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> Michel Villedo, bâtisseur marchois

papounet

Groupe: Membre.
Lieu : La Creuse

* 01/03/2008, 09:59
Message #1
Voici un homme qui, j'en suis sûr, est peu connu de la majorité des creusois, et pourtant !

Il y a, à Paris, une rue tracée en 1639, qui porte le nom de rue Villedo et, à Guéret, depuis 1972, dans le quartier de Braconne, une rue Michel Villedot (orthographié avec un "t"). Combien de Parisiens et combien de Guérétois savent précisement qui fut ce Villedo (ainsi signait-il), à qui Paris est redevable d'avoir, sous Louis XIII, puis sous Mazazrin, considérablement remodelé son visage ?

Il est né à Pionnat en 1598 (sans plus de précision). Quand arrive-t-il à Paris ? Les documents retrouvés aux Archives nationales nous apprennent seulement que Michel Villedo a trois soeurs, dont Marguerite qui épousa 1°) Jean Tarade, qui meurt à Clermoteix en 1641 2°) en 1644, Antoine Bergeron, né aux Forgettes de Pionnnat, maçon à Paris, rue de la Mortellerie, qui meurt en 1681, sans enfant.

Arrivée à Paris, les grands travaux.
Michel Villedo a dû monter à Paris peu avant 1610, commence comme aide maçon, travaille avec des amis du pays Jehan Taradon (Jean Tarade) et Antoine Bergeron. En 1621, il épouse Marguerite Hanicle, d'une famille de maçons ; ils auront treize ans, dont sept atteindront l'âge adulte.

En 1625, il participe à la construction du château de Bâville, au sud de Paris, pour Lamoignon. En 1629, il est nommé Maître maçon. En 1635, il construit des bâtiments du collège de Clermont. En 1636, il est nommé Maître général des oeuvres de maçonnerie des bâtiments du roi, ponts et chaussée de France. En 1637, il donne un projet de canal pour Paris.

Mais, c'est essentiellement dans le quartier du Marais (3ème arrondissement) dont il lotit une partie importante, qu'il exerce ses talents de maître maçon, puis de maître général des oeuvres de maçonnerie du roi. En 1637, ouverture de la rue Villehardouin. La rue est bordée de 12 maisons uniformes construites par Claude Dublet et lui-même.
On lui doit la construction de deux belles églises du Marais. En 1632-1634, sur les plans de François Mansart, il édifie, rue Saint-Antoine (au numéro 17), l'église de la Visitation-Sainte-Marie (qui a pour aumônier saint Vincent de Paul), en 1643, rue du Temple (au numéro 195), il reprend pour l'achever vers 1646, la construction de l'égise Sainte-Elisabeth, commencée en 1628 par le maître maçon Louis Noblet et arrêtée en 1631.

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église Sainte-Marie


Parallèlement, en 1639/1640, il perce la rue Villedo dans le 1er arrondissement. Il y habitera en 1667 et y mourra le 9 décembre de la même année. Il fera un legs à l'église de Jarnages (Creuse), où s'était mariée sa soeur Marguerite.

En 1646, il est nommé Conseiller et architecte des bâtiments du roi.

Autre construction remarquable : celle de l'hôtel d'Aumont (5/7 rue de Jouy), édifié pour le compte du financier Michel-Antoine Scarron dont la fille va épouser le maréchal de France Antoine d'Aumont et que Villedo a achevé en 1649-1650. Les architectes étaient : Libéral Bruand, Louis le Vau et François Mansart et bien sûr Michel Villedo. Actuellement, ce bâtiment est le siège du Tribunal administratif de Paris.

Image attachée

Hôtel d'Aumont


En dehors du Marais, un autre quartier porte des marques de son activité. Dans la rue de Richelieu au numéro 45, est l'"emplacement d'une maison ayant appartenu à Villedo et à sa famille de 1661 1738". C'est sur son initiative que fut entrepris, dans le quartier Saint-Roch, l'aplanissement de la fameuse butte des Moulins, formée par l'amoncellement des gravois, sous François Ier, lors des travaux de fortification de l'enceinte de Charles V.

Vaux-le-Vicomte : le grand oeuvre.
Ce n'est pas à Paris que se situe le couronnement de sa carrière, mais non loin de Melun, en Seine et Marne, lorsque, après le 6 août 1656, le richissime surintendant des finances Nicolas Foucquet décide d'édifier, sur des terres où il a fait raser trois villages, le fastueux château de Vaux. Les architectes sont : Louis le Vau, Daniel Gittard, l'entrepeneur : Michel Villedo, le paysagiste : André Le Nôtre.

Tout le monde sait comment, le 17 août 1661, Foucquet, ayant convié plus de six mille participants, "fetoya son Maître et son Roi, / N'épargnant ni soin ni dépense / Pour montrer sa magnificence", avec un fantastique dépoiement de luxe, illuminations, grandes eaux, divertissements donnés par Molière et Lully : La Fontaine a raconté tout cela. Le roi fort irrité de tant de dépense et d'ostentation, trois semaines après, fait arrêter Foucquet, qui sera envoyé finir ses jours à Pignerol.

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Château de Vaux-le-Vicomte



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Jack

Groupe: Webmaster
Lieu : Banize

* 01/03/2008, 10:45
Message #2
Ah le quartier du Marais...vraiment très agréable de s'y balader!




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Mimi

Groupe: Membre

* 01/03/2008, 12:08
Message #3
CITATION(Jack @ 01/03/2008, 10:45) *
Ah le quartier du Marais...vraiment très agréable de s'y balader!


Agréable, c'est vrai. Vaux-le-Vicomte, quel beau château. J'adore visiter le château mais celui-là, jamais fait
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papounet

Groupe: Membre.
Lieu : La Creuse

* 09/03/2008, 11:42
Message #4
Signature de Michel Villedo, en bas à gauche, sous celle du surintendant Foucquet et de l'architeste Louis Le Vau et sous la mention "parraphé suivant le marché du 6 août 1656".

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