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> Le Contrôle Social en société dite démocratique

Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* 10/08/2010, 17:38
Message #21
F - L'"implication citoyenne"


Le processus électoral lui-même constitue un outil de contrôle d'une importance considérable (d'où le slogan anarchiste: "si les élections pouvaient changer la vie, elles seraient interdites depuis longtemps").
Ceux qui ne se soumettent pas à ce processus en s'abstenant représentent une force précisément "incontrôlable": ils pourront être tentés d'utiliser d'autres canaux pour donner libre cours à leur potentiel revendicatif (manifestations, occupations, grèves, émeutes, désobéissance civile...). C'est d'ailleurs pour conjurer cette menace, pour faire face à la crise de légitimité que traverse aujourd'hui le monde politique, que les pouvoirs publics s'appliquent à inciter les jeunes à s'inscrire sur les listes électorales pour "accomplir leur devoir", et que Laurent Fabius vient récemment de défendre l'idée de rendre le vote obligatoire pour, officiellement, lutter contre "la perte du civisme".

C'est bien dans cette lutte contre l'abstention et dans cette tentative de restauration de l'image des hommes politiques ternie par les affaires financières, les magouilles en tout genre et leur incapacité à résoudre les problèmes sociaux, que s'inscrit le projet de loi Vaillant qui prévoit les conseils de quartiers dans les villes de plus de 20 000 habitants. Il s'agit de donner aux gouvernés l'impression qu'ils participent à l'organisation de la société alors que, verrouillés par les élus municipaux, espaces sous tutelle, ces structures ne conduiront qu'à une concurrence entre les quartiers. Et de plus, que pourra peser un comité de quartier face aux conseils généraux et régionaux, aux préfets, au gouvernement, sans parler de l'E.R.T. (Table ronde des industriels européens) ou du FMI (Fonds Monétaire International), c'est-à-dire des instances où tout se décide à huit clos (quand on sait qu'un tribunal administratif a refusé à plusieurs maires de petites communes le droit d'interdire sur leur territoire les essais de la culture d'OGM, on imagine qu'elle sera la marge de manoeuvre de ces comités: le style des bancs dans les jardins publics !).

D'une façon plus générale, les lois (Joxe, Pasqua, Voynet, Chevènement) d'aménagement du territoire visent le rassemblement des communes pour faciliter l'implantation d'une Europe des régions, modifier les institutions, réformer l'Etat dans le seul but de créer un environnement favorable aux entreprises, de transformer les élus en serviteurs des grandes firmes. Dans ce cadre bien délimité, les pouvoirs publics prétendent consulter la population. Il faut comprendre qu'ils veulent obtenir son adhésion globale à des objectifs définis en dehors d'elle, entretenir l'illusion de peser sur des projets ficelés par des technocrates. Bref, laisser cette population se battre pour des coquilles vides.

En expliquant que la lutte contre la violence est l'affaire de tous (ce qui n'est pas faux, sauf qu'en société inégalitaire, il s'agit d'exploitation et non de coopération), les pouvoirs publics tentent d'obtenir, justement, la... "coopération civique" de l'ensemble de la population (élus locaux, éducateurs, animateurs, enseignants, transporteurs, parents d'élèves, militants associatifs, comités de quartiers) avec les forces de l'ordre.
C'est l'idée centrale du rapport Bonnemaison de 1982 selon lequel la sécurité est une "coproduction". Dans "Le nouvel ordre local", J-P GARNIER (ingénieur de recherche au CNRS, spécialiste d'urbanisme et de sociologie) écrit: "Ici et là, des élus locaux font déjà assaut d'imagination pour lancer des "initiatives citoyennes" destinées à convaincre les résidents des "quartiers sensibles" de devenir des "coproducteurs de sécurité".

