagne d'alors. Témoignage de cet accueil enthousiaste, la Fédération de la région espagnole (FRE) est créée le 19 juin 1870 et donne à l'Espagne sa première section de l'Internationale. Bien que nettement influencée par les idées socialistes libertaires portées par Michel BAKOUNINE et ses disciples, la FRE est davantage une organisation ouvrière de résistance qu'une organisation anarchiste (l'organisation anarchiste était plutôt, à cette date, l'Alliance de la démocratie socialiste de Michel BAKOUNINE).

Photos: Michel BAKOUNINE ; Giuseppe FANELLI:
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* 27/04/2013, 15:10
Message #16
Organisation typiquement fédérale, la FRE regroupe les travailleurs espagnols sur un plan à la fois local (regroupement des sections professionnelles d'une même localité) et national (regroupement de fédérations locales à l'échelle du pays). A cette date, il n'y a pas encore de Fédération d'industrie comme en créera, plus tard, la CNT.
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* 27/04/2013, 15:51
Message #17
L'activité de la FRE se développe, elle aussi, sur deux plans: un "réformiste", à court terme, qui vise à organiser les travailleurs dans leur défense quotidienne contre le patronat ; et un "révolutionnaire", sur un terme plus ou moins long, qui consiste à construire le mouvement nécessaire à l'émancipation des travailleurs et à l'avènement d'une société nouvelle, débarrassée des classes sociales (donc de la propriété privée des moyens de production) et de l'Etat. Ce projet de société est d'ailleurs très clairement présenté à l'époque par Rafael FARGA PELLICER [Né en 1844, mort en 1890, Rafael FARGA PELLICER est un militant libertaire espagnol, adhérent à l'Alliance de la démocratie socialiste (bakouniniste), représentant du Centre fédéral des sociétés ouvrières de Barcelone au congrès de l'AIT à Bâle en 1869, et un des principaux organisateurs du congrès de constitution de la FRE.]: " Nous voulons que le règne du capital, de l'Etat et de l'Eglise prenne fin, pour construire sur ces ruines l'anarchie, la libre fédération des associations ouvrières libres."
[Cité par Martha A. Ackelsberg dans La Vie sera mille fois plus belle, les Mujeres Libres, les anarchistes espagnols et l'émancipation des femmes, Atelier de création libertaire, Loriol, 2010, 251 pages.]
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* 27/04/2013, 16:23
Message #18
La jeune FRE rencontre rapidement un écho favorable auprès des masses laborieuses, alors et toujours écrasées par l'exploitation de la bourgeoisie et constamment opprimées par un pouvoir d'Etat qui ne lésine jamais sur la répression quand il s'agit de faire taire les contestations. Bénéficiant du dynamisme et de l'enthousiasme des débuts, la FRE développe rapidement de nouvelles sections dans plusieurs régions du pays et finit par prendre une ampleur plutôt considérable.
Telle que, en 1872, pour briser son élan, le gouvernement central madrilène la déclare hors-la-loi, l'obligeant, de fait, à entrer dans une période de clandestinité qui ne cessera de la faire décliner.
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* 27/04/2013, 16:50
Message #19
La Fédération des travailleurs de la région espagnole

En 1874, la monarchie est rétablie par le coup d'Etat du général Martinez Campos et Alphonse XII prend la couronne. [Auparavant, l'Espagne a connu, depuis la révolution de 1868 qui détrôna Isabelle II, trois régimes qualifiés de "démocratiques" (on a coutume d'appeler cette période "les six années démocratiques"): une monarchie constitutionnelle (1871), une république fédérale (1873) et une république présidentialiste (1874).] D'inspiration "libéral", le nouveau pouvoir réinstaure suffisamment de liberté pour que les travailleurs et les militants puissent recréer des organisations d'entraide et de lutte sociale.

Photos: Martinez Campos et Alphonse XII:
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* 27/04/2013, 17:16
Message #20
En 1881, la Fédération des travailleurs de la région espagnole (FTRE), héritière directe de la FRE, voit le jour. Comme pour son prédécesseur, elle est alors largement influencée par le bakouninisme, qui détermine sa démarche. A peine créée, elle rencontre un succès considérable dans toute l'Espagne et ne cesse d'attirer à elle de nouveaux adhérents (elle en compte plus de 50 000 au milieu des années quatre-vingt). Parallèlement, c'est l'ensemble du mouvement anarchiste qui est en plein essor et qui s'organise de façon efficace pour surmonter la répression. C'est notamment le cas en Andalousie où les libertaires mettent en oeuvre une solidarité exemplaire pour assurer les besoins des familles des militants arrêtés, voire pour organiser des évasions. Ce développement s'accompagne aussi, tout au long des années quatre-vingt, d'une diffusion de plus en plus large des idées libertaires à travers la création de plusieurs journaux -surtout à Barcelone ( Acracia en 1886, El Productor en 1887)-, et l'organisation de rencontres anarchistes -alors appelées "colloques socialistes" pour éviter la répression des autorités- comme à Tarragone en 1885 et à Barcelone en 1889.
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