JEUNESSE
Ses parents, très pauvres, tiennent un débit de boisson Place des Vosges à Paris. Pierre fera néanmoins de solides études secondaires au lycée Charlemagne puis, après avoir obtenu une double nomination -un premier accessit de thème et un 5° accessit de version latine- au concours général en 1809, au lycée de Rennes de 1809 à 1814 comme boursier du gouvernement.
Bien que reçu au concours d'entrée à l'école polytechnique en 1814, il renonce à ses études pour aider sa mère, devenue veuve, et ses trois frères. il se fait maçon puis se met en apprentissage chez un cousin imprimeur. Devenu ouvrier typographe et correcteur, il devient prote à l'imprimerie Panckoucke, où est fondé en 1824 par Paul-François Dubois le journal
Le Globe. Chargé d'abord de la "cuisine" du journal, Leroux publie bientôt des articles remarqués, notamment sur les matières philosophiques.
Il s'engage dans le combat libéral sous la Restauration, d'abord au sein de la Charbonnerie, puis à la tête du journal
Le Globe. Mais il comprend en 1830 que l'idéal de liberté doit être complété par "l'association". Il adhère alors au mouvement saint-simonien qui se propose de réorganiser méthodiquement le travail sous la direction d'une élite industrielle et religieuse. Après une année (novembre 1830-novembre 1831), Leroux claque la porte et forge, en 1834, le néologisme, d'abord péjoratif, "socialisme" pour désigner le danger d'une planification abusive de la société. Il pense à l'Inquisition, à la Terreur et prophétise les totalitarismes du XX° siècle.