Exemple de cette "implication de la société civile pour aider les institutions à faire leur travail": la mise sur pied de "groupements locaux de traitement de la délinquance". Expérimentées en Seine-Saint-Denis dès 1993 à l'initiative du PC, ces "structures partenariales" offrent aux "acteurs sociaux" la possibilité de "coopérer" avec les forces de l'ordre (justice, police, gendarmerie) à la "restauration de la paix civile". Elles ont permis notamment à des familles d'en dénoncer d'autres sous prétexte qu'elles avaient un train de vie supérieur à ce que pouvait leur offrir le RMI dont elles bénéficiaient ! L'idéal, pour un pouvoir, n'est-il pas de dresser une moitié de la population à contrôler l'autre, et réciproquement ?

Aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la surveillance du voisinage, le mouchardage, la délation sont encouragés pour le compte de la police.
Celle-ci incite la population à participer à des "Plans de surveillance de quartier", à fournir des renseignements, en échange de priorités lors de la demande de certains travaux. Cette "surveillance mutuelle des habitants" s'exporte très bien. En Suisse notamment, où des civils armés patrouillent la nuit dans certaines communes. Ces "partenaires" sont chargés de recueillir des informations sur tout ce qui peut leur sembler suspect, et de les transmettre à la police qui les a "formés".
La France importe aussi: à Rostrenen, excédés par la multiplication des cambriolages, une centaine de commerçants, artisans et particuliers ont décidé d'organiser des rondes "citoyennes" ("Ouest-France" du 30 janvier 2003).

"J'entrevois un monde dans lequel la police serait le public, et le public la police", jubile Joseph Brann, directeur de la police de communauté à Chicago. On notera que ces initiatives concernent essentiellement des quartiers de la petite et moyenne bourgeoisie, la mobilisation étant beaucoup plus forte lorsqu'on a quelque chose d'important à protéger ! On notera aussi que la dénonciation des incidents à la police dépend de l'implication d'un "étranger" ou non.

Cependant, cette apparente symbiose qui fait de la police, "l'architecte" de la société américaine, pose à terme sans doute plus de problèmes qu'elle n'en résout. Universitaire américain, Eric KLINENBERG s'inquiète, dans "Le Monde diplomatique" de février 2001: "Plus fondamentalement, l'ascension de la police comme agent d'intégration sociale marque une tendance dans le sens d'une société dont les moteurs de la politique et de la culture seraient la méfiance, le soupçon et la peur. La police de communauté est justifiable quand elle permet de promouvoir des réformes de structure dans les agences de maintien de l'ordre. Quand elle est conçue comme un modèle de renouveau civique, elle représente la démocratie dans sa forme la plus désespérée et la plus dépravée".

La déliquescence de l'Etat-providence pourrait faire croire que le "citoyen" s'apprête à récupérer une parcelle de souveraineté. Il n'en est rien. Comme l'écrit encore J-P GARNIER: "la démocratie de proximité, c'est-à-dire en réalité, la sous-traitance territoriale de la domination à la fraction dominante des classes dominées (le personnel politique et la techno-bureaucratie municipale issus en majorité des rangs de la petite bourgeoisie intellectuelle) donnera l'illusion, à grands renforts de procédures de "participation" et de "concertation" avec les habitants, via un "réseau associatif" plus ou moins tenu en laisse par la mairie, d'une réappropriation par les citadins-citoyens des affaires de la Cité."

Il s'agit, bien sûr, par un quadrillage institutionnel et associatif, par une "redéfinition consensuelle et anesthésiante de la citoyenneté", de préserver un ordre social compromis par des tensions grandissantes, d'assujettir les populations défavorisées au nouvel ordre mondial par le biais de la "démocratie" locale. Mais il s'agit surtout, comble du cynisme, d'en appeler à un "sursaut civique", d'inciter ces populations à la servitude volontaire, de les exhorter à collaborer à leur propre domination.
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"La liberté des autres étend la mienne à l'infini" (Michel BAKOUNINE)
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Alayn

