2 et 3 mai 2008 : cyclone en Birmanie.Article du 2 mai 2009.
Souce:
http://archives.lematin.ch/LM/LMD/-/articl...pres-de-140-000Un an après, le drame birman sous silence.
Il y a un an, le cyclone «Nargis» ravageait le sud-est de la Birmanie, faisant près de 140 000 morts, détruisant des villages entiers et transformant des rizières fertiles en terres à l’abandon. Mais, ce week-end, pour le premier anniversaire de la pire catastrophe naturelle qu’ait connue le pays, la junte au pouvoir n’a prévu aucune cérémonie officielle.
Les Birmans soucieux de rendre hommage à leurs proches disparus – dont les corps bien souvent n’ont jamais été retrouvés ou ont été ensevelis dans des fosses communes – devaient se contenter de discrètes cérémonies privées chez eux ou de prières dans des temples bouddhistes, des églises ou sur des lieux de travail.
A Rangoon, la principale ville du pays, un groupe d’organisations humanitaires organisait une exposition photo et invitait les habitants à exposer leurs propres clichés du cyclone.
Toutefois, certains habitants ne souhaitaient participer à aucune commémoration par volonté d’oublier le drame, de tourner la page ou de passer à autre chose.
Murs d’eau de 4 mètres.
Les 2 et 3 mai 2008, le cyclone «Nargis» s’abattait avec furie sur le delta de l’Irrawaddy (sud-est), connu pour ses rizières fertiles. Dans ces terres basses, les tornades et des murs d’eau de trois à quatre mètres de haut, ont tout balayé sur leur passage, engloutissant la première nuit les fragiles habitations abritant des dizaines de milliers de familles de riziculteurs surprises dans leur sommeil, jusqu’à une quarantaine de kilomètres à l’intérieur des terres.
«Ma s½ur et mon frère sont morts en sauvant mes parents et, sans eux, ma vie ne sera plus jamais la même», se lamente un pêcheur de 34 ans, Hlaing Bwa, qui vit dans le village de Thaunglay sur l’île de Haing Gyi, dans le golfe du Bengale, où «Nargis» a touché terre en premier avant de s’abattre sur le continent.
«Mes parents ne se sont pas remis de leur perte, mais la vie doit continuer et il ne sert à rien de pleurer», tente-t-il de se convaincre. «On ne peut pas les ramener, mais nous prierons pour eux et nous partagerons le mérite de nos bonnes actions avec eux. »
Même pas mentionné dans le journal d’Etat.
Malgré le traumatisme national provoqué par cette catastrophe, la junte birmane n’a prévu aucune manifestation publique. Dans son édition d’hier, date anniversaire du passage de «Nargis», le journal gouvernemental New Light of Myanmar ne mentionnait même pas le cyclone dans ses 16 pages. Au fil des mois, les autorités birmanes n’ont jamais modifié leur dernier bilan des victimes publié quelques semaines après le passage de «Nargis»: 85 000 morts et 54 000 disparus.
Dans les semaines qui ont suivi la catastrophe, le régime militaire birman, rétif à toute ouverture de ses frontières, a refusé aux organisations humanitaires l’accès à la zone du delta alors que le nombre de sans-abri s’élevait à 800 000.
Face aux condamnations internationales et après un appel pressant et personnel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, la junte a finalement accepté, à contrec½ur, l’aide internationale.
Centaines de milliers de personnes toujours sans logement.
Un an après le drame, 90% des sinistrés ont pu bénéficier d’une aide alimentaire, d’eau potable et d’abris, soulignent les ONG. Mais des centaines de milliers de personnes restent sans travail et sans logement définitif, ce qui risque de les rendre vulnérables à la prochaine mousson et leur laisse peu d’espoir de sortir de la pauvreté. YAP-LMD