Groupe: Modérateur
Lieu : Creuse

* hier, 00:21
Message #22
G - La psychopharmacologie


Quête d'absolu, exploration de nouveaux espaces de rêves, d'évasion, de création, nécessité de connaître ses propres limites: les drogues apparaissent aujourd'hui à beaucoup synonymes de liberté.
Trente ans de prohibition, ça suffit ; revendiquons le libre accès ! Face à cet enthousiasme assez récent, il convient d'abord de noter que la prise d'une molécule n'est jamais anodine et que ce n'est sans doute pas parmi les usagers de substances psycho-actives que l'on trouve majoritairement les acteurs les plus virulents de la contestation sociale ou politique.Si, effectivement, sous le prétexte hypocrite de la santé publique, la guerre à la drogue a été, pour beaucoup de pouvoirs en place, l'occasion de restreindre les droits civiques ou constitutionnels, il serait dangereux de persister à ne voir que la partie visible de l'iceberg.

Car, comme le note Michel HAUTEFEUILLE, psychiatre que l'on ne peut surtout pas soupçonner d'être hostile à l'usage des drogues: "Au-delà de l'attitude du laboratoire et de ses préoccupations principalement commerciales, nous voyons que les produits légaux considérés comme thérapeutiques, aux études préliminaires étalonnées, à la délivrance codifiée, posent autant, si ce n'est plus, de problèmes que les produits sauvages ou illégaux. Car dans chacun de ces cas, il s'agit de l'attitude et de l'aptitude de notre société à accepter ou à contraindre, codifier, normaliser les comportements humains." ("Drogues à la carte", Payot).
Lorsque le conditionnement massif, la surveillance et le contrôle des citoyens se révèlent inefficaces, les tranquillisants et les anxiolytiques constituent les ultimes recours de l'"ingénierie du consentement".

Dès les années 50 et 60, une "révolution" pharmacologique met à disposition du secteur psychiatrique une série de drogues à utiliser dans le cas de désordres comme la schizophrénie, la dépression et l'anxiété (en n'oubliant pas de faire savoir qu'environ 10% de la population souffre d'un désordre dépressif tout le temps, et qu'un tiers en souffrira à un moment donné durant sa vie). Valium, Prozac et autres antidépresseurs destinés à contrôler la biochimie cérébrale, et par conséquent l'état de conscience: on produit et commercialise aujourd'hui un nombre déjà élevé de molécules. Autant dire même que le marché est d'ores et déjà inondé. Officiellement, il s'agit de permettre aux individus "à problèmes" de retrouver un état de conscience "normal".

Mais les réels bénéficiaires de cette évolution ne sont autres que les détenteurs du pouvoir. Du pouvoir économique d'abord, et en premier lieu les firmes pharmaceutiques transnationales qui fabriquent ces produits dont le marché représente une perspective de profits gigantesques. Le patronat ensuite, avec l'apparition de ce que Michel HAUTEFEUILLE appelle les "drogues de la performance", et qui sont destinées à procurer des moyens chimiques nécessaires pour atteindre un but précis, dans le domaine du sport bien entendu, mais aussi dans le monde du travail où ces drogues permettent à des salariés soumis à la dégradation générale des conditions de travail, au développement du stress, de "tenir le coup"... en attendant une retraite de plus en plus aléatoire.

Au pouvoir politique enfin, où une autre gamme, celles des "drogues normalisantes", ouvre la voie au contrôle du comportement perturbateur, à la gestion médicalisée de la déviance, c'est-à-dire au renforcement de la conformité.

Parmi ces drogues, il faut mentionner la Ritaline, amphétamine prescrite de plus en plus fréquemment, surtout aux Etats-Unis et au Canada, aux enfants un peu turbulents ou hyperactifs, et qui les rend plus dociles et obéissants, notamment dans l'exécution de tâches monotones ou répétitives (le nombre d'enfants auxquels on a prescrit ce médicament a augmenté de plus de 600% entre 1989 et 1995 ; source: M. OUIMET, "Les enfants du Ritalin"). Or une étude a montré que la prévalence de la consommation de cocaïne à l'âge adulte, de même que la dépendance à d'autres types de produits, telle que l'héroïne, était quatre fois plus importante chez des sujets ayant reçu de la Ritaline dans leur enfance.

Normaliser et rendre performant, telles sont les deux obsessions du pouvoir. C'est pourquoi le développement des drogues dérive très vite de la thérapeutique, atténuation de la souffrance, à la morale sociale et au rendement socio-économique. Obligation de performance dans tous les domaines de l'activité humaine (vie professionnelle, affective, sexuelle, loisirs), désir de promotion sociale, menaces sur l'emploi, rythme effréné, tout concourt à accroître une demande destinée autant à stimuler qu'à abrutir, à assommer pour supporter le quotidien.

Caricature de la "médicalisation de l'existentiel", du "bonheur sur ordonnance", le cas du Prozac est éclairant. Commercialisé aux Etats-Unis en 1987 et en France en 1989, il assure des milliards de dollars de profits: c'est sa fonction principale, la santé étant devenue un marché lucratif. Il est de plus en plus utilisé, entre autres, par les cadres surchargés de travail afin d'améliorer leur efficacité et leur productivité.
Les millions de boîtes vendues devraient logiquement améliorer la situation. Or que constate-t-on ? Que les taux de suicide, et surtout de tentatives de suicide, augmentent parallèlement à la consommation d'antidépresseurs. Avec, en prime, des troubles secondaires: baisse de la libido et de la fonction sexuelle. Pas grave: on a aussi le Viagra !

"Aux Etats-Unis, observe le professeur Edouard ZARIFIAN, où la violence et la délinquance sont traitées comme des maladies de l'individu, prescrire du Prozac évite de se poser des questions gênantes sur les causes sociales de ces dérèglements. J'en viens à me demander si ces médicaments, consommés avec excès, ne jouent pas le rôle de régulateurs sociaux permettant d'éviter les rébellions" ("L'Express", 10 mars 1994).

En 1969, Sydney Pollack réalisait un film remarquable: "On achève bien les chevaux." La scène se passait dans les années 30. Les Etats-Unis étaient en pleine dépression. Poussés par le chômage et la misère, des hommes et des femmes décidaient de participer aux marathons de danse dont les vainqueurs recevaient des primes intéressantes. Ces équivalents modernes des jeux du cirque chers aux Romains voyaient les candidats se livrer jusqu'à l'épuisement physique total pour ne pas manquer la récompense. Aujourd'hui, dans la grande roue du libéralisme, on achève toujours les chevaux: la seule différence, c'est le Modiodal ou la créatine, qui permettent de pousser toujours plus loin la performance.

Produire toujours plus sans se révolter, c'est cet idéal revendiqué par les dirigeants que la mise au point de nouvelles drogues est en train de réaliser. Si l'on ne veut pas que le prix à payer devienne exorbitant, il va devenir urgent de se rendre compte que l'émancipation de l'homme ne passe pas nécessairement par les hallucinogènes.

Enfin, en cas de déviance, des politiques répressives sont mises en place.
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Alayn

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* hier, 01:58
Message #23
La chasse aux sorcières



A partir du Moyen-Age, l'Europe va connaître une nouvelle période de violence sous la forme de ce qu'on nommera la chasse aux sorcières, au cours de laquelle se manifestera une nouvelle fois la connivence entre Eglise et pouvoir politique. Les "élites" de la société, aussi bien laïques qu'ecclésiastiques, accuseront non seulement leurs victimes de ne pas croire aux dogmes de l'Eglise, mais de passer un pacte avec le diable. Si cette chasse prend pour cible, au départ, aussi bien des hommes que des femmes, elle deviendra de plus en plus misogyne et finira par ne viser que des représentantes du sexe dit faible (d'où l'expression).

Lorsqu'une femme se trouvait suspectée de sorcellerie (pour son apparence physique, ses pratiques, son comportement), elle était livrée au sadisme des inquisiteurs qui recouraient à tous les moyens pour obtenir des aveux (interrogatoires, examens, torture physique). Si la "sorcière" s'était dénoncée elle-même, la peine était plus "douce" (pèlerinage, flagellation publique, amende ou port de la croix). Si le "procès" tournait mal (deux témoignages étaient considérés en général comme une preuve de culpabilité, et on incitait la population à la dénonciation de ceux, et surtout de celles, qui étaient conduite au bûcher. Ainsi, pendant des siècles, de nombreuses femmes ont été persécutées, entièrement rasées, torturées, parfois brûlées vives.

L'Histoire connaîtra de multiples formes de chasse aux sorcières. Une des plus importantes apparaîtra sous le visage du maccarthysme de l'Amérique des années 50. Ce sont en effet les Etats-Unis qui seront le théâtre d'un nouvel épisode de cette chasse, la différence étant que l'on ne s'en prendra plus au corps (ni torture physique ni bûcher - évolution des moeurs oblige) mais au mental.
Cette réalité historique, c'est la persécution politique qui a été conduite pendant dix ans sur le sol américain à l'encontre de citoyens au nom de la lutte contre le communisme. Soupçonné de "mauvaises pensées", il fallait débusquer cet adversaire sournois, cet ennemi de l'intérieur dissimulé, et lui faire expier sa "faute".

C'est un décret présidentiel signé par Harry Truman en mars 1947 qui donne le signal du départ. Voici ce qu'affirmait Joe Mac Carthy, sénateur du Wisconsin, qui sera le maître d'oeuvre de cette chasse: "J'ai ici, dans ma main, une liste de 205 noms, communiquée au secrétaire d'Etat, de membres du parti communiste qui malgré tout travaillent encore au département d'Etat et qui façonnent sa politique". Le pouvoir politique ne lésinera pas sur les moyens: constitution de dossiers dans lesquels on trouve, outre les empreintes digitales, ce que les "soupçonnés" lisent, à quelles associations ils appartiennent, ce que leurs voisins pensent de leurs opinions ; harcèlement, pression, intimidation, jusqu'à obtenir l'auto-accusation, piétinant au passage les libertés civiles.

Photos: chasse aux sorcières et portrait de Mac Carthy:
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Alayn

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* hier, 03:26
Message #24
III - DES POLITIQUES REPRESSIVES


Epié, fiché, espionné, enregistré, sondé, décortiqué, testé, analysé, parqué, conditionné, l'individu peut difficilement échapper aux mailles du filet. Et pourtant, malgré un contrôle social diffus et généralisé, tâche pour laquelle les progrès rapides de la technique s'avèrent déterminants, les classes dirigeantes ne parviennent pas encore à couler l'ensemble des populations dans un même moule, à faire taire toutes les voix. Une plus grande lucidité, une conscience politique plus affirmée, un certain courage aussi conduisent des fractions (malheureusement trop faibles) de ces populations à refuser les atteintes à la dignité, à la liberté. L'aspiration à une réelle justice sociale, l'exigence d'une égalité économique entretiennent un sentiment de révolte ; la résignation n'a pas encore triomphé. Pour maîtriser les "désordres sociaux", pour dompter l'insoumission, pour vaincre la rébellion, l'oeil scrutateur de Big Brother ne suffit pas. Dans le but de préserver la "paix sociale", les pouvoirs publics recourent non seulement à la dissuasion, mais aussi à la répression.

A la base, une idéologie sécuritaire est développée, pour "convaincre" du bien fondé de la répression. Cette idéologie, déjà présente avant les attentats du 11 Septembre 2001, en a largement profité, puisqu'il est désormais mal perçu de remettre en cause les mesures sécuritaires ; dont deux exemples en seront présentés: la criminalisation du mouvement social et l'emprisonnement.